Marseille : Dans les villes, la chirurgie fait de plus en plus d’adeptes

Rédactrice passionnée depuis plus de de 15 ans. Sara vous trouve les dernières infos

A Marseille, la chirurgie esthétique cartonne, dans les villes, les quartiers nord, certains quartiers qui concentrent un tiers des habitants de Marseille et la plupart de ses problèmes : pauvreté, chômage, circulation. Dans ces quartiers sans le sou, les gens deviennent accros à la liposuccion et à la plastie mammaire.

On peut donc découvrir à La Croix l’Hebdo, Soumia, la trentaine, dont la première opération remonte à 2014. Pas à Marseille, trop cher, mais en Tunisie : pose de prothèses mammaires D Cup, liposuccion des hanches, des cuisses et des genoux , puis un lifting brésilien, c’est-à-dire la réinjection d’une partie de votre propre graisse dans les fesses. Un premier voyage pour 4 800 €. Il y en a deux autres. « La chirurgie est ma seule joie. C’est le pouvoir de devenir qui tu veux être », dit-elle.

Le bistouri pour se trouver belle, ou simplement pour s’accepter, confie Leila : « Je suis une femme de tempérament, mais contrairement à ce que je dis, je ne m’aime jamais ». Elle compte ses opérations sur les doigts et les deux mains ne suffisent pas : trois liposuccions abdominales, lifting mammaire et implants, liposuccion du dos, des cuisses, des genoux, tenseurs pour enlever le visage, blépharoplastie (chirurgie des paupières)…

On peut lui dire qu’elle est belle comme elle est, rien n’y fait. Enfance cabossée, adolescence boulimique, puis trois grossesses, avec un anneau gastrique, Leïla a perdu 45 kg et depuis elle enchaîne les interventions. « Je trouverai toujours quelque chose de nouveau à faire. Je comble un vide émotionnel, c’est évident », dit-elle.

« Ces opérations, ce n’est pas que pour les riches ! »

Leila est une employée municipale. Soumia, elle fait des petits boulots. « Ne pas avoir beaucoup d’argent ne devrait pas être un obstacle pour se sentir bien », dit-elle. Ceci pourrez vous intéresser : Pecco Bagnaia devra rester « calme » et « intelligent ». Bien sûr, elle se serre la ceinture. Mais elle confirme aussi sa « fierté de le justifier ». A la clinique Phénicia de Marseille, le chirurgien Christian Marinetti confirme : « Oui, il y a une chirurgie dans les villes qui explose. Nous avons aussi adapté nos tarifs à ce patient ».

Ce nouveau marché représente désormais près de 40 % des interventions. A une petite différence cependant, la clientèle traditionnelle réclame la fameuse « french touch », cette opération qui ne se voit pas. Les nouveaux patients, au contraire, agissent visiblement. « Pour certains, c’est clairement l’expression d’une revanche sociale », explique le Dr Marinetti.

Leïla confirme : « Ces opérations ne sont pas réservées aux riches ! Après on se sent au même niveau que les gens qui ont beaucoup d’argent ». Une assistante sociale des quartiers nord s’en inquiète. « Certaines personnes portent leurs lèvres pulpeuses ou leurs implants comme si c’était un sac Vuitton », dit-elle.

Bien sûr, ce n’est pas pour tout le monde. « Dans les quartiers tu as des gens en grande pauvreté qui pensent très, très loin de ces dépenses. Mais tu as aussi une consommation plus blingbling, liée à l’argent du trafic. Les femmes des dealers ont tout fait neuf avec l’argent de la drogue pour se procurer « , raconte un militant de l’association. Une jeune femme avoue sans complexe que son ex-partenaire, « qui était un peu voyou », lui a payé une mammoplastie de 5 000 € avec un praticien de renom qui ne s’est pas croisé.

Sur le même sujet :
Vous avez tout essayé : lire un livre, regarder un documentaire sur…

De plus en plus de jeunes

Cette nouvelle vague esthétique est bien sûr portée par la télé-réalité, comme celle des sœurs Kardashian, mais aussi l’émission Les Marseillais et ses bimbos atomiques. Dès qu’un influenceur publie des photos de ses dernières transformations, le nombre d’appels téléphoniques dans les placards bondit. D’autant que certains chirurgiens postent sur Snapchat ou Instagram sous des pseudos évocateurs, #DrBeauty ou #BoobsTiful.

À la clinique Phénicia, 60 % de la clientèle a moins de 44 ans et 20 % a 18-24 ans. Les jeunes filles débutent très tôt des injections d’acide hyaluronique pour augmenter le volume des lèvres. « Ça devient ingérable. Parfois je refuse les filles de 14 ans. Et parfois elles sont accompagnées de leur mère ! », raconte une esthéticienne.

On est quelque part entre les diktats des réseaux sociaux et une certaine affirmation de soi. Leila le dit, elle se bat pour sa liberté. Son idéal féminin est Sophia Loren. Une femme belle et forte. « Ici, la chirurgie, c’est un peu la révolte », dit-elle. Plus belle à tout prix, grande et belle enquête à lire dans La Croix l’Hebdo.

L’actualité de la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL, abonnez-vous à la newsletter RTL Info pour suivre toute l’actualité au quotidien

Abonnez-vous à la newsletter RTL Info

Lire aussi :
La Tunisie s’est imposée ces dernières années comme LA destination incontournable pour…

À Lire  Kipli : Et si on investissait dans un matelas 100% latex naturel pour (enfin) mieux dormir ?