Paris : qu’est-ce que l’I3P, ce service de la préfecture de police dans lequel un journaliste s’est infiltré ?

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Vue partielle de l’hôpital Sainte-Anne, où se situe l’I3P, dans le 14e arrondissement de Paris. [© Joël SAGET / AFP]

Publié le

26/10/2022 à 06:28

Actualisé

«Un lieu interdit aux regards extérieurs»

26.10.2022 à 17.06

En 2017, alors qu’il tentait d’infiltrer un commissariat parisien, le journaliste Valentin Gendrot est affecté, après 3 mois à l’académie de police, à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris, plus connue sous le nom d' »I3P ». Une déception à cette époque de sa vie, dont il tirera une expérience extraordinaire dans un livre qui vient de paraître. Voir l’article : Piqûres d’insectes et santé des pieds, de bons remèdes naturels pour les tout-petits.

Au coeur de la « boîte noire ». Le journaliste Valentin Gendrot, publié il y a deux ans lors de la parution de son livre « Flic », dans lequel il revient sur son infiltration du commissariat du 19ème arrondissement de Paris, avait alors décidé de ne pas trop renverser sa première mission , à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. « Avec mon éditeur [La Goutte d’or, ndlr] nous avons été pris entre deux feux. Ce n’était pas le sujet du livre, alors on a décidé d’en parler au moins, explique-t-il aujourd’hui.

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Mais assailli par ce qu’il décrit comme une « boîte noire de la folie parisienne », le journaliste spécialisé dans l’infiltration a finalement décidé de reprendre son passage de 15 mois comme « ambulancier » à l’I3P, situé au 3 rue Cabanis, dans le 14e arrondissement. . de Paris, et à côté du célèbre hôpital psychiatrique Sainte-Anne. Structure gardait un secret, qui à ce jour n’avait jamais été infiltré, sauf Albert London personnellement dans les années 1920, avant qu’il ne soit rapidement reconnu et dénoncé. Une plongée dans un univers opaque.

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« L’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris est une boîte noire. Un lieu où règne le secret médical, interdit aux étrangers et aux journalistes. Un établissement unique en France, et même en Europe. Un état dans l’état », écrit d’emblée Valentin Gendrot dans son livre, qui montre comment toutes les personnes en crise interpellées à Paris finissent là, pour une durée maximale de 48 heures, avant d’être prises en charge par un hôpital psychiatrique si nécessaire. .

« Nous y traitons les urgences », témoigne aujourd’hui le journaliste, énumérant les 3 options possibles pour les personnes interpellées et placées à l’I3P : « soit elles sont admises en hôpital psychiatrique », « soit elles retournent en garde à vue au commissariat . du quartier où ils ont été arrêtés », « ou ils sont libérés ». Chaque année, 1 800 à 2 000 personnes sont admises dans ce service, et plus d’un millier d’entre elles finissent en hôpital psychiatrique, contre 419 000 détenus en France chaque année. « Une petite goutte dans l’océan de la psychiatrie », ironise l’auteur.

Lors de l’infiltration, alors qu’il n’est autre qu’un apprenti policier au grade officiel d’adjoint à la sécurité (ADS), Valentin Gendrot prend le poste de chauffeur, qui – au volant d’une ambulance Citroën C8 – est chargé d’emmener les interpellés dans des hôpitaux psychiatriques où ils finiront par être détenus. C’est ainsi qu’il assiste à des scènes qui le marqueront à jamais, comme le jour où un jeune homme de 24/25 ans qui avait agressé son ex-petite amie se retrouve ligoté dans son lit d’hôpital.

Autre fait étonnant concernant I3P : les infirmières et autres personnes qui y travaillent sont rémunérées par la ville de Paris. Dans son livre, l’apprenti policier évoque cette spécificité lors d’une conversation avec une infirmière, qui lui explique que l’I3P « est un lieu très important pour la psychiatrie parisienne ». Et un autre à proposer : « Les patients sont des électrons libres. Ils se cognent la tête contre les murs à Paris, et I3P est l’un de ces murs ».

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Ensemble, ils évoquent également le projet prétendument entrepris par l’hôpital Sainte-Anne de fermer cette structure, pour « y installer un centre pour handicapés mentaux ». Une information que l’on peut retrouver en 2006, notamment dans un article de Cécile Prieur paru dans Le Monde. « Ni établissement de santé, ni maison de garde à vue, sans statut juridique bien défini, l’I3P échappe à tout contrôle des autorités sanitaires et n’est sous la tutelle que de la préfecture de police de Paris », peut-on y lire, avant d’apprendre que le Le bâtiment I3P a en effet été revendiqué par l’hôpital voisin.

Suite à cet article, qui donnait à l’I3P son image de « zone de non-droit », le préfet de police de Paris de l’époque avait demandé un droit de réponse, dans lequel il avait répondu à certaines polémiques. Pierre Mutz, préfet de police de fin 2007 à mi-2008, défendait alors le modèle I3P : « Le traitement est complètement médical. Le rôle des policiers s’arrête à l’entrée du commerce où ils emmènent la personne en question. Toutes les mesures de garde à vue […] seront suspendues, pour laisser place à une approche strictement médicale de l’affaire ».

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