Philippe Plantin, bourreau de travail à la tête du Conseil des Métiers

Written By Sara Rosso

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A 52 ans, le nouveau président du Conseil national de l’artisanat-FFB est un Breton qui a travaillé chez Bouygues Construction avant de reprendre la petite entreprise de son père.

Provoquant parfois des révolutions, octobre doit être une étape importante dans la carrière du dirigeant de Philippe Plantin Sarl Plantin Bâtiment (18 salariés pour un chiffre d’affaires de 2,2 millions d’euros), à Gévezé (Ille-et-Vilaine) et spécialisé dans la plomberie, le chauffage, l’électricité et le dépannage . Après des promotions successives à la direction départementale et régionale puis au Conseil national de l’artisanat-FFB, l’entrepreneur vient d’être nommé président national. Parallèlement, il dirige avec succès la liste « Fiers d’être Artisans » d’Ille-et-Vilain pour devenir président de la Chambre de Commerce et de l’Artisanat.

Tout part d’un CAP

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Pour comprendre le parcours de ce quinquagénaire énergique, peut-être vaut-il la peine de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur de son adolescence : « Je viens d’une famille d’artisans, expliquait Philippe Plantin. À l’âge de 14 ans, je vendais tantôt des appareils électroménagers dans le magasin de ma mère, tantôt je travaillais dans l’entreprise de plomberie et de chauffage de mon père, qui comptait deux employés. Celui qui avoue ne pas être un « amateur passionné des bancs d’école » se tourne alors vers une double formation : un CAP BEP en électrotechnique et un CAP en réparation d’appareils électriques. Lire aussi : Anne Lavolé conseille Langonnet en immobilier. Cela aurait pu s’arrêter là. La vie en décide autrement : « En tant que réparateur d’électroménager, j’ai une rencontre cruciale durant ma période de CAP, avec mon professeur principal, qui aura une influence déterminante, se souvient l’ancien apprenti. Il m’a encouragé à poursuivre mes études et c’est ce que j’ai fait. »

Le jeune Philippe intègre une classe de première « Equipement Energie » et obtient un Bac F9 avec mention. Loin de s’arrêter, il obtient alors un DUT génie civil avec option génie climatique et matériel de construction et promotion à l’INSA (Institut National des Sciences Appliquées) ! De cette époque, Philippe Plantin n’a rien oublié : « J’encourage tous mes apprentis à poursuivre leurs études et je les garde au moins 5, 7 ans. Je pars d’un principe : la maturité de chacun n’est pas atteinte en même temps. »

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Publié le 24 juillet 2022 à 14:14 Source : JT 20:00 WEPublié…

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Durant son passage à l’INSA, Philippe Plantin a effectué un stage au sein du groupe Bouygues. Il y restera onze ans, gérant de grands ensembles immobiliers. Après quelques années de travail en Ile-de-France, il effectue son premier retour en Bretagne en étant embauché par la filiale rennaise du groupe de BTP. Et en 2001, toujours en octobre, l’ingénieur franchit une nouvelle étape : « Je voulais me lancer dans l’aventure de l’artisanat. N’ayant jamais travaillé avec mon père, j’ai racheté l’entreprise Jacques Plantin, située à Gévezé, avec deux de ses amis. Comme rien ne me fait peur, j’ai abandonné le costume cravate pour une salopette ! »

L’artisan n’a aucun regret, il est dans la plomberie, le chauffage, l’électricité et le dépannage toutes énergies depuis 20 ans (aérothermie, pompes à chaleur, gaz, fioul…). Dans un rayon de 40 km autour de Rennes et sur la Côte d’Emeraude, la Sarl Plantin Bâtiment a une clientèle composée à 80% de particuliers et 20% d’entreprises du Tiers-Monde (plateformes logistiques) et marchés publics, comme les salles de fêtes : « Je suis convaincu du travail, du lundi au dimanche midi , précise-t-il. Travaillez, commencez, je suis un manuel dans l’âme ». Philippe Plantin a deux principes forts pour tenir le coup : « Sans devis et sans amis, pas de travail possible ! C’est pourquoi il est important, d’une part, d’avoir l’expérience technique pour aider les individus, et, d’autre part, d’être un modèle social et une gestion exemplaire des groupes, quelle que soit la tempête. »

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Redonner sa place à l’artisanat

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La rencontre avec la Fédération Française du BTP est aussi née de la rencontre de 2001, où il appréciait l’entreprise de son père lors de sa détention : « La FFB m’a aidé dans le béton et je l’ai gardé de mon passage chez Bouygues, cette envie d’échanger avec d’autres entreprises du BTP. ». Conseil de l’artisanat-FFB à la tête des artisans l’entrepreneur entend prendre la parole : « Les trois quarts de la FFB nationale sont des artisans. Au sein de la Fédération, le Conseil de l’artisanat doit retrouver une place essentielle dans la réflexion qui doit être menée, de réfléchir à la projection des entreprises de demain, tant sur les aspects écologiques, technologiques qu’industriels de la construction. Si la FFB veut continuer à progresser, l’artisanat doit l’être dans tous les groupes de travail », poursuit le vice-président statutaire.

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Philippe Plantin aurait consacré sa vie à l’artisanat. Pourtant, alors qu’il épargne quelques heures de son emploi du temps professionnel, ce collectionneur de voitures trouve un ascenseur dans un garage aménagé chez lui. Là, il retrouve les sensations qu’il avait lorsqu’il était jeune, lorsqu’il servait de l’essence à la pompe d’une station-service chez un ami de la maison de son père : « J’aime me salir les mains, démonter, restaurer, peindre, explique-t-il. Mon travail principal est une Jaguar Coupé Type E série 1-1966, et je viens de terminer la sellerie intérieure en cuir. »

A 52 ans, il n’a rien perdu du fil rouge qu’il a toujours suivi et veut faire croire à son entourage que tous les chemins sont possibles dans l’édifice : « Compte tenu de mon expérience de vie, je veux transmettre l’enthousiasme que nous avons pour nos métiers. Il n’y a jamais de mauvais moment pour participer. D’un CAP A DUT, de l’université au BTP, a à tout moment quelque chose à offrir pour accueillir la filière. Conseil, Philippe Plantin continuera d’accueillir ses ouvriers pèlerins.

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