Quand la voiture redevient un luxe

Written By Sara Rosso

Rédactrice passionnée depuis plus de de 15 ans. Sara vous trouve les dernières infos

C’est une chose de dire que les prix des voitures ont beaucoup augmenté; savoir combien vaut un autre. Lors d’une enquête, la société AAADATA m’a donné le chiffre : entre le premier semestre 2019 et celui de cette année, c’est-à-dire entre avant et après Covid, le prix de vente moyen d’une voiture neuve est passé de 26 775 € à 32 446 €.

J’ai déjà couvert l’inflation des prix des voitures ici, mais voici un autre type d’inflation : un peu plus de 20 % d’inflation en trois ans. En 2010, ce prix moyen était d’un peu moins de 20 000 €… Même la Dacia Sandero était chère : en trois ans, elle est passée de 8 500 € à 11 000 € dans sa version de base.

Ce qui est nouveau, c’est que, contrairement à l’enrichissement, cette inflation se réduit : dans un premier temps, la vente de voitures neuves a lentement asséché le marché dans les premières mains récentes, puis combinée à l’augmentation des délais de livraison ont fait bondir leurs prix. Ensuite, la hausse descend progressivement vers le bas du marché. De vieilles choses qui ne valaient pas 1 000 € avant le Covid sont échangées contre 3 000 € et un ami m’a confié qu’il avait pris 5 000 € à la Toyota cabossée de sa mère (21 ans et 120 000 km) ce qu’il n’avait pas réussi à atteindre. s’est débarrassé pour la moitié moins de deux ans auparavant.

Autre anomalie, en août, plus de voitures de plus de 15 ans ont été vendues que de neuves : 96 000 contre 91 500.

En clair, les voitures qui étaient auparavant défaussées dans le cadre de la prime à la conversion trouvent désormais preneurs car aujourd’hui elles valent souvent plus que le CAP de 1 500 ou 3 000 €.

Les acheteurs d’occasion rient moins. Sur un site de petites annonces bien connu, il est difficile de trouver une voiture familiale compacte décente pour 10-12 ans autour de 100 000 km à moins de 7 000 €. Il n’y a vraiment le choix qu’entre 7 000 € et 10 000 €.

Tout aussi déroutantes, les voitures de trois ans sont présentées à leurs nouveaux prix 2019.

Je sais, tout cela vient de la pandémie de Covid puis de la guerre en Ukraine, de la pénurie de composants puis de la hausse des prix de l’énergie.

Mais à ma connaissance, les usines de microprocesseurs taïwanaises de TSMC comme celles de Samsung en Corée sont de retour en plein essor.

Ce qui reste d’actualité, c’est un anglicisme découvert par les producteurs pendant la pénurie : le pouvoir des prix, le pouvoir de fixer les prix, une chose fabuleuse, le Graal du marketeur qui permet de franchir deux courbes : la baisse des ventes et la croissance du profit. En clair, comment gagner plus en vendant moins.

Pour la fin de la guerre des prix, les remises, promotions et remises, les VD (véhicules de démonstration) qui se sont retrouvés en « 0 km d’occasion », la vente de liquidation aux entreprises et loueurs, les flux publicitaires et toutes ces contorsions commerciales qui mordaient la marge.

Comment dit-on « Price Power » en chinois ?

Je ne dis pas qu’il y a un accord entre fabricants pour maintenir des prix élevés, mais sans doute un consensus implicite pour ne plus viser les gros volumes qui obligent à « pousser la tôle » à tout prix dans les showrooms.

Comment pourraient-ils autrement? Les matériaux de la transition électrique, le lithium et les métaux rares ne circulent pas aussi librement que ceux de l’automobile du XXe siècle, l’acier, l’aluminium et le plastique.

C’est pourquoi je ne crois pas aux prévisions souvent entendues d’un retour à la normale des prix fin 2023. Et aussi pour deux raisons supplémentaires.

Du côté du neuf, pour pouvoir vendre des voitures électriques à leur vrai prix, il est important de ne pas proposer des thermiques trop bon marché…

Encore moins quand l’Etat favorise ces derniers en baissant les prix des carburants alors que les prix de l’électricité menacent d’exploser.

Du côté de l’occasion, il n’y a plus d’amélioration en vue, car la baisse des voitures neuves de ces trois dernières années aura des effets durables : les centaines de milliers de voitures qui n’ont pas été fabriquées depuis près de trois ans manqueront à le marché depuis très longtemps.

Bref, la voiture devient un produit de luxe et on n’en mesure même pas toutes les conséquences sociales, politiques, démographiques et géographiques…

Mais déjà une chute économique : en 2022, les ventes en France du constructeur chinois MG ont augmenté de 98 % et les importations européennes de voitures (VU, bus, camions) en provenance de Chine ont bondi de 150 %, atteignant 500 000 unités, et sa valeur a été démultipliée . de trois

Comment dit-on « pouvoir des prix » en mandarin ?

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