« Pourquoi est-ce que ça ne fait que déboucher l’évier ? » » : Bricoler, désir d’être indépendant

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« On va commencer par apprendre à mettre un joint en silicone, en général c’est très agréable car on a tous des joints moisis à remplacer dans la maison. Jean-Pierre, cheveux grisonnants et lunettes au bout du nez, dirige un atelier de bricolage au magasin Leroy Merlin de la Madeleine, dans le 8e arrondissement de Paris. Doria, arrive pour la première fois : « Mon niveau de bricolage ? J’en suis au stade où je sais changer un siphon et une ampoule », avoue-t-il sans ambages.

Ce jour-là, Doria est la seule élève de la classe. Un fait insolite. « Après le Covid, on a vu une augmentation de la fréquentation, on est à 60% du taux de remplissage des cours », constate Estelle Beauvois, responsable du service client chez Leroy Merlin. Les gens ont passé beaucoup de temps chez eux, ils ont donc pris conscience de l’importance d’y être à l’aise et des choses à améliorer. « 

En effet, le laboratoire, situé au sous-sol de la boutique, attire les curieux. « Excusez-moi monsieur, où puis-je trouver l’horaire des cours ? » demande un jeune homme qui vient de passer la tête par la porte entrouverte. « Sur Internet », répond Jean-Pierre, lassé de ces éruptions incessantes. A 25 € les trois heures, le cours « Do it yourself basics » est le plus prisé.

« J’en avais marre de devoir appeler des gens »

Armée de son pistolet à silicone, Doria se consacre à refaire la jonction d’un faux mur. « J’ai un travail à faire à la maison et j’en avais marre de devoir appeler des gens ou des employés pour m’aider. Lire aussi : Trecobat et Epopée Gestion vont construire des résidences pour personnes âgées. C’est cher et ça n’a pas l’air si compliqué, et je voulais être indépendant », explique le trentenaire. Souvent, les participants arrivent avec un projet de bricolage en tête et demandent conseil à Jean-Pierre », mais le cours ne faut pas tourner autour de ça, sinon les autres vont s’ennuyer », prévient-il.

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Pour le moniteur, il est parfois difficile de jongler avec les différents niveaux des participants. « Dans les cours de menuiserie, je dois apprendre à des gens qui n’ont jamais fait à scier. Cela prend du temps, alors j’essaie de donner une autre activité aux autres. Mais il faut quand même faire attention à tout le monde : j’ai eu une fois un participant qui s’est légèrement coupé le doigt parce qu’il ne m’écoutait pas ! », raconte le professeur qui, depuis, n’a jamais laissé les participants sans surveillance.

Doria continue les travaux pratiques : démonter une prise, dénuder les câbles électriques, reconnaître la bonne prise selon le type de mur… Les trois heures de cours se terminent mais Jean-Pierre est intarissable : « Vous avez cinq minutes ? Je peux vous montrer comment déboucher un évier. Une fois une dame m’a dit : « Ah, c’est tout, déboucher un évier ? J’ai appelé un plombier, il m’a pris 130 euros ». » Avant de conclure : « Je vous fais économiser des centaines d’euros. « 

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