Poulangy (52), plus qu’une ville, un patronyme

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Christophe Dubois Rubio, historien amateur, s’est récemment rendu en Guadeloupe pour rechercher des familles portant le patronyme Poulangy. Depuis des années, il s’intéresse à l’histoire de la commune et, petit à petit, il publie et rapporte ses découvertes.

Christophe Dubois Rubio, passionné par l’histoire de Poulangy, la ville où il a grandi, fait des recherches depuis de nombreuses années. Il a récemment découvert qu’il y avait un château, au 13ème siècle, dans le village. En décembre 2022, il passe deux semaines en Guadeloupe pour poursuivre ses recherches, cette fois sur le patronyme Poulangy.

Grâce à ce voyage, il sait maintenant qu’une mère et son fils, Florine et Marcelin, ont reçu le nom de famille Poulangy le vendredi 13 octobre 1848. Charles-Anatole Léger, qui était alors le premier vice-maire de Pointe-à -Pitre, ils auraient été accusés. Florine était une esclave, née en 1802, juste après la première abolition de l’esclavage. Ainsi, elle pourrait naître libre. Cependant, Napoléon Bonaparte révoque cette loi le 20 mai 1802, certainement sous la pression de son épouse l’impératrice Joséphine, née en Martinique.

Florine est donc née esclave, dans la commune de Canáil Peit, et a été enregistrée sous le numéro d’esclave 6417. Heureusement, elle ne connaissait pas le travail des plantations. Elle abritera les Bourgeois, importante famille guadeloupéenne aux nombreuses sous-branches. A 24 ans, Florine a un enfant : Marcelin. Propriété des maîtres Florine, il sera en effet esclave sous le matricule 6422, également serviteur des Bourgeois.

Nomination des esclaves

En 1848, lors de la deuxième abolition de l’esclavage, Florine et Marcelin sont inscrits au registre des nouveaux affranchis, acte qui crée l’état civil des anciens esclaves. A voir aussi : « Top News » « Nouvelle vie : la poursuite du bonheur » Samedi…. « Dans le cadre de la dénomination des esclaves, chaque fonctionnaire a fait un peu à sa manière », explique Christophe Dubois Rubio.

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Ces noms peuvent être flatteurs, drôles ou farfelus, mais parfois blessants et infâmes. « J’ai retrouvé, par exemple, les noms Bijou, Gentil ou Moustache mais aussi des noms qui m’ont fait horreur. C’est le cas d’une femme de 66 ans qui travaillait dans les plantations et dont la fatigue se lit sur son visage. Elle a reçu le matronyme Macabé. Il y a des Crétinoirs, des Satans, des Bonariens… », dit l’historien.

Florine et Marcelin ont eu beaucoup de chance avec Charles-Anatole Léger qui leur a donc donné le nom de Poulangy. « Que Poulangy ait été donné comme patronyme ou un patronyme reste à définir. Dans ce dernier cas, il fait certainement référence à Bertrand de Poulangy qui, à travers Jeanne d’Arc, réapparaît dans les encyclopédies à cette époque », note Christophe Dubois Rubio. Il était en effet l’un de leurs compagnons d’armes.

Le contexte de la dénomination des esclaves fait encore l’objet de nombreuses études et l’historien espère que ses recherches sur l’apparition et la diffusion du matronyme Poulangy pourront apporter un éclairage supplémentaire. Pour atteindre son objectif, il a pu bénéficier de l’aide de Dimitri Garnier, responsable de l’accueil du public au sein des archives départementales de la Guadeloupe.

Christophe Dubois Rubio a rencontré la seule personne de l’île qui porte encore ce patronyme. D’autres ont immigré en Nouvelle-Calédonie, en Guyane ou en métropole. « Ce sont principalement des femmes qui leur ont donné ce nom. J’ai pu retrouver trois hommes aujourd’hui : un père et ses deux garçons, un jeune adulte et un jeune adolescent. Alors Poulangy a encore un avenir comme patronyme », se réjouit-il.

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175 ans

L’esclavage a été aboli en France le 27 avril 1848, il y a près de 175 ans. Des manifestations doivent être organisées dans le pays pour se souvenir de cette loi et de cet anniversaire. De son côté et grâce à ses recherches, Christophe Dubois Rubio tentera de convaincre le conseil de la commune de Poulangy mais aussi les administrations départementales et régionales, « pour que Poulangy soit honoré pour Florine et Marcelin ».

Comme ils reçurent le nom de Poulangy le 13 octobre 1848, l’historien local imagine un événement exceptionnel ce jour-là dans la commune. « Il y aura l’occasion d’élever une statue ou de nommer une rue autour de l’apparition du matronyme Poulangy ».

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