Romans-sur-Isère – Pourquoi les enseignants d’Auguste-Bouvet sont en grève ?

Written By Sara Rosso

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Conditions d’enseignement dégradées, manque de ressources dans les bâtiments et même situations dangereuses pour les élèves. Depuis le lundi 12 septembre, les enseignants du lycée professionnel Auguste-Bouvet de Romans-sur-Isère sont en grève.

Depuis le 12 septembre, les élèves du lycée professionnel Auguste-Bouvet de Romans-sur-Isère arrivent devant leur établissement en se demandant s’ils auront cours en journée. Ses enseignants, en grève reconductible, campent devant la porte pour dénoncer le manque de moyens que la Région et l’Education nationale allouent à l’école. « Nous craquons. Le navire coule et notre tutelle ne veut rien nous donner. »

Mise en danger des élèves ?

L’un des principaux griefs des enseignants concerne l’état de vétusté des locaux. « Dans cet établissement, il y a un souci de sécurité et d’hygiène, déplore Stéphane Cuoq, professeur de français et représentant de la CGT à l’institut. Il y a de sérieux problèmes électriques. Dans l’atelier de plomberie, les canalisations sont vétustes depuis 10 ans. A voir aussi : 5 conseils pour une cuisine abordable. « . Un collègue acquiesce, sans ironie : « quand les élèves utilisent une soufflerie, on fait le signe de croix ». Outre les règles a priori non respectées par les équipements, le bâtiment lui-même « tombe en morceaux » : trous dans les murs, volets roulants bloqués depuis la grêle de 2019, absence de vestiaires sportifs, nombre insuffisant de toilettes à disposition. « Il y a deux toilettes pour 450 élèves ! Je crois qu’il y en a d’autres dans l’établissement, mais faute de personnel pour les surveiller, ils ont été condamnés. Pour les cours d’éducation physique, les élèves se changent sur une clôture dans la salle de conférence », taquine Marie Grosselli, professeur. en sciences et techniques médico-sociales.

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 » Quand les élèves utilisent un chalumeau, on fait un signe de croix. « 

" Quand les élèves utilisent un chalumeau, on fait un signe de croix. "

Il y a eu quelques travaux pour améliorer la vie quotidienne, réalisés par les élèves eux-mêmes. « Il y a des petits travaux de la section bâtiment de l’école. Les élèves refont un peu de peinture de temps en temps. On a réussi à ce niveau-là. Mais le gros œuvre s’effrite d’année en année », explique Stéphane. cuisinier Autre exemple, le centre de documentation et d’information (CDI), dirigé pendant 15 ans par Nicolas Poncet. « Le CDI, les étudiants l’ont rénové. J’y ai mis mon argent pour qu’il soit beau et disponible. C’est magnifique mais ce n’est pas assez grâce à la Région. On ne peut pas construire une nation éducative uniquement à partir de bricolage ou d’idées individuelles ». . . Nous avons besoin de notre tutelle. » Les grévistes veulent des réponses sur les moyens et le calendrier prévu pour la mise en place du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, dont dépendent les instituts de formation professionnelle et générale.

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Suppression des dédoublements

Les enseignants ne se contentent pas de signaler ces problèmes structurels. Egalement en conflit avec l’académie de Grenoble, ils souhaitent revenir aux demi-groupes pour les classes générales. Aujourd’hui, devant des classes entières, les enseignants ne peuvent plus suivre. « La plupart de nos élèves viennent d’établissements classés en zone d’éducation prioritaire. Ils ont donc un suivi et des moyens spécifiques. Et quand ils arrivent ici, il n’y a plus ce cachet ZEP. » Frédéric Savouret, professeur d’histoire-géographie française, syndiqué au SNUEP-FSU, ajoute : « 30 lycéens généraux et 30 lycéens professionnels, ce n’est pas pareil. » Pour résoudre ce problème, les syndicats proposent la création d’heures supplémentaires pour les enseignants bénévoles. « Nous devons limiter les cours à toute la classe. Les professeurs bénévoles, au lieu d’avoir une heure à toute la classe, pourraient avoir deux heures avec deux fois 15 élèves. »

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Des conséquences sur les élèves

Selon les enseignants présents mardi 13 septembre devant l’établissement, 200 lycéens sur 450 sont actuellement en situation de décrochage scolaire en raison d’absences répétées ou de retards systématiques. « Ce n’est pas inhabituel, compte tenu des conditions dans lesquelles nous les hébergeons. Il n’y a pas assez de surveillance. » Faute de moyens, les élèves en situation de handicap qui bénéficient du dispositif Ulis (unités éducatives inclusives localisées) sont aussi « abandonnés ». « Ils se noient dans la masse. Dans le meilleur des cas, il y a une assistante de vie scolaire pour trois ou quatre élèves », s’inquiète un enseignant. Le malaise des enseignants peut être quantifié à la lumière de leur ras-le-bol.

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La réaction de la Région

La réaction de la Région

Contactée, la Région Auvergne-Rhône-Alpes nous indique : « Depuis 2016, la Région a lancé un grand Plan Marshall pour les instituts pour un montant total de 1,5 milliard d’euros. L’institut Auguste-Bouvet en a pleinement bénéficié 2,7 millions d’euros ont déjà été investis : maintien du patrimoine, économies d’énergie et de fluides, sécurité, réseau VDI (électrique, ndlr).Dès 2023, de nouveaux travaux seront lancés pour la restructuration de la cuisine pédagogique, la réfection de la buanderie et l’aménagement des vestiaires et des salles de sport « .

La réaction du rectorat

Le directeur des services départementaux de l’Éducation nationale de la Drôme, Pascal Clément, nous dit : « Nous regardons attentivement et avec bienveillance les instituts de formation professionnelle où il peut y avoir de belles réussites […]. J’ai reçu vendredi (9 septembre NDLR) une délégation d’enseignants pendant trois heures. J’ai fait des propositions de pédagogie et de conditions de travail […] Aujourd’hui l’institut Bouvet a les moyens qui lui permettent de fonctionner et tous les crédits horaires alloués à cet établissement ne sont pas utilisés. le conseil d’administration ».