Nourriture : se faire plaisir avec de la nourriture ?

Written By Sara Rosso

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Le concept marketing n’est pas du goût des nutritionnistes. Il vaut mieux équilibrer son alimentation que de choisir des produits enrichis.

Combiner les concepts de médecine et d’alimentation en un seul mot est dangereux ! Anthony Fardet (Université Clermont-Auvergne/Inrae), chercheur en nutrition préventive, c’est cette dérive sémantique qui peut être néfaste pour notre santé. « Nous sommes clairement pris dans ces concepts réductionnistes, qui n’ont aucunement prouvé leur efficacité, où l’on manipule les aliments pour leur attribuer une vertu basée sur un ou quelques-uns de leurs constituants, en d’autres termes, vous faire croire que si une partie du tout est bonne, le tout est bon, même si ce n’est souvent pas vrai. »

Quels sont ces produits qualifiés de nutriments ? Par exemple, la margarine additionnée de phytostérols : elle est censée faire baisser le taux de mauvais cholestérol. Ou encore les yaourts et boissons dites probiotiques, dont on dit qu’ils favorisent un bon transit intestinal. Ou encore un œuf ou un lait enrichi en acides gras oméga-3, sous lesquels la fonction du cœur et des artères s’améliorerait. Leur nom « nutraceutique », contraction des mots aliment et médicament, est un terme qui vient directement du marketing.

Allégations examinées

Allégations examinées

Aujourd’hui, les promesses sanitaires de ce type sont beaucoup moins nombreuses sur les emballages : des réglementations plus contraignantes ont été mises en place. En particulier, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a supprimé environ 4 600 allégations de santé (dont environ 1 500 pour des substances végétales) qui lui avaient été transmises par les États membres. Ceci pourrez vous intéresser : Les femmes handicapées sont plus susceptibles de signaler une mauvaise nutrition et une insécurité alimentaire. Toutes les questions liées aux micro-organismes (comme les probiotiques) ont été rejetées, ainsi que la plupart de celles concernant les propriétés antioxydantes de substances ou d’aliments. Seules 229 allégations de santé générales sont autorisées, et la plupart concernent des vitamines ou des minéraux.

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En décembre dernier, la Cochrane Association a résumé les données publiées sur les avantages potentiels des aliments enrichis en ces micronutriments.

Ses recherches comprennent une quarantaine d’études, pour la plupart chez l’enfant, dont beaucoup ont été financées par les industries agroalimentaires – « ce qu’on appelle le biais de financement », commente Anthony Fardet. Les aliments testés vont des aliments de base (riz et farine) aux beurres et biscuits, en passant par les boissons et les produits laitiers. De manière générale, les études ont conclu aux bienfaits d’une supplémentation multi-nutriments (zinc, fer, sélénium, vitamines A, B, C et E) dans l’anémie et certaines carences. Mais pour Anthony Fardet, « le postulat peut être trompeur. C’est un message problématique pour les consommateurs qui pourraient comprendre : « Continuez à manger mal, nous corrigerons vos carences en minéraux et vitamines en fortifiant votre alimentation. Alors qu’il faudrait se demander pourquoi il y a des carences, oubliez la « malbouffe » et revenez à une alimentation saine et naturelle avec plus de plantes et de variété et moins d’aliments ultra-transformés. Ensuite, vous n’avez plus besoin d’aliments fonctionnels isolés et enrichis de composés supposés protecteurs ».

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