Nicolas Namias remplace Laurent Mignon à la tête du groupe BPCE

Written By Sara Rosso

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Publié le 28 octobre 2022 sur 13.10. Mis à jour le 29 octobre 2022 à 19h56.

Le conseil représentatif de BPCE a tranché. Ce sera finalement Nicolas Namias qui prendra les commandes du groupe mutualiste – l’association des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne -, succédant ainsi à Laurent Mignon, après quatorze années passées dans le groupe. L’actuel directeur général des activités Global Financial Services (Natixis) au sein de BPCE remporte ainsi la décision face à Daniel Karyotis, le patron de la Banque Populaire Auvergne Rhône-Alpes. Il prend ses nouvelles fonctions le 3 décembre.

Le conseil représentatif a ainsi choisi la continuité en plaçant l’actuel patron de Natixis à la tête du groupe, le même scénario qui avait porté Laurent Mignon au pouvoir quatre ans plus tôt. Ce dernier, également directeur général de Natixis jusqu’en 2018, a ensuite été « promu » à la tête de l’organe central chargé dans un premier temps de trancher un certain nombre de dossiers douloureux pour le groupe.

A 46 ans, l’énarque Nicolas Namias, issu de la même promotion qu’Emmanuel Macron, a effectué l’essentiel de sa carrière à la BPCE, qu’il a rejoint en 2008, après un passage au cabinet des ministres à Bercy. Il a dirigé la stratégie puis les finances du groupe bancaire, avant de prendre la direction de Natixis en 2020.

« Avec l’ensemble des membres du conseil de surveillance, je tiens à féliciter chaleureusement Nicolas Namias pour sa nomination à la présidence de BPCE, en remplacement de Laurent Mignon », a déclaré Thierry Cahn, président du conseil, cité dans un communiqué… En lui succédant, je suis convaincu que Nicolas Namias saura, par son leadership, son expertise et son énergie, poursuivre le développement de notre groupe au service de nos territoires, de nos clients, de nos collaborateurs et de nos sociétaires. »

Une preuve de maturité

Ce concours express pour prendre la direction de BPCE s’est ouvert en septembre dernier, lorsque Laurent Mignon, à la surprise générale, a annoncé vouloir partir. Voir l’article : Cie du contentieux de la construction et des assurances. A 58 ans, l’homme – qui dirige la Fédération bancaire française (FBF) depuis la rentrée – va en effet quitter le monde bancaire à proprement parler pour prendre les rênes de la société d’investissement familiale Wendel.

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Malgré l’effet de surprise, la succession de Laurent Mignon s’est organisée rapidement et sans donner lieu à d’interminables conflits internes. La situation s’est dénouée assez rapidement, avec cinq candidats qui se sont déclarés en une semaine, quatre quelques jours plus tard après le désistement de l’un d’entre eux et enfin deux après l’avis du comité de sélection du groupe il y a quinze jours.

Ce vendredi matin, les deux finalistes, Nicolas Namias et Daniel Karyotis, ont eu une nouvelle audition devant les 18 membres du conseil représentatif réunis pour l’occasion, avant qu’il ne se prononce et ne tranche. « Le groupe a prouvé sa maturité avec ce processus de recrutement rapide et flexible, et des candidatures sérieuses », explique un responsable de banque régionale.

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Un contexte particulier

Le nouveau dirigeant n’aura que peu de temps pour savourer la victoire : Laurent Mignon passe le relais dans un moment qui promet de « bousculer » toutes les banques françaises, notamment de détail.

Les ménages seront bousculés dans leurs habitudes par une succession de chocs (hausse des coûts de l’énergie, hausse des taux de crédit, inflation ou encore ralentissement économique) et devront être soutenus par leurs banques. Dans le même temps, les défauts de crédit vont probablement se multiplier, sachant que nous partons d’un niveau historiquement bas.

Ces derniers trimestres, le groupe a toujours été particulièrement prudent dans la présentation de ses résultats. Début août déjà, il prévoyait un contexte plus difficile pour la fin d’année, et le coût du risque (provisions constituées pour faire face à d’éventuels impayés) avait fortement augmenté à la fin du deuxième trimestre.

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Un plan stratégique déjà daté

Mais ce n’est pas tout : Nicolas Namias doit aussi rapidement indiquer s’il suit strictement les traces de Laurent Mignon ou s’il va changer plus profondément sa stratégie.

Le deuxième groupe bancaire français avait dévoilé à l’été 2021 son nouveau plan stratégique pour 2024, visant notamment la conquête de 800.000 clients supplémentaires et une croissance des revenus de 3,5% par an, pour atteindre 25,5 milliards d’euros. « L’environnement a changé, il n’est pas impossible que le nouveau patron doive revoir certaines priorités », laisse entendre une source interne.

Parmi les sujets brûlants figure l’avenir de Natixis. Laurent Mignon a déjà repris à BPCE les activités d’assurance et de paiement jusque-là dirigées par cette puissante filiale, qui a été radiée l’an dernier. La « nouvelle Natixis » se concentre sur le développement de ses deux métiers mondiaux : la banque de financement et d’investissement et la gestion d’actifs.

L’an dernier, son patron, Nicolas Namias, n’avait pas exclu une éventuelle cotation de ce dernier métier. Reste à savoir si la fenêtre d’opportunité est encore ouverte compte tenu du contexte économique et de la situation des marchés. En tout état de cause, le dossier aura une place de choix sur le bureau du nouveau président, tout comme la nomination de son successeur à la tête de Natixis.

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