Pourquoi les jeunes n’aiment plus sortir en boîte ?

Written By Sara Rosso

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C’est l’un des clichés associés à la jeunesse : faire la fête jusqu’à l’aube. Pourtant, les sorties en boîte de nuit sont de moins en moins prisées par les membres des générations Y et Z.

Plusieurs facteurs comme l’augmentation de l’abstinence et les cas d’attaques au GHB contribuent à ce phénomène qui inquiète les professionnels de la nuit.

Rebelles, les jeunes générations le sont beaucoup moins que leurs aînés. Au moins quand il s’agit de s’encanailler dans les boîtes de nuit. Fini les soirées effrénées en « club », les ados préfèrent majoritairement passer la soirée à la maison. C’est en tout cas ce qu’affirme le rapport « U Going Out » de la plateforme britannique Keep Hush, spécialisée dans l’organisation et la promotion d’événements de musique dance.

On peut y lire que les millennials et Z n’apprécient pas particulièrement la culture club. Parmi les raisons invoquées, les difficultés financières auxquelles ils sont confrontés depuis le début de la pandémie et le manque d’intérêt pour la consommation de drogues, légales ou non.

La précaution a marqué l’esprit des jeunes

La prévention a marqué les esprits des jeunes​​​​​​​

L’abus de drogues des générations précédentes et les campagnes de prévention sur les dangers de l’usage partisan de drogues psychotropes semblent avoir marqué – et profondément dégoûté – les jeunes adultes. Ils se reconnaissent plus dans la mouvance directe, cette sous-culture punk des années 80 prônant la sobriété, plus que dans la démesure des personnages de « Skins », « Gossip Girl » et « Euphoria ».

Cette attitude est beaucoup plus facile à adopter aujourd’hui, à l’heure où les réseaux sociaux regorgent de publications vantant les mérites d’une bonne hygiène de vie. Lire aussi : Thaïlande : Bloomberg tente de contrer la volonté du gouvernement de légaliser le vapotage.

« La sobriété est moins (et plus) qu’une pratique qui ne touche que les alcooliques diagnostiqués cliniquement. Aujourd’hui, il y a aussi quelque chose de cool et de sain à essayer, comme le véganisme ou suivre un cours de yoga Iyengar », a expliqué, non sans ironie, le journaliste Alex Williams. . dans le New York Times en 2019.

Un sentiment d’insécurité qui freine les jeunes

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Un sentiment d’insécurité qui bloque les jeunes

Pour beaucoup de jeunes, cette recherche de bien-être est assez incompatible avec les soirées en boîte, même si l’adage dit que « sans alcool, la fête est plus folle ». A cela s’ajoute la « paresse », ce mélange de paresse et d’agoraphobie, qui pousse certains jeunes adultes à refuser toute invitation à sortir en discothèque.

Célia, 27 ans, fait partie de ces adeptes du cocon qu’on ne peut pas entraîner en boîte. Par manque d’envie mais aussi par peur de faire de mauvaises rencontres. « Je ne me sens pas en sécurité dans un tel endroit. Je préfère être accompagné d’au moins trois amis quand j’y vais ».

Même son de cloche chez Hadjer, 25 ans : « Il y a beaucoup de cas de harcèlement dans les boîtes de nuit. Certains hommes sont très agressifs avec les filles et inventent différentes ruses pour en profiter », explique-t-il. Les « régimes » auxquels la jeune femme fait référence sont apparus à l’automne sous le mot-clé #balancetonbar. Ce mouvement, né en Belgique début novembre, a dénoncé des centaines de cas d’ivresse et de violences sexuelles subis dans des bars ou des boîtes de nuit. Tous décrivent le même scénario : un rendez-vous avec des amis, quelques verres, des symptômes physiques inhabituels et puis, le trou noir. En cause, le GHB, aussi appelé « la drogue du viol », que les victimes consomment à leur insu.

Face à l’afflux de témoignages en Belgique, en France et en Grande-Bretagne, les établissements nocturnes ont pris des mesures pour endiguer ce phénomène inquiétant. Certains ont formé leur personnel pour mieux répondre aux situations de violences sexuelles, tandis que d’autres fournissent des couvre-boissons aux fêtards pour éviter que de la drogue ne leur soit versée. La start-up anglaise Where You At a également conçu une application pour permettre aux clubbers de rester en contact avec leurs amis à tout moment de leur soirée, même s’ils n’ont plus de réseau à l’intérieur d’un bar ou d’une discothèque.

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L’ère de la « rave fatigue »

Tous ces facteurs contribuent à ce que certains commentateurs appellent la « fatigue rave ». Les Millennials et les Z-ers s’intéressent peu aux fameuses soirées club que leurs aînés aimaient tant.

Pire encore, ils les trouvent pathétiques. Il suffit de regarder TikTok pour se rendre compte du dégoût de certains jeunes adultes pour la vie nocturne. Un utilisateur du réseau social, connu sous le pseudonyme @iceprincess0079, affirme que les boîtes de nuit sont « le lieu où les ‘morts’ viennent chercher un bonheur temporaire ». Un repaire d’individus « malheureux et blessés », comme dirait la TikTokeuse @theadventurebabe.

Des jugements de valeur infondés pour certains utilisateurs de l’application. Quoi qu’il en soit, les professionnels de la nuit s’inquiètent du désintérêt des jeunes générations pour les lieux de fête. Surtout après deux ans et demi de pandémie et de restrictions sanitaires. Leurs craintes sont justifiées : la Grande-Bretagne ne compte plus que 1 130 boîtes de nuit, selon les derniers chiffres de la Nightlife Industry Association. C’est 20% de moins qu’en mars 2020, au début du premier confinement.

Plusieurs facteurs structurels tels que la hausse des loyers dans les grandes villes et l’inflation ont accéléré ces fermetures, bien que l’aversion des jeunes pour les clubs ait joué un rôle. Mais le monde de la nuit n’a pas encore dit son dernier mot. Elle innove en proposant des soirées plus éco-responsables ou adaptées à un public plus large, pour démontrer qu’elle est dans l’air du temps. Avec tout le respect que je dois aux milléniaux et aux membres de la génération Z.

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