« Permettre aux patients de ne faire qu’un avec leur dentiste ». À quoi ressembleront les cabinets dentaires après le 11 mai ?

Written By Sara Rosso

Rédactrice passionnée depuis plus de de 15 ans. Sara vous trouve les dernières infos

Le raphaëlois Thomas Gemmi-Morkowski, 33 ans, est en formation dans sa ville depuis 2012, et enseigne également la chirurgie dentaire à l’hôpital Saint-Roch de Nice. Mais depuis la mi-mars, passionné par son métier, le jeune homme s’est porté volontaire pour une mission dentaire d’urgence. Il raconte le quotidien de son métier, ce que le Covid-19 a changé et effleure aussi des idées après le 11 mai.

Quel a été le rôle des dentistes depuis le début du confinement ?

Le Conseil de l’Ordre des Chirurgiens Dentistes exige que nous fermions nos cabinets au public. C’est pertinent, dans la mesure où nous sommes littéralement dans la cavité buccale des personnes, en première ligne face au risque de contamination. De plus, à travers l’utilisation de nos équipements, il y a des projections qui font de nous un véritable vecteur de contamination. Si les soins de routine et non urgents peuvent être reportés jusqu’à la fin de la période de quarantaine, il reste une urgence dentaire…

Qu’est-ce qui a été fait à ce sujet ?&#xD ;

D’abord, au niveau du cabinet libéral, le Conseil des ordres a mis en place un service volontaire de gardes, à leur tour, pour recevoir les urgences du département. C’était avec l’aide d’une plate-forme réglementaire maintenue par le conseil d’administration de l’ordre, qui a créé le premier filtre d’urgence. Si les appels peuvent être gérés à distance en envoyant des ordonnances – des ordonnances d’antibiotiques par e-mail par exemple – ou des conseils médicaux, cela permet de réduire les embouteillages. Si une urgence nécessite une intervention physique, elle est adressée au bureau d’appel. Le Conseil prévoit, pour la journée, un équipement de protection adapté et suffisant pour la journée de service  : surblouses, surchaussures, masques FFP2, charlottes, etc.

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Et à l’hôpital ?

Les urgences dentaires sont prises en charge par le service dentaire. Il est ouvert tous les jours et les patients viennent sans rendez-vous, comme dans n’importe quel service d’urgence. Les protocoles d’hygiène sont également très stricts.

Faites-vous du bénévolat ?&#xD ;

Absolument, le lendemain. Ma collaboratrice, le Docteur Vanina Grossi, et moi-même avons fait ce choix par passion pour ce métier. Il nous semble normal de participer à des efforts collectifs. Nous avons une spécialité qui est bien sûr très ouverte par rapport aux origines des virus aéroportés, mais en même temps, pour être honnête, et pas dégradant à dire, nous ne sauvons pas des vies. Les urgences dentaires ne doivent pas obstruer une urgence médicale, Samu. Et cela n’interfère pas avec le travail des médecins en première ligne dans la lutte contre le Covid-19. Ce sont des héros  !

Libre choix de vous embaucher  ?&#xD ;

Oui. Mais ce que je dis n’est en aucun cas un jugement de valeur pour ceux qui ne se sont pas portés volontaires  : mes collègues qui dans ce cas ont de très bonnes raisons. Ils ont contracté le Covid-19, ou ont dans leur famille une personne fragile, etc. Le bénévolat est un choix risqué, mais une décision strictement personnelle. Je ne blâme pas ceux qui ne font pas de bénévolat. Au lieu de cela, chaque personne porte son propre fardeau.