Obésité : Dans cette clinique rurale, les enfants en surpoids réapprennent à bien manger

Written By Sara Rosso

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Par Isabelle Castéra – i.castera@sudouest.fr Mise en ligne le 11/10/2022 à 15:29.

Chaque année, une cinquantaine d’enfants et d’adolescents souffrant d’obésité sont pris en charge dans une clinique spécialisée à Montfort-en-Chalosse dans les Landes. Ici, pas de régime, mais un travail de fond sur l’origine des troubles alimentaires. Signaler

Dans la campagne chalosseuse, au cœur des Landes, pays du magret de canard et du foie gras, une petite clinique est située au-dessus du village de Montfort-en-Chalosse. Un peu à l’écart, mais entouré de coteaux herbeux. La Clinique Montpribat (groupe Korian), centre médical pour enfants, prend en charge les enfants atteints de diabète et de pathologies métaboliques. Quelqu’un de pathologies lourdes, trachéotomisé, oxygénodépendant, tétraplégique. Mais pour la plupart, l’établissement prend en charge les enfants obèses sur la base d’une thérapie agréée par la Haute Autorité de Santé, car on n’entre pas à Montpribat en poussant la porte. Chaque patient soigné ici attend patiemment son tour avant d’être soigné. Il…

Dans la campagne chalosseuse, au cœur des Landes, pays du magret de canard et du foie gras, une petite clinique est située au-dessus du village de Montfort-en-Chalosse. Un peu à l’écart, mais entouré de coteaux herbeux. La Clinique Montpribat (groupe Korian), centre médical pour enfants, prend en charge les enfants atteints de diabète et de pathologies métaboliques. Quelqu’un de pathologies lourdes, trachéotomisé, oxygénodépendant, tétraplégique. Mais pour la plupart, l’établissement prend en charge des enfants obèses dans un biais thérapeutique certifié par la Haute Autorité de Santé. Parce qu’on n’entre pas dans Montpribat en poussant la porte. Chaque patient soigné ici attend patiemment son tour avant d’être soigné. Quel que soit leur jeune âge, ils devraient y réfléchir et concevoir leur propre lettre de motivation.

Une lettre comme celle-ci : « Cette année, je me suis dit : ‘Lola (1), tu dois aller au centre de nutrition‘ parce que c’est pour ma santé. Je suis dans cette situation à cause de mon père. Quand j’avais 4 ans, il a quitté la maison, j’arrête de parler, je ne fais que manger, manger, manger et je sais que je suis boulimique. Je veux lui dire que c’est à cause de lui que je suis obèse, mais je n’ai pas de mots. Maintenant, je veux perdre du poids pour pouvoir m’aimer dans mon corps, me sentir bien et en bonne santé, et aussi porter des vêtements que j’aime. »

Isabelle Louvier / « Sud-Ouest »

Lola a 14 ans. Le plus jeune a été hospitalisé pour un trouble du comportement alimentaire a 7 ans. Certains adolescents souffrent d’obésité massive (IMC +45 notre NDLR). « Ils sont de plus en plus jeunes et ont de plus en plus besoin de soins. Nous traitons également les enfants en ambulatoire. Les patients sont soignés dans les hôpitaux qui souffrent le plus, physiquement, mentalement et socialement. Ils sont isolés, harcelés. Ils ont fait le tour de tout ce qu’il y a dans l’air, tel est l’état des lieux présenté par Quitterie Lajus, directrice de Montpribat.

Trop de sucres, de gras, de sel, d’écrans

Chaque enfant apporte une histoire de vie lourde, une famille brisée, étant souvent monoparentale, de grosses difficultés économiques… Alors à la maison, on mange de la mauvaise nourriture, de la nourriture trop salée, trop grasse, trop sucrée, pas chère, qui n’est pas . ne nécessite pas de cuisson car le temps et l’argent sont moindres. La nourriture sur la table se tient, le tout dans le coin. Devant l’écran, assis sur le lit, ils avalent une pizza, un bol de salade de frites, une rasade de soda, puis deux, puis trois. Des collations qui durent parfois jusqu’au cœur de la nuit, puisque la lumière bleue d’Internet ne s’éteint jamais. « Un constat insoutenable, raconte la pédiatre Elisabeth Jasper. Lorsqu’ils arrivent ici, il faut tout reprendre : la nourriture mais aussi leur entourage, leur façon de manger, pas la souffrance sociale, la honte, le malaise lié à l’image. une équipe pluridisciplinaire unie comme une famille idéale qui discute et débriefe chaque jour, avec l’enfant au centre.

Ici, Lola et ses pairs ont signé un contrat, ils ont mis des mots pour exprimer leur engagement. « Même deux phrases nous suffisent », renchérit Coralie Thomas-Cantié, psychologue. « Parce que la thérapie ne fonctionne que s’ils sont déterminés à changer leur comportement, à s’éduquer dans la forme la plus ignorante de l’alimentation », a-t-il déclaré. Rendez-vous à la cuisine de Montpribat, où la chef Marie-Pierre Laborde vous félicite en dégustant une soupe de légumes par une journée caniculaire, tandis que les pâtes gratinées bouillonnent au four. « Oui des pâtes, pourquoi pas ? » On ne leur impose pas de régime drastique pour perdre du poids », note Florence Discamps, nutritionniste. A voir aussi : Yuka, Open Food Facts… : Ces applis sont-elles utiles pour mieux manger ?. « Perdre du poids dramatique n’est pas le but. Nous voulons les éduquer à manger correctement, à profiter de tout, à développer la nourriture, à aimer la diversité. Certaines personnes ne connaissent le poireau que par son nom, et même alors. Par conséquent, ils apprendront à leurs parents. Aucun aliment n’est interdit, mais on fait tout soi-même, avec des produits frais et locaux. »

Isabelle Louvier / « Sud-Ouest »

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La scolarité en milieu ordinaire

Chaque matin, le minibus emmène les enfants vers l’école, le collège ou le lycée le plus proche. Ils vont déjeuner à midi, au centre, partent, puis reviennent le soir. « On ne contrôle pas ce qu’ils peuvent grignoter dans les collèges et lycées, où l’accès aux distributeurs de malbouffe est simple », poursuit Corinne Baillet, responsable pédagogique. « Les contrats, ils sont signés d’abord vis-à-vis d’eux-mêmes. Même s’il peut y avoir des fêlures, la plupart du temps ils sont légitimes. D’ailleurs, s’ils ont une fringale entre les repas, on ne les dérange pas. »

Après-midi à Montpribat, parking minibus. Un groupe en bas : ils chahutent, comme tout groupe d’ados. Leur truc c’est de maigrir, de s’habiller comme leurs amis, d’avoir une vie possible, sans se cacher. Ainsi, après avoir visité un restaurant pour une collation de base, tout le monde a organisé la fin de la nuit. Le premier devoir, ou le premier match de basket, est un sport national dans ce coin des Landes. Bougez, bougez, redécouvrez la sensation musculaire, de la fatigue « récupérez ».

Isabelle Louvier / « Sud-Ouest »

« Bien sûr, se coucher à 10h du soir et se réveiller à 7h du matin, ils ne savent pas comment faire autrement », note Corinne Baillet, une puissante cadre de thérapie. « Il n’y a pas de jeux vidéo, de télé ou de tablettes ici. Tous les enfants ont signé un contrat pour l’utilisation des téléphones portables. Une demi-heure par jour pour les plus jeunes. Les ados, on peut à peine les prendre, mais à 10 heures le soir, tout est éteint. Les mercredis sont consacrés aux ateliers, à la cuisine, à l’éducation thérapeutique, à la rencontre et au rétrécissement. » On travaille avec des micro-objectifs : ne pas remplir la table, éviter de grignoter, manger à heure fixe, note la pédiatre Élisabeth Jasper. Ils y sont pour trois mois, renouvelables, en général, ils restent un an. Le but, au départ, est de remonter sur la courbe de poids. On les voit changer en quelques mois seulement, beaucoup perdent 30 kg en un an, ils ne craignent plus le regard des autres. »

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