Non, les urgentistes n’auront pas besoin de trouver un créneau sur Doctolib pour « emmener un patient aux urgences »

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Vous n’avez pas d’accès d’urgence sans créneau Doctolib disponible ? C’est ce que laisse entendre Nicolas Dupont-Aignan dans une vidéo publiée sur Twitter vendredi soir. « Nous pensions que l’arrivée de M. Brown, ancien médecin urgentiste, pourrait améliorer les choses au ministère de la Santé. Et aujourd’hui on est arrivé à l’inacceptable », dénonce le député de l’Essonne, réélu en juin dernier. En réalité, la prise de rendez-vous ne fait pas référence aux services d’urgence en tant que tels. Nous prenons soin.

Ce que vous avez peut-être entendu ou lu

La vidéo de Nicolas Dupont-Aignan, mise en ligne peu avant 21h30 vendredi soir, avait été visionnée près de 60 000 fois à 10h ce samedi matin. « Le ministre de la Santé propose aux urgentistes, le Samu, de passer par Doctolib pour savoir s’ils peuvent emmener le patient aux urgences. Sur le même sujet : Vitamines et minéraux dans les suppléments : les experts américains le déconseillent. Cela signifie, très précisément, que les urgences ne sont plus des urgences. Cela veut dire que désormais Sam devra attendre sur le parking pour savoir s’il y a une place à l’hôpital public chez Doctolib, un lieu privé », dénonce l’élu.

Nicolas Dupont-Aignan s’appuie notamment sur des propos tenus plus tôt dans la journée sur CNews par le médecin urgentiste Christophe Prudhomme, comme il nous l’a confirmé. « La nouvelle invention de Mr Brown, c’est que nous, médecins du Samu, aurons besoin d’un compte Doctolib pour pouvoir répondre aux patients en leur donnant un éventuel créneau disponible sur Doctolib. Mais c’est une parodie de la gueule du monde », a dénoncé le médecin, qui est aussi le conseiller régional du groupe « La France insoumise et kines » en Ile-de-France.

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Ce qui est prévu en réalité

Immédiatement, de nombreux médecins ont réagi sur les réseaux sociaux pour démentir de tels projets. « Il n’y a pas de rendez-vous prévu pour que Doctolib vienne aux urgences », insiste ce samedi matin, le Dr. Mathias Wargon, chef du service des urgences et du service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) du centre hospitalier Delafontaine à Saint Denis.

L’idée, d’autre part, est de développer un système qui permettrait aux médecins urgentistes de planifier des rendez-vous avec des médecins généralistes pour certains patients dont l’état ne nécessite pas de soins d’urgence. L’objectif est de soulager l’hôpital, notamment dans une crise profonde due au manque de personnel. « Cela s’appelle de la régulation. Les services d’urgence peuvent trouver des rendez-vous chez les médecins, sans forcément passer par Doctolib, mais aussi par un autre système », explique Mathias Wargon. Plusieurs des médecins interrogés ont également déclaré ignorer le fait que Doctolib serait « privilégié » par rapport aux autres plateformes.

Ce dispositif fait partie du « service d’accès aux soins (SAS) », dont la généralisation est prévue sur l’ensemble de la France. L’une des recommandations de la « mission Flash », conduite par François Braun juste avant sa nomination au poste de ministre de la Santé, envisage « une régulation de l’admission, soit à l’entrée dans le service, soit par régulation médicale préalable par le Samu/SAS ». « Ce classement ou ce règlement sera conditionné par une filialisation pleinement structurée : aller en consultation à… ou revenir demain à… », indiquait comme objectif.

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Contacté, Christophe Prudhomme confirme que ses propos portaient sur la prise de rendez-vous via Doctolib chez un médecin, et non à l’hôpital en tant que tel. Mais il reste toujours « amer ». « Nous demandons aux gens d’appeler le Samu Centre 15 pour prendre rendez-vous pour Doctolib. Mais nous ne sommes pas assez grands pour faire face aux appels », dénonce-t-il, refusant « d’envoyer des patients vers des médecins de ville en nombre décroissant et inégalement répartis sur le territoire ».

A la question de savoir si ses propos étaient trompeurs, Nicolas Dupont-Aignan a répondu par SMS que « ça viendra, si on ne la bloque pas, [la voiture] c’est leur projet ». Cependant, cela n’apparaît pas dans les déclarations et les voies d’avenir annoncées. « Le fait même que ça permette de programmer un rendez-vous chez un médecin est un tri vraiment dangereux en amont, et ça c’est un vrai problème et un vrai danger », conclut l’élu.

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