Renoncer aux soins : « Après avoir contacté une trentaine de cabinets, j’ai arrêté de compter. Peu de temps après, j’ai arrêté de chercher…’

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Alors que débute lundi la « grande concertation » sur la santé, qui doit identifier des leviers au niveau local pour relancer le système en crise, « Le Monde » donne la parole à des femmes et des hommes qui expliquent comment ils se retrouvent sans accès à un médecin généraliste ou un spécialiste.

Tout le monde parle d' »inquiétude », certains de « colère », beaucoup aussi de « fatigue ». Qu’ils habitent l’Aveyron, l’Yonne, la région Ile-de-France, la banlieue grenobloise ou encore parisienne, ce qu’ils ont en commun, c’est d’avoir, selon le terme convenu, « renoncé aux soins ». . Un choix qui n’en est jamais un : c’est ce que presque tous les répondants – plus de cent trente en quarante-huit heures – ont présenté à l’appel à témoignages que nous avons publié sur Lemonde.fr, sur les déserts médicaux et la difficulté d’accès aux médecins.

La question est au cœur d’une « grande consultation » lancée lundi 3 octobre par le ministre de la Santé François Braun, qui pousse pour que les patients y aient une place. Mais avant d’être un sujet politique, pour les personnes qui ont accepté de témoigner, c’est d’abord un « frein », un « obstacle », un « casse-tête », que chacun doit résoudre à sa manière. Dans les zones isolées (« zones sous-densément peuplées », selon le terme officiel) où l’on connaît des tensions de densité sanitaire, ainsi que dans les villes et parfois même les très grandes villes où les soins peuvent être mal distribués et disproportionnés aux besoins.

Christine, 57 ans, en sait quelque chose. Cette ingénieure (elle a requis l’anonymat, comme toutes les personnes citées, dont seul le nom apparaît), basée à Houilles (Yvelines), fait partie de la frange difficile à évaluer des 6 millions de Français (11%) qui sont sans lentilles médecin , ils ont également renoncé à « courir pour ». Trop de vaines tentatives, de bureau en bureau, elle se confiait. Depuis quatre ans, il se soigne essentiellement en « automédication », avec les conseils de sa pharmacie ou du dictionnaire en ligne Vidal. Il stocke également certains médicaments périmés « afin qu’ils puissent être réutilisés ».

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« Bricolage » et « surcoûts »

Sa situation est ‘faites-le vous-même’, mais elle s’en contente pour l’instant : « J’ai fait des études paramédicales et travaillé comme technicienne de laboratoire, donc je ‘parle la langue’ de ce milieu, dit-elle. Si nécessaire, je peux contacter directement les experts. Voir l’article : Cigarettes électroniques : la vape s’attaque aussi à l’intestin. Il participe également aux dépistages gratuits offerts par Medicare. « Heureusement [elle est] toujours en bonne santé… »

500 kilomètres à vol d’oiseau, Philippe, 72 ans, qui vit en Dordogne, redoute le moment où le sien pourrait « basculer ». « A mon âge, un suivi régulier est indispensable, mais cela ne se fait plus », regrette le retraité. Son médecin traitant a pris sa retraite en janvier. Philippe contacte alors une trentaine de cabinets mais ne parvient pas à intégrer leurs patients. « J’ai arrêté de compter à trente ans. Peu de temps après, j’ai arrêté de chercher… » Il pratique également l’automédication, avec des médicaments en vente libre. Il paie donc de sa poche. « Si je veux voir un spécialiste sans ordonnance du médecin référent, il ne me rembourse que 30 % ; le reste est à ma charge. »

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