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PARIS : Un ministre qui prend son temps et écoute mais peine à s’affirmer : plus de sept mois après son arrivée, le pape Ndiaye a changé de ton par rapport à son prédécesseur mais s’inquiète de sa capacité d’action.

Sa nomination au poste de ministre de l’Éducation a été une surprise. Universitaire spécialiste des minorités et peu connu du grand public, loin des sphères politiques, Pap Ndiaye a marqué un changement par rapport à Jean-Michel Blanquer. Ce dernier aliène une grande partie du monde enseignant, particulièrement touché par son absence de dialogue.

Au contraire, dès le début, l’historien de 57 ans a assumé le rôle de conseiller, de réfléchir et d’écouter les enseignants, ses « collègues », comme il aime à le rappeler.

« L’ensemble de la communauté éducative s’est réjoui du changement de ton et du respect des enseignants qui semble sincère », souligne Stéphane Crochet, secrétaire général de SE-Uns. « Il a fait un très bon travail de rencontres pour se forger une opinion personnelle. »

« C’est un ministre qui a une vraie vision du sujet, même s’il n’est pas un technicien pédagogique », a déclaré Violette Spillebout, députée de Renaissance du Nord et membre de la commission culture et éducation.

Depuis la rentrée en septembre, des efforts ont été faits pour se positionner sur certaines thématiques comme la mixité sociale et scolaire et le bien-être à l’école.

D’autres orientations, comme le souci des « fondamentaux » (lecture, écriture, calcul) le placent dans la lignée de son prédécesseur.

Le résultat du processus de « wokisme » encouragé par la droite et l’extrême droite dans les médias au moment de sa nomination ? En tout cas, Pap Ndiaye n’est plus un inconnu du grand public. Il est l’un des rares ministres de la société civile à s’être manifesté dans l’opinion publique.

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Selon le sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro, publié fin décembre, il arrive à la 7e place parmi les ministres les plus célèbres derrière les poids lourds qui étaient déjà là lors du premier quinquennat.

Assez discret dans les médias, notamment par rapport à Jean-Michel Blanquer, M. Ndiaye semble aussi être un observateur des grandes orientations décidées par Emmanuel Macron, au propre comme au figuré, comme lors d’un déplacement à Marseille ou à la Sorbonne à l’occasion de un discours aux dirigeants de l’instruction publique.

Et les réformes annoncées, sur la formation des enseignants ou la mixité sociale, se concrétisent lentement.

A l’université, il vient de promouvoir les premières mesures le 6, qui sont attendues à partir de fin novembre. En gros une heure par semaine pour du renforcement en français ou en mathématiques.

« Symbole et méthode ne font pas tout. Il est largement dans l’ombre de Macron », résume Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU.

« On se demande toujours quelle est la marge de manœuvre de Papa Ndiaye », renchérit Stéphane Crochet. « On se demande qui est aux commandes entre Elisée et le ministre », ajoute-t-il, estimant que Pap Ndiaye « n’a pas forcément de lien politique ».

Pap Ndiaye commence à s’inquiéter jusqu’au sommet de l’Etat. C’est « compliqué », admet le conseiller du pouvoir exécutif, qui constate que le rapprochement entre ce représentant de la société civile et le monde politique est à la peine.

Dans les cercles gouvernementaux, le ministre de l’Éducation est critiqué pour sa communication jugée très classique pour un universitaire. Sa tribune parue dans Le Monde fin décembre, intitulée « Pourquoi il faut réformer l’école » et dans laquelle il rappelle ses priorités pour l’avenir, a été particulièrement surprenante tant dans le fond que dans la forme.

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Jusqu’ici épargné par les mobilisations des enseignants, le début de l’année 2023 pourrait être un véritable baptême du feu pour le ministre, qui s’attend à un revirement, notamment sur le dossier brûlant de la revalorisation des salaires de l’éducation.

« Ce sera le moment de vérité », assure Sophie Vénétitay. « Il y a la question des retraites, des salaires et des mobilisations potentielles. Le mois de janvier peut être à haut risque : c’est un peu le money time ».