« Nous, les dentistes, sommes les oubliés »

Written By Sara Rosso

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Vous faites partie des dentistes bénévoles pour les urgences. Comment ça se passe?

Dès l’origine, il y a eu une gestion autonome des urgences par le Conseil Départemental de l’Ordre, basé à Quimper. Les dispositions sont prises par le chirurgien-dentiste présent, qui doit être joignable par téléphone ou message. Il fait un premier diagnostic par téléphone, donne des conseils et en cas d’urgence réelle, il rédige une fiche d’urgence qui est transmise à la régie qui transmet le dossier au dentiste de garde. Il y a cinq call offices dans le département, ce qui n’est pas trop lourd, il faut vraiment choisir un gros souci. Les infections majeures, ceux qui n’ont pas dormi depuis plusieurs jours, les traumatismes dentaires, les enfants dont les dents se sont cassées suite à des chutes, etc.

Comment vont ces gardes ?

J’en ai fait deux, le troisième arrive bientôt. Nous sommes deux, l’un faisant l’action, l’autre aidant. Généralement, on voit 7 à 8 patients par jour, soit environ un patient par heure. Le protocole impose un temps entre chaque avec décontamination de toutes les surfaces et aération de la pièce. Nous travaillons avec des charlottes, des masques chirurgicaux, des visières de protection, des blouses ou des blouses de peintre intégrales, des gants et des chaussures d’extérieur. Cela ressemble un peu à un astronaute, mais les patients ne le comprennent que trop bien. Cela fonctionne bien pour les urgences, mais nous arriverons au bout du système. La pression du patient augmente.

Au début, ils ont compris que rien ne pouvait être fait s’il ne s’agissait que d’une esthétique ou d’une prothèse cassée. Mais les partis de la paix se sont légèrement améliorés lorsque l’annonce a été faite d’un report au 11 mai. Et quand on leur a dit que c’était le 11 mai pour être exact, on voulait bien faire mais on n’avait rien pour ça.

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Qu’entendez-vous par équipement de protection individuelle ?

Oui, nous sommes comme tout le monde, trop justes en matière de masques. Pour la bonne et simple raison qu’en premier lieu, la plupart des dentistes ont fait don de masques, charlottes, et autres blouses aux Ehpad, hôpitaux, infirmiers, et autres médecins libéraux, parce que nous ne pouvions plus travailler. Et en plus, maintenant, il vous faudra un manteau, des surbottes, un masque FFP2, et une visière… On n’en est pas encore là. Et le truc, c’est que tous les stocks fournisseurs sont demandés par l’Etat jusqu’au 31 mai. Nous sommes fâchés que nous, les dentistes, soyons une profession médicale oubliée.

Pendant que vous êtes en première ligne.

Je peux à peine regarder de plus près que nous. Nous sommes victimes du succès de notre organisation initiale. Actuellement, nous avons des masques jusqu’au 10 mai pour les dentistes de garde. Mais pas pour toutes les armoires qui doivent être rouvertes. Ce sera un gros problème pour la récupération.