Piégé par des trafiquants de drogue à Cayenne et interpellé par la douane à Limoges, le mulet paie un lourd tribut

Written By Sara Rosso

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Lorsque l’avocate de la défense, Me Corinne Dhaeze-Laboudie, se lève pour témoigner au tribunal correctionnel de Limoges, elle est visiblement en colère. Elle sait que la vie du jeune homme derrière elle, jugé en comparution immédiate, est brisée. « Oui, bien sûr des délits sont commis, mais c’est aussi une victime ! »

Victime parmi tant d’autres de ces trafiquants de drogue éhontés qui profitent de la misère d’hommes et de femmes qu’ils transforment en « mules ». La mule, ce maillon de la circulation dont la fonction est de transporter des marchandises, souvent au péril de sa vie, d’un point A à un point B.

Argent pas si facile…

Le jeune homme, petit, étroit, silencieux, derrière l’avocat, était selon elle « sacrifié ». Il évoque cette vie précaire d’Haïti à la Guyane, le père violent, la mère absente, le placement dans un foyer, le CAP plomberie obtenu malgré tout, l’employeur qui ne paie plus, le retour chez son père violent qui demande le de location. pour payer ta chambre. Voir l’article : Wimereux : permis de construire obtenu, cette maison sera démolie. Mauvais conseils de connaissances, promesse d’argent facile, entre 5 000 et 7 000 € pour faire passer de la cocaïne de Cayenne à Limoges. Et c’est l’équipe.

Le jeune accusé, âgé de 24 ans et jusqu’ici inconnu de la justice, rapportera avoir été traîné dans un squat par un trafiquant qui l’a forcé à manger des olives cocaïniques. Il n’a pu en ingérer qu’une partie, le reste est sur lui, caché au niveau de son aine. 166 grammes dans le corps, 1 175 cachés, 1 341 au total.

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Piégé

Il arrive à Orly le 21 septembre et prend le train pour Limoges. Là, à la gare, deux hommes doivent le rencontrer. Vous n’aurez pas le temps de les rejoindre. Vous serez retenu par la douane, à la sortie du wagon. Spontanément, il avouera tout, et même plus. Il racontera le premier voyage à Paris début août, l’hôtel où il a été emmené, les 300 grammes de cocaïne qui lui auraient été volés.

« C’est ce que les trafiquants voulaient lui faire croire », résume son avocat. « Soit je rendais les 25 000 € de ce qui avait été volé, soit je devais refaire un voyage. Ou c’était la mort. Je n’avais pas de choix. »

« Participe sciemment, au péril de sa santé, à des trafics internationaux », résume en substance l’accusation qui a nécessité 24 mois fermes. L’air un peu hagard, le jeune homme a commenté sa situation : « C’est une erreur d’avoir fait ça. »

Une erreur qui lui a coûté 24 mois de prison, dont six mois de probation avec sursis pendant deux ans… Ils l’ont maintenu en garde à vue. Une « erreur » qui lui a également coûté 88 506 € d’amendes douanières… en plus des 25 000 € de sa prétendue dette envers les trafiquants.

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