Mathieu Tests : une lune de miel difficile pour Fitbit et Google

Written By Sara Rosso

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Un des pionniers du bracelet d’activité et de la santé connectée, Fitbit. La plus grosse entreprise de services web et de système d’exploitation mobile, Google. A deux depuis une grosse année, ils devraient faire des étincelles et concurrencer la Watch d’Apple et la sportivité des montres Garmin. Hélas, la Sense 2, « montre santé » sortie il y a quelques semaines, est assez décevante et prouve les difficultés d’intégration d’une petite entreprise renommée dans un mastodonte.

J’ai toujours eu une très bonne impression des produits Fitbit, la société pionnière des trackers de fitness (créée en 2007, préhistoire des objets connectés). L’évolution de ses bracelets et montres a toujours été linéaire, Fitbit a amélioré les aspects matériels (batterie, capteurs, écran) et logiciels (applications de plus en plus riches dans l’analyse des données collectées). Sur le même sujet : PARIS : FITEX – Résurrection du salon du fitness » Lettre économique et politique PACA.

Le rachat de Google, finalisé début 2021, a quelque peu changé la donne. J’ai vu pas mal de points positifs : grâce aux finances sans fin du géant américain du web, Fitbit a pu améliorer ses logiciels et son matériel. Mais comme pour toute prise de contrôle, il y a des enjeux stratégiques importants. Les deux sociétés n’ont jamais communiqué sur les synergies envisagées et il faut lire entre les lignes. Fitbit Sense 2, le nouveau fleuron de la gamme, est un excellent décodeur. J’ai pu tester cet appareil pendant plusieurs semaines, qui était vendu en Belgique 299 euros.

Avant les conclusions, les constatations. Le Sense 2 ressemble assez au Sense sorti en 2020. C’était une étape importante pour Fitbit à l’époque car ce nouveau modèle allie modernité et fonctionnalités avancées tout en conservant un encombrement réduit. C’était à mes yeux, à cette époque (voir mon test), la première leçon de santé. Deux ans plus tard, on garde un format similaire, même si on a perdu 1 mm d’épaisseur (ça se voit au poignet) et même quelques grammes. L’écran OLED de 1,58″ affiche 336 x 336 pixels, bien visibles, sa qualité demeure. A noter : l’arrivée d’un bouton physique sur le côté gauche, en lieu et place de la version « tactile » du premier Sense (c’est une bonne évolution, en mon avis) ; et une légère ceinture argentée autour de l’écran La petite base de recharge magnétique est parfaitement identique à celle de la version précédente.

Un bel effort sur l’autonomie, qui selon mes propres mesures en deux semaines était de 7 jours, puis 6 jours, avec quelques activités sportives (mais pas de grosses courses ou de sorties vélo qui nécessitent longtemps le GPS) ; sans affichage permanent (une légère rotation du poignet est nécessaire pour réveiller la montre). En termes de fonctionnalité d’analyse de la santé et de l’activité physique, Fitbit capitalise sur l’excellente expérience et s’il y en a une meilleure (surtout Garmin) en termes de précision GPS et de suivi sportif avancé, nous sommes face à un compromis intelligent entre performance, autonomie et… Masse . Car oui, j’ai un poignet relativement étroit, donc la Sense 2 est la taille parfaite pour moi en termes de taille, d’élégance et de discrétion. En matière de suivi du sommeil et du stress, Fitbit est sans aucun doute le plus avancé, même si vous avez besoin d’un abonnement Premium (9€/mois) pour débloquer les analyses les plus avancées et le « coaching » le plus personnalisé ainsi qu’un ‘quotidien fitness score’ ‘ qui vous indique si vous êtes prêt pour un gros entraînement ou n’est-ce tout simplement pas le moment ?

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Fréquence cardiaque, taux d’oxygène dans le sang : c’est complètement complet (même si l’ECG est parti, voir plus bas), comme toujours avec Fitbit. Des questions subsistent quant à la mesure de l’activité électrodermique (EDA) et de la température cutanée. J’ai cherché dans tous les menus de l’application avant et après les mesures et je ne comprends toujours pas très bien à quoi servent les mesures (santé cardiaque et stress, mais rien d’assez spécifique pour mes yeux). Plus de détails dans mon test Fitbit Sense 1, car les choses n’ont pas tellement bougé en 2 ans… A noter cependant qu’il y a encore des approximations dans les traductions françaises et quelques erreurs d’affichage (dont, assez surprenant, du nombre de pas quotidiens – il manque un nombre pour en faire 3 266) :

J’étais donc plutôt optimiste lorsque j’ai ajusté le bracelet en silicone confortable pour le Sense 2, en m’attendant à des améliorations par rapport au Sense 1. J’ai été rapidement déçu. Certes, FitbitOS a un peu évolué : on passe de trois écrans de grosses icônes d’applis à un menu vertical avec de petites icônes, tandis que le défilement de l’écran recueillant les données de la journée (cœur, stress, sommeil, activité, etc.) change peu. Mais j’ai rapidement remarqué trois choses :

Le nombre d’applis disponibles sur FitbitOS a drastiquement baissé : il n’y a que celles proposées nativement par Fitbit (adieu Spotify, par exemple) ; et je n’ai même pas réussi à télécharger ECG, l’application « électrocardiogramme » de Fitbit, très importante pour la santé cardiaque, qui est disponible depuis 2 ans sur le premier Sense. Je peux le voir dans la liste des applications, mais je ne peux pas appuyer sur le bouton Installer :

Il y a une puce Wi-Fi, mais elle n’est plus activée. Il est impossible de connecter Sense 2 directement à votre réseau, et donc à Internet, tout passe par le téléphone. Mais il y avait des avantages à cette relation.

Google Assistant a disparu, tandis qu’Alexa, l’assistante d’Amazon, est préinstallée et facile à configurer. Sur le premier Sense, vous pouviez facilement utiliser Google Assistant, qui, rappelons-le, est la maison mère de Fitbit !

La possibilité de répondre au téléphone en mains libres, grâce au micro et au haut-parleur intégrés (qui sont toujours présents et visibles, voir les photos ci-dessous) ne peut pas être activée !

A première vue, il n’y a pas grand chose à comprendre. Certes, les futures mises à jour pourraient changer les choses ; mais force est de constater que la stratégie de Fitbit (et/ou de Google) est assez illisible, Sense 2 étant moins performant que Sense 1. Même s’ils ont chacun un OS différent ; le premier des noms est meilleur que le second, c’est dommage. Même au niveau du prix de départ, on est perdu : 329 € pour Sense 1 en 2020, 299 € pour Sense 2 en 2022.

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Il faut décrypter entre les lignes la (potentielle) stratégie Google/Fitbit. Car il y a quelques jours sortait (pas en Belgique, mais en France) la Pixel Watch, la première smartwatch made by Google qui tourne sous WearOS (logiciel Google personnalisable et utilisable par tous les fabricants). La première smartwatch beaucoup plus complète au niveau logiciel (il y a un vrai ‘store’ pour télécharger ce que l’on veut), avec une autonomie sensiblement réduite (environ 24h, comme chez Apple), mais qui essaye – plutôt maladroitement d’après ce que j’ai lire – pour combiner le meilleur de Fitbit et WearOS. En bref : la section ‘santé’ et ‘sports’ reprend toute l’expertise de Fitbit ; Google gère l’interface générale (y compris toutes les applications et tous les services Google, y compris l’Assistant et Maps) et la boutique d’applications tierces.

Une suite logique : il n’était pas nécessaire que la Sense 2 de Fitbit, sans doute dans le pipeline avant que Google ne finalise l’acquisition, fasse de l’ombre à la Pixel Watch. Donc, à mon avis, on l’a amputé des fonctions ‘montre connectée‘ pour en faire un bracelet très poussé pour l’activité, le sport et le bien-être en terme de mesure de données physiologiques, d’analyse et de conseil (tout va encore plus loin via le fameux Fitbit Abonnement Premium à 9 € par mois ).

Résultat : on est donc, à mes yeux, avec un Fitbit Sense à prix réduit, qui n’est pas plus performant que le premier modèle et qui perd même des fonctionnalités importantes. A 299€, c’est cher de payer l’incertitude d’une mise à jour qui pourrait améliorer cette montre qui reste malgré tout l’un des meilleurs outils de mesure et d’analyse de votre santé et de votre activité (grâce aux nombreuses années d’expérience de Fitbit dans le domaine. Mais on a raison, à tout le moins, de se demander si Google et Fitbit (tant que ce dernier a encore le droit au chapitre) savent ce qu’ils font et si les patrons de Google ont une vision claire de l’avenir. ).

Il reste à espérer que (1) Google lancera à terme la Pixel Watch en Belgique et (2) tiendra toutes ses promesses, d’abord pour combler la faible autonomie avec plusieurs fonctions et applications pertinentes sur la smartwatch (dont Apple gère).

Plusieurs applications disponibles (et uniquement « Fitbit ») dans l’app store

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