Nicolas et Betty, les sentinelles de la centrale nucléaire de Dampierre

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Dampierre-en-Burly (Loiret), envoyé spécial.

Vous avez dit sûreté nucléaire et écologie ? Pour certains, ces deux mots forment un oxymore. Mais pour Nicolas Jeunot et Betty Leclere, c’est le cœur de leur métier. Il est en charge des affaires environnementales. C’est une technicienne, capable d’occuper quatre postes différents qui vont du laboratoire à la station chimique, en passant par l’étude des flux entrants et sortants. Tous deux travaillent à la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly, dans le Loiret, au sein de la section environnement.

Deux éléments indispensables

« La sécurité d’une centrale électrique est hautement écologique », estime Nicolás. Trois barrières séparent l’atome de l’homme : l’enveloppe combustible, le circuit primaire et le bâtiment réacteur. Ceci pourrez vous intéresser : Dominique Besnehard, « 10 jours passés à l’hôpital » : une histoire de douleur et d’appréciation. Nous sommes les garants de cette dernière, l’union définitive entre le monde extérieur et la radioactivité. Nicolas et Betty travaillent à partir de la zone de production actuelle. Ils peuvent intervenir pour des relevés jusqu’à 10 kilomètres autour de la centrale.

Pour garantir la sécurité collective, les agents de cette section doivent effectuer jusqu’à cinquante relevés différents. « Notre travail est de donner les chiffres que la direction communiquera sur les déversements et l’impact de l’usine », résume Nicolás. Tous deux chimistes de formation, diplômés d’un BTS, leur mission est « d’analyser tous les liquides et gaz avant qu’ils ne soient rejetés », poursuit-il. Le responsable d’activité environnement planifie quotidiennement les mesures et les prélèvements conformément à la législation. Betty, pour sa part, travaille dans les champs.

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Pour produire de l’électricité, une centrale nucléaire a besoin de deux éléments essentiels : l’uranium et l’eau. A Dampierre, l’activité radioactive est contrôlée par un réseau de 44 stations autour de l’usine qui captent les poussières qui seront ensuite analysées en laboratoire non loin des quatre aéroréfrigérants du site. L’eau, tout droit venu de la Loire, qui circule dans les circuits primaires (autour du réacteur) et secondaires (dans la salle des machines, près de la turbine et de l’alternateur) est contrôlée en amont et à la sortie de Central.

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Surveiller le tritium

Les besoins sont immenses : 7 m3 par seconde pour alimenter une seule des quatre unités de Dampierre-en-Burly. « Sachant que la législation nous impose des actions de prévention, avec des étapes, en fonction du débit de la rivière et des températures extérieures », souligne Betty.

Tout se fait en coordination avec les autres centrales proches de Belleville, Saint-Laurent et Chinon, notamment en été, lorsque l’accumulation des épisodes de sécheresse fait craindre que le nucléaire ne devienne une technologie obsolète.

Pour Nicolas, « ce risque existe, mais de quels autres moyens disposons-nous aujourd’hui pour fournir de l’électricité à tous les Français ? Avant d’ajouter : « Le travail de coordination est très minutieux pour assurer les flux et ne pas dépasser les valeurs relâchées, notamment en tritium. Un mot qui peut effrayer le grand public. Mais cette peur est relativisée par Betty : « Avant, je travaillais dans l’œnologie et manipulais des molécules aux mêmes noms barbares et tout aussi peu connues des non-professionnels. »

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Sur le modèle du compagnonnage

Contrairement à Nicolas, dont le père travaillait sur un site EDF, Betty a atterri un peu par hasard dans ce secteur. « Après avoir rencontré des gens pendant mes vacances en camping, je me suis laissé tenter », avoue-t-il. Il y a une dimension terrain qu’on ne retrouve pas dans les laboratoires pharmaceutiques. En fait, il n’y a pas de routine. »

Afin de se tenir au courant des évolutions réglementaires, la formation est continue dans ces métiers, sur le modèle du tutorat. Mais, « à cause du manque de budget et de personnel, nous perdons des compétences. D’autant plus que les salaires sont des freins à l’embauche.

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