Parce que nous sommes derrière l’horloge

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Après avoir obtenu un diplôme en interprétation jazz de l’Université McGill en 2019, la nouvelle venue Jeanne Laforest s’est rendue en Finlande pour étudier le folklore nordique et la co-création à l’Académie de musique Sibelius. Qu’il suffise de dire que l’auteur-compositeur-interprète était habilement équipé pour présenter son premier album le plus réussi. Imprégnée de lumière scandinave, Car les heures nous manquent tantôt calmes et réfléchies, tantôt débordantes d’énergie. Avec un pied bien ancré dans le jazz, Jeanne aborde de nombreux styles avec assurance, toujours accompagnée d’une petite armée de musiciens. En alliant cordes, voix, percussions, synthétiseurs, piano et chœur, ce numéro hors pair saura assurément se faire une place parmi la relève.

Lancé dans le cadre de Coup de Cœur Francophone, l’album se démarque du monde émergent par ses arrangements bien pensés. Chaque chanson respecte un concept et visite un univers musical particulier. Certaines pièces sont purement instrumentales et servent de lien entre deux pièces. C’est le cas de La Colère du Rhinocéros, la sérénade d’ouverture. Avec sa boucle de batterie musclée et ses refrains cathartiques, le morceau est une véritable libération émotionnelle. On en ressort complètement aseptisé, prêt à s’immerger complètement dans l’univers unique de cet album.

Fatigué, révélé comme une chose au lieu de cette chute, mis sur un rythme entraîné et anxiogène. Laforest soutient qu’elle est « fatiguée » de beaucoup de choses (« du sommeil, de l’éveil, du travail, de l’obligation, de l’espoir, de la pensée ») dans un texte simple mais efficace. Dormir commence par des paroles vocales, mais prend rapidement une touche plus méditative. Le piano et les cordes s’invitent dans la seconde partie du morceau où la voix de Jeanne disparaît, comme si elle chantait sa propre mélodie.

Pain visite un univers plus calme et met en avant la voix cristalline de l’artiste.

L’acoustique sobre est cependant habillée de belles fioritures vocales qui rappellent celles de Klô Pelgag à Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. Vient ensuite Le grand murmure, la chanson la plus ambitieuse de l’album. Ici, les instruments sont laissés de côté au profit des voix célestes du chœur grégorien. Laforest a retenu les services du ténor montréalais Kerry Bursey pour réunir des chanteurs classiques qui savent créer une ambiance intimiste. Pendant ce temps, avec des moments de silence introspectif, le résultat final est rafraîchissant.

Comme les moments qui se terminent en force avec Intro, un arrangement pour que les cordes se fondent, nous manquent, j’ai quelque chose à dire sur une transition très fluide. A bientôt L’album se clôt sur un look similaire à son morceau d’ouverture. Olivier Guertin s’en donne à cœur joie à la batterie et une série d’intervenants témoignent au micro : « Le pire, c’est que j’aime être seul ». « C’est l’obligation qui me fait flipper. » « Je veux juste savoir. » Ensuite, nous voyons la montée des lecteurs; tous les musiciens font leur part pour créer une frénésie euphorique à laquelle on ne peut s’empêcher de hocher la tête.

Avec déjà son premier album très recherché, Jeanne Laforest marque de façon déterminante le paysage musical québécois. Il ne faut pas manquer de souligner l’apport de musiciens et musiciens de talent, dont Carl Mayotte à la contrebasse et Gabriel Desjardins au piano et aux synthétiseurs, sans qui les heures n’auraient pas pu s’écouler nous Force est de constater que Jeanne Laforest sait bien s’entourer, mais il serait intéressant de voir dans quel bois elle monte sans une belle équipe de collaborateurs. Certes, si la performance musicale de l’album est impressionnante, les paroles manquent parfois de substance. Ça ne me dérange pas, la jeune femme a encore de nombreuses années devant elle. Et s’il manque des heures, son esprit et ses connaissances musicales sont loin d’être épuisés.

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