Pourquoi le vin nature est-il si cher ?

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Il fut un temps pas si lointain où, sans empoisonnement, on trouvait encore en cave des « bons vins » à moins de 10 €. L’augmentation brutale du coût des matières premières et de la production, conjuguée à une inflation généralisée et à une baisse sans précédent de la consommation, ont fait passer le prix d’une bouteille de vin sous d’autres auspices. Désormais, le consommateur exigeant s’habitue à dépenser quinze euros par cuvée et ne dépasse plus régulièrement vingt euros. Dans ce contexte, les vins naturels, toujours dans l’air du temps, semblent particulièrement bons au jeu de la quille la plus chère.

« Le vin naturel est issu presque exclusivement d’une production à taille humaine, particulièrement vulnérable aux aléas climatiques, à l’augmentation des coûts de production, etc. ». explique Pierre Renauld, co-fondateur et gérant du bar à vins de 228 litres. « Pour expliquer l’augmentation du prix des bouteilles en cave, il faut comprendre l’inflation mesurée dans presque tous les secteurs, notamment les secteurs de l’énergie. Pour les matériaux milieu de gamme, le carton de 6 bouteilles prenait 40 centimes, les bouteilles, l’objet , 50 centimes et les bouchons affichent une augmentation similaire. Au total, la matière sèche de sa bouteille prend facilement un euro au vigneron, ce qui signifie au moins deux euros de plus pour le consommateur. Le vigneron lui ne gagnait pas un sou de plus ! A ces augmentations il faut ajouter les frais de transport qui ont presque doublé en trois ans, le coût de l’énergie pour la viticulture (électricité pour la cave, essence pour le tracteur, eau, etc.) sans oublier que de nombreux viticulteurs – je pense au Jura. habitants par exemple – ont connu plusieurs millésimes catastrophiques ces dernières années. La hausse des prix ne leur a permis que de sauver leurs exploitations.

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Les prix augmentent-ils spécialement pour les vins naturels ? 

« Il serait intéressant de comparer l’inflation des vins dits « vivants » et l’inflation des vins classiques. Les prix des vins naturels augmentent, c’est un fait… Mais la Bourgogne même sans être nature ! Chaque domaine de la Côte de Nuits augmente ses vins de 10% chaque année, sans grande justification. On ne trouve plus de Gevrey-Chambertin en cave à moins de 60 €, même si on est loin du sommet de la hiérarchie des crus… ». Guerric Silverberg, fondateur de la cave bruxelloise Nestor et œnologue néo-angevin, propose de voir les choses autrement. « Le vin dit conventionnel est-il vendu à son juste prix ? Quelle valeur accorde-t-on au travail des artisans issus de l’agriculture biologique responsable ? La qualité a-t-elle un prix minimum ou maximum ? Le vin, le bon vin, a toujours été cher, il a toujours été été un produit réservé à une élite ! C’est un produit de niche accessible à une petite frange de la population. L’industrialisation du secteur agroalimentaire nous a habitués à payer nos aliments et boissons à des prix artificiellement bas, remplaçant la qualité par la quantité « . La consommation de vin montre vraiment des disparités importantes. En France, 82% des achats de vin se font en GMS, hypermarchés et supermarchés dans la tête. Sur le même sujet : Mieux manger pour vivre plus longtemps | L’empreinte. Le panier moyen pour une bouteille est d’environ sept euros. » vin naturel qui essaient de vivre décemment de leur agriculture, ce qui a aussi pour effet d’avoir aussi un coût social et donc un prix à la bouteille plus élevé, explique Guerric Silverberg. Il faut comprendre que la plupart des vignerons avec qui nous travaillons vivent dans une situation précaire. Jean-Baptiste Semmartin, du Domaine Lajibe, produit à mon sens certains des plus grands vins blancs du Sud. Il m’a consulté le cœur gros pour une augmentation significative des prix de ses vins. J’ai lu que j’avais recommandé d’y aller. Il travaille 100 heures par semaine et gagne moins de 1 000 € par mois. Quand on travaille si bien, on a le droit de vendre son vin 30€ en cave !

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Peut-on vraiment dire que le vin naturel est un «produit de luxe» ? 

Pour paraphraser Voltaire, si par luxe on entend au-delà du nécessaire, le bon vin est une conséquence naturelle des progrès de l’espèce humaine. Le vin, produit de consommation non essentiel par excellence, peut entrer dans une nouvelle phase de sa longue existence. Après des années de consommation effrénée et insouciante, tout nous fait assister au début d’une logique qui consisterait à boire moins, mais mieux, moins, mais plus cher. Puisqu’il est recommandé de manger moins de viande pour le goût, autant que pour des raisons environnementales. « Les jeunes consommateurs sont beaucoup plus curieux que leurs parents. Les clichés du genre ‘on ne fait pas de bons vins dans telle ou telle région’ ont disparu. L’information se transmet plus rapidement et c’est bien, car il faut être de plus en plus agile pour bien boire. Les vins du Jura sont devenus trop chers pour votre porte-monnaie ? Allez goûter les vins d’Alsace ou de Savoie ! La hausse des prix profitera aux régions viticoles les moins bénies par l’histoire », prédit Pierre Renauld. Si le vin nature est un luxe, c’est un luxe de connaisseurs.

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