Phobies : définition, causes, comment y faire face ?

Written By Sara Rosso

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Phobie sociale, foule, pieds, clowns, trous, vomissements, sang… Nombreuses et variées, les phobies se caractérisent par une peur incontrôlée et excessive de certains objets ou de certaines situations. Quels sont les symptômes d’une phobie ? Comment l’expliquer et le surmonter ? Insight avec Edith Rosset, psychologue.

Définition : c’est quoi, une phobie ?

Phobie signifie peur exagérée et évitement de certaines situations, de certains objets ou de certains phénomènes. Il entre dans la catégorie des troubles anxieux. Voir l’article : États-Unis : Plus de 50 décès liés aux e-cigarettes, des liquides frelatés impliqués. Contrairement à l’anxiété généralisée, la phobie est activée en présence d’un objet spécifique.

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Catégories de phobies

Il existe trois grandes catégories de phobies :

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Symptômes

Les objets phobogènes peuvent provoquer :

Pour que la phobie soit diagnostiquée comme telle, elle doit causer une gêne ou une détresse importante au sujet. Dans certaines cultures animistes, par exemple, la peur des esprits est répandue et assez intense. Mais cela ne peut pas être qualifié de trouble mental, car il appartient aux profils cognitivo-émotionnels de ces sociétés.

La phobie se reconnaît à la présence de plusieurs des symptômes suivants, qui doivent être présents pendant une durée supérieure à un semestre, tels qu’une peur irrationnelle, intense et excessive de certains phénomènes, ou de la simple représentation mentale de ces phénomènes, une réaction anxieuse immédiate lorsque le sujet est confronté au phénomène de peur, prise de conscience du caractère excessif et injustifié de la peur ou évitement systématique des situations de peur pouvant entraîner des problèmes dans les relations sociales, personnelles ou professionnelles.

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Prévalence

La prévalence au cours de la vie est comprise entre 5 et 12 %. Les phobies sont donc très répandues puisqu’une personne sur dix en est sujette. Les femmes sont généralement plus touchées par les phobies que les hommes. Elles prédominent largement dans les phobies animales, naturelles et situationnelles (75 à 90 % des cas), ainsi que dans les phobies de type incidents d’injection de sang (55 à 75 % des cas). Cette prévalence féminine plus élevée est assez logiquement cohérente avec celle observée pour l’anxiété.

Pour la plupart des phobies, il semble qu’il existe deux pics d’incidence : l’enfance et l’enfance d’une part, et les jeunes (20-30 ans) d’autre part. Les premiers sont très fréquents, et ne peuvent être considérés comme des troubles s’ils ne dépassent pas l’adolescence.

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Types de phobies

Les phobies spécifiques :

Agoraphobie (peur des foules, peur d’être loin de chez soi) « qui se manifeste dans des endroits comme une place, au milieu d’une foule, dans un ascenseur, dans une file d’attente, sur un escalator, dans un tunnel, dans les embouteillages, dans des lieux restreints (claustrophobie), dans les transports comme la voiture, l’avion, le train, le bus, le métro, le tram ou encore le téléphérique », note la psychologue.

Liste des phobies

La phobie sociale

La phobie sociale repose sur plusieurs types de facteurs. Elle peut être la conséquence d’une expérience sociale humiliante, ou d’un événement traumatisant : taquinerie, agression, rejet. La phobie sociale peut également naître dans l’enfance, avec des parents socialement isolés ou surprotecteurs. Cette forme d’anxiété touche souvent les adolescents, et plus de femmes que d’hommes. Parmi les situations qui provoquent l’apparition de symptômes : la nouveauté, la prise de parole en public et l’exposition au regard des autres. Les symptômes caractéristiques de la phobie sociale sont les crises d’angoisse, les sentiments de honte, le retrait, la peur d’être jugé, les pensées négatives et une faible estime de soi. La phobie sociale se traduit également par des comportements d’évitement et de dissimulation : refus d’invitations voire de promotion professionnelle pour éviter de parler, éviter de regarder les autres dans les yeux, éviter de donner leur avis. La phobie sociale peut aussi s’exprimer physiquement : tremblements, étourdissements, accélération du rythme cardiaque, transpiration, rougissement.

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La phobie des trous (trypophobie)

La trypophobie fait référence à la phobie des trous ou à la peur excessive d’une personne en présence de n’importe quel trou, d’un cratère à un morceau de fromage suisse. Cette phobie se traduit par des réactions de nausées, de migraines, de tremblements ou encore de crises de panique. Ce serait aussi la phobie la plus répandue sur la planète, puisque des médecins argentins ont notamment montré qu’elle touchait gravement 18% des femmes et 11% des hommes.

La phobie des clowns (coulrophobie)

La coulrophobie fait référence à un type de phobie qui est la peur exagérée des clowns. Comme toute autre phobie, la présence de l’objet phobique, c’est-à-dire des clowns, à proximité de personnes atteintes de coulrophobie peut entraîner des réactions telles que des spasmes, un état d’anxiété palpable ou des difficultés respiratoires. La coulrophobie dans la culture populaire est régulièrement associée à des œuvres de fiction, comme « Ça » de Stephen King ou le Joker dans Batman, qui mettent en scène des clowns meurtriers ou maléfiques.

La phobie d’impulsion

« La phobie impulsive (appelée aussi obsession impulsive) est une obsession des comportements hétérosexuels ou d’automutilation (agresser quelqu’un, assassiner, se suicider), criminels (vol, escroquerie), sexuels (être homosexuel, zoophile ou pédophile), religieux (crise de possession démoniaque) ou inapproprié (rire à un enterrement ou jurer dans une église, par exemple). Ce trouble obsessionnel peut s’observer aussi bien chez les femmes que chez les hommes. un homme qui vient d’accoucher de son bébé et qui a peur de blesser bébé », explique le psychologue.

La phobie des orages (astraphobie)

Le terme astraphobie fait référence à une phobie des phénomènes climatiques tels que les orages, en particulier la foudre et le bruit du tonnerre. L’astraphobie n’est pas spécifique aux humains, mais peut également affecter les animaux. L’astraphobie se manifeste par la peur de la panique, des tremblements, des battements cardiaques rapides, de la transpiration, des périodes de pleurs. Les personnes atteintes d’astraphobie essaient de se protéger de la tempête en se cachant et en s’enfermant.

La phobie de vomir (émetophobie)

L’émétophobie est la peur de vomir. L’émétophobie est un trouble mental. Les patients qui en souffrent ont des appréhensions différentes liées à la peur de vomir. Ces peurs supplémentaires prennent différentes formes : peur des épidémies de gastro-entérite, peur de trop manger ou de manger des aliments avariés, peur des transports, etc. Pour traiter l’émétophobie, le patient est pris en charge par un psychiatre et/ou un psychologue. Des antidépresseurs peuvent être prescrits. Pour se rassurer, il peut aussi avoir un traitement qui agit sur le système digestif.

La phobie des oiseaux (ornitophobie)

Alors que l’ornithophobie est la peur des oiseaux en général, la phobie des pigeons n’a pas de nom spécifique. Il provoque l’apparition d’une peur panique et des réactions disproportionnées à la vue d’un de ces oiseaux. Cette peur anormale et exagérée, qui relève plus de l’anxiété que de la peur, peut être traitée par la TCC – thérapie cognitive et comportementale, qui place progressivement le sujet en présence de l’objet phobique, en l’occurrence le pigeon, et crée une habitation.

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Autres phobies

Ne pas confondre avec d’autres troubles

Pour qu’une phobie soit caractérisée, le sujet ne doit pas présenter un autre trouble pouvant mieux expliquer son état tel que trouble obsessionnel-compulsif, anxiété généralisée, schizophrénie (dans le cas des phobies imaginaires), personnalité paranoïaque ou stress post-traumatique.

Origines des phobies (innées, acquises)

La plupart des phobies ont un caractère familier, en particulier les phobies de type animal avec injection de sang et accidents. Cela ne signifie pas nécessairement que ces phobies sont inscrites dans les gènes des parents transmis aux enfants : si le cerveau est soumis au cours de son développement précoce à de forts stimuli aversifs, il peut par la suite conserver la mémoire de ces -micro-traumatismes, et encourage les comportements d’évitement irrationnels. L’héritabilité des phobies, qui peut cependant être évaluée avec des enfants adoptés (qui partagent ou non la phobie de leurs parents biologiques dont ils sont séparés), est comprise entre 0,25 et 0,40 selon les études et les phénomènes concernés. Les déterminations génétiques les plus fortes sont liées à la peur des animaux et à certaines situations sociales. Que certaines phobies soient d’origine biologique plutôt qu’environnementale n’est pas surprenant : au cours de l’évolution des primates, certains environnements (comme les espaces ouverts ou les étendues d’eau) et certaines situations (comme la rencontre d’une araignée, d’un serpent, le bruit d’un grand animal) représentaient des dangers objectifs, dont la peur manifeste un avantage adaptatif.

Quand et qui consulter ?

« Si les comportements d’évitement déclenchés par les phobies envahissent et perturbent l’existence de la personne atteinte de ce trouble anxieux, alors il est important, dans un premier temps, de lui proposer de consulter un médecin généraliste afin d’évaluer l’intensité des troubles psychologiques et physiologiques. manifestations », estime Edith Rosset. Le diagnostic et les recommandations du médecin permettent ensuite d’orienter le patient vers un spécialiste. « De nombreuses approches sont reconnues pour leur efficacité dans le traitement des phobies telles que la thérapie cognitivo-comportementale, la thérapie comportementale d’acceptation et d’engagement (ACT ), la pleine conscience, l’hypnose, la sophrologie ou la thérapie analytique », souligne le spécialiste.

Traitement : comment soigner une phobie ?

Thérapies cognitivo-comportementales (TCC)

Les TCC, thérapies cognitives et comportementales sont reconnues efficaces dans le traitement des phobies spécifiques, de l’agoraphobie et de la phobie sociale. « Le patient suit un protocole proposé par le praticien en fonction de la sévérité des manifestations phobiques, comprenant des exercices d’exposition progressive aux contextes phobiques (listage, évaluation de l’intensité des perturbations et des scénarios), réévaluation des événements vécus comme dangereux ( détachement des scénarios catastrophiques et l’observation des faits tels qu’ils sont actuellement) et de réguler les manifestations somatiques par un entraînement respiratoire régulier (cohérence cardiaque) », poursuit le psychologue.

L’hypnose (encadré par un professionnel), la relaxation et le yoga peuvent beaucoup aider.

Dans certaines phobies sévères, des anxiolytiques et des antidépresseurs peuvent être prescrits.

Evolution de la phobie

Les phobies de l’enfance sont généralement surmontées à l’âge adulte. Cependant, la phobie est plus difficile à vaincre lorsqu’elle trouve son origine dans un événement traumatique comme une morsure de chien ou le début d’une noyade : le sujet utilise alors cette base objective pour consolider une protection cognitive et comportementale de type négatif et aversif. Lorsque la phobie ne disparaît pas à l’adolescence, ou lorsqu’elle éclate à l’âge adulte, les taux de rémission sont assez rares (moins de 20 % des cas). Sans traitement, le patient doit alors vivre avec ses angoisses. Ces angoisses peuvent s’avérer relativement anodines (généralement peu graves voire même une peur panique des araignées ou des serpents) ou invalidantes (les phobies situationnelles et sociales peuvent représenter une véritable épreuve).

Merci à Édith Rosset, psychologue.

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