Pourquoi est-il si difficile d’adopter une alimentation saine ?

Written By Sara Rosso

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Cette semaine, je vais me concentrer sur l’explication des obstacles et des résistances qui nous empêchent de manger sainement. Dans une prochaine entrée, je décrirai les éléments qui composent une alimentation saine.

La préférence pour certains aliments par rapport à d’autres est un processus complexe, car nous sommes influencés par toutes sortes de facteurs : traditions culturelles, économie (revenus et prix), publicité, marketing, promotions, environnement. Cependant, le facteur qui ressort de toutes les enquêtes comme le plus important pour déterminer le choix de consommer un aliment est son goût. Le plaisir hédoniste tiré de la consommation d’aliments est donc essentiel, au-delà de sa qualité nutritionnelle, de sa densité énergétique ou de sa valeur santé pour notre corps. C’est l’une des raisons pour lesquelles la malbouffe riche en sucre, en gras et en sel, comme les gâteaux, les croustilles, le chocolat et les boissons sucrées, gagne souvent la faveur populaire par rapport aux aliments sains comme les fruits, les légumes, les légumineuses ou l’eau.

Choix individuels et environnement alimentaire

Le choix d’un individu de consommer de la nourriture est en grande partie déterminé par sa disponibilité dans l’approvisionnement alimentaire (à la maison, à la cafétéria de l’école, au travail, à l’aréna, à l’hôpital, au restaurant ou simplement au potager) selon les stations , menus et fournisseurs, et pour son accessibilité *1 aux points de vente (épicerie, supermarché, dépanneur, station-service, distributeurs automatiques, pavillon, restauration rapide, marché public), selon les horaires et la distance du domicile ou du lieu de travail. Malheureusement, les options malsaines sont souvent les plus accessibles à de nombreux Canadiens. Un quart (25 %) des répondants à un récent sondage de la Fondation des maladies du cœur du Canada *2 affirment qu’il n’y a pas assez de supermarchés dans leur quartier qui vendent des fruits et légumes frais. 38 % des Québécois (51 % à l’échelle du Canada) disent qu’il y a trop d’établissements de restauration rapide qui n’offrent pas d’options santé, et près des deux tiers des Québécois (64 %) disent que les restaurants n’offrent pas assez de plats de fruits et légumes .

Cependant, une faible consommation de fruits et légumes (5 par jour, selon l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes 2004, volet nutrition. La bonne nouvelle est que, selon l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes 2009-2010, 54 % des adultes québécois ont déclaré consommer au moins 5 portions de fruits et légumes par jour, tous les jours ou presque, un taux bien supérieur à la moyenne canadienne de 45 %.Ce comportement différent explique en partie que les Québécois aient un taux d’obésité (22 %) inférieur à la moyenne canadienne ( 24 %), juste derrière la Colombie-Britannique.

Du point de vue du respect des choix individuels, le plus important n’est pas tant de bannir la malbouffe, mais d’avoir une offre adéquate d’aliments sains intéressants, accessibles à un prix compétitif, ce qui arrive rarement. c’est une politique d’alimentation saine, à l’école, dans les hôpitaux, sur scène.

Le temps, un obstacle pour des choix sains *3

Un sondage *4 mené pour la Fondation des maladies du cœur du Canada révèle que la grande majorité d’entre eux ne veulent pas ou ne peuvent pas prendre le temps de faire des choix sains. Ainsi, 37 % des Québécois croient qu’il a fallu trop de temps pour préparer des repas sains. Au Québec, les gens disent percevoir moins souvent des obstacles (42 %, comparativement à une moyenne nationale de 57 %) et seulement 38 % attribuent leurs mauvaises habitudes alimentaires à la météo ou à la restauration rapide.

L’évolution des prix des aliments : un obstacle économique aux choix sains

Le revenu et la géographie jouent le plus grand rôle dans l’accès à des aliments sains et abordables. L’accès à une alimentation saine varie considérablement d’une communauté à l’autre, selon le niveau de pauvreté du quartier et selon que vous vivez en ville, en banlieue ou à la campagne. Dans le sondage de la FMCC, près de la moitié (47 %) des répondants ont déclaré que le prix élevé des fruits et légumes frais les empêchait de manger sainement, surtout au Canada atlantique (64 % des répondants), mais moins au Québec (39 %). Sans surprise, les ménages à faible revenu et les personnes vivant dans des quartiers pauvres sont plus susceptibles que les autres de considérer le prix comme un obstacle à une alimentation saine. Par exemple, on peut comprendre la décision difficile que doit prendre une mère célibataire vivant dans le quartier défavorisé de Vanier au Québec lorsqu’elle doit choisir entre 2L de lait (3,42$) et 2L de cola (2$ et souvent surtout à 1,33$) pour « nourrir » votre enfant.

À l’inverse, les aliments à forte densité énergétique, la malbouffe riche en matières grasses, en sucre ajouté et en sel (chocolat, hamburgers, pizzas, frites, beignets, saucisses, pâtisseries, aliments frits, chapelure, biscuits) sont peu coûteux à produire, mais relativement bons goûter Aussi, notre attirance pour les frites est indéniable. Par conséquent, les chaînes de restauration rapide sont très populaires, notamment en raison des bas prix de leurs repas. Cependant, il faut comprendre que c’est un bon rapport quantité-énergie/prix, puisque du point de vue du rapport qualité-nutrition/prix, les légumes leur sont supérieurs, malgré leur prix.

Solutions possibles pour améliorer l’approvisionnement en aliments sains

Pour améliorer l’accès à des aliments sains, tous les secteurs – gouvernement, secteur privé et organisations non gouvernementales – doivent mettre en œuvre une gamme de mesures pour aider les Canadiens à faire des choix sains, y compris des initiatives qui aident les personnes à faible revenu à accéder à des choix alimentaires sains ; politiques et subventions agricoles pour rendre le lait, les fruits et légumes moins chers *5 et plus accessibles ; une taxe sur les boissons sucrées et énergisantes ; plus de magasins et de restaurants qui offrent des options saines.

Cette dernière façon de lutter contre l’obésité est l’approche privilégiée par le directeur national de la santé publique, Alain Poirier, dans une entrevue accordée au journal Le Soleil : « Il faut rendre cette offre aux Québécois où qu’ils soient, que ce soit en garderie, à l’école. , à la mairie, au travail, dans les épiceries. Ce n’est pas pour menacer l’industrie, mais pour faciliter des choix sains. Si on m’offre des frites tous les jours à la cafétéria, je les prendrai. Mais s’ils m’offrent une belle salade avec des fruits et légumes frais et savoureux, je la prends.

De l’achat de nourriture à la table, les Québécois doivent se réapproprier des comportements qui favorisent de saines habitudes alimentaires comme cuisiner et manger en famille.

*1 David A Levitsky et Carly R Pacanowski, Libre arbitre et épidémie d’obésité. Public Health Nutrition, revue disponible au CJO, novembre 2011 doi:10.1017/S1368980011002187 ↩

*2 Sondage électronique auprès de 2 160 Canadiens âgés de 18 ans et plus, Environics Research Group, octobre 2011 (publié le 28 novembre 2011) ↩

*3 La faute à l’environnement Au fil des événements 1er décembre 2011 p. 9 ↩

*4 Sondage électronique auprès de 2 160 Canadiens âgés de 18 ans et plus, Environics Research Group, octobre 2011 (publié le 28 novembre 2011) ↩

*5 David A Levitsky et Carly R Pacanowski, Libre arbitre et épidémie d’obésité. Public Health Nutrition, revue disponible au CJO, novembre 2011 doi:10.1017/S1368980011002187 ↩

*6 Résumé – Les résultats de « Tout le monde à table » révélés par toutlemondeatable.org (consulté le 22 septembre 2011) ↩

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