Skiez la nuit pour ne rien manquer

Rédactrice passionnée depuis plus de de 15 ans. Sara vous trouve les dernières infos

On n’a pas tous la chance d’être disponible quand il neige en semaine, mais au lieu d’attendre le week-end pour manger la trafollée, la neige qui rappelle qu’on va après les autres, on peut toujours aller skier la nuit. On ne parle pas ici des quelques sentiers éclairés et motorisés que l’on peut trouver dans certaines stations, mais de balade, de freerando, pour aller chercher de la poudreuse pour en profiter comme un sanglier roulant sur une pelouse bien entretenue. La technologie LED le permet aujourd’hui, mais encore faut-il respecter quelques règles…

Guillaume Bonnet use, il n’a pas peur du noir

Les symptômes, bien connus de la littérature des services RH, commencent généralement par une perte d’attention soudaine en réunion ou en cours, lorsque les yeux se détournent d’un sujet sérieux pour se perdre dans un paysage de vitrines. Flocons de neige, pattes de lapin, pizzas… On suit cette danse folle dans le ciel, on ne voit que cette eau en forme de plumes d’oreiller et ce paysage pourtant si familier qui disparaît sous la blancheur, avec le délice de la panique provoquée pour les hérétiques qui, dans les chutes de neige magiques, ne voient que trouble et limitation. Pour les amateurs, le fameux « time is money » ressemble à un délit d’initié avec un trader : on n’a pas le temps de dormir, il faut travailler pour récolter des bénéfices !

Cette première phase de distraction se double d’une autre plus programmatique mais sans rapport avec le sujet du rendez-vous en cours : navigation webcam de plus en plus effrénée, puis nivoses, pages météo, mise à jour BRA, réseaux sociaux… « Et s’il y en avait plus ailleurs ? ‘, une chose à manger Lexomil pour une poignée !

Il ne reste plus qu’à faire un petit tour chez tes potes pour voir qui est libre (c’est-à-dire que la décision de sortir est déjà prise…), pour déterminer qui va (on va se gaver !) et qui va rester coincé sur le canapé par paresse ou à cause d’engagements pris au préalable « bien sûr chérie, tu peux sortir avec tes amis le mardi 22 ! « .

Ne prenez jamais ce type d’engagement plus de trois jours, au moins de début décembre à fin avril ! Tout le monde le sait, c’est écrit en minuscule dans la notice des fixations freerando ! Le plus important reste d’avoir au moins un ami conscient qui n’a pas manqué d’y prêter attention, comme dans les fameuses micro-lignes des contrats d’assurance : « sauf s’il pleut beaucoup ! » »

Toujours magique, voire mystique !

La nuit est tombée sur nous depuis longtemps, donc on peut prendre un peu de temps, mais seulement après avoir chaussé, principe de précaution. Pour l’instant, on part au plus vite, on court au plus vite, on se change sur le parking : on se fige, mais on sourit, on sourit bêtement, car il n’y a rien de plus joyeux que d’échapper à la civilisation (du moins ses limites), s’évader en forêt, gavé sous la neige, une nuit ajoutant les notions d’aventure et de transgression, augmentait aussi le risque.

Bien sûr, nous avons choisi l’endroit le plus efficace et le plus sûr. Nous ne sommes pas là pour le paysage car il fait sombre. Cela signifie aussi que malgré de forts fronts, on ne peut pas surveiller les pentes amont, les cumuls que l’on remarquerait en plein jour, le vent sur les dorsales qui signalerait un risque imminent… Il faut être très vigilant, on va donc viser une endroit bien connu où avant tout, on connaît bien le chemin et les embûches. On évite les secteurs de gare et les voies d’entrée : la moindre apparition d’une dameuse oblige à s’éloigner (très) loin de lui, en respectant son travail, mais surtout en évitant la corde du treuil, un piège délicat. Le reste on choisit comme d’habitude, plutôt en forêt, s’il neige, plus haut, si la nuit est claire et que les conditions d’enneigement le permettent. De toute façon, on vise a priori là où la neige sera la meilleure, c’est le but, non ?

Une vue nocturne de Grenoble dont seuls les plus motivés peuvent se targuer

Les premiers pas en montée sont toujours surprenants. Quelques minutes suffisent pour calmer votre cœur, accélérer votre rythme et vous fondre dans cette atmosphère incomparable. Les flocons de neige adorent la lumière des frontales, les cristaux scintillent, les branches chargées d’éclat blanc comme des guirlandes municipales à cette période de l’année, des ombres inquiétantes peuplent les bords du chemin… Au loin, les lumières de la ville (ou pas) sont orangées, chaudes, apaisant, mais ici et maintenant, le froid vif et les lumières blanches froides font partie du plaisir. L’immobilité de la nuit est doublée du silence de la neige qui tombe : le rythme feutré des peaux glissant le long de la piste laisse vagabonder les pensées. En montant, nous aimons souvent éteindre les lampes au clair de lune, ou en laisser doucement une seule pour le groupe. Les yeux s’habituent à l’obscurité, qui n’est jamais parfaite, on découvre le décor avec des ombres différentes, de nouveaux reliefs.

Les langues se détendent généralement à l’approche du sommet. On commence à anticiper l’action, planifier la descente, identifier les conditions d’enneigement, la visibilité. On se rend compte qu’on a froid, et celui qui a apporté un thermos avec du thé chaud redevient le meilleur ami de tout le monde… On range vite les peaux, on sort les gros fronts, les plus forts, les masques avec un écran clair et là, quand tout le monde est prêt, le plus dur est de ne pas se précipiter. Plus qu’en journée, penser aux retrouvailles et les organiser est primordial pour que chacun s’amuse en toute sécurité. On ne se fera pas piquer à la première trace, on a toute la nuit, rien ne presse. Non seulement il est plus sûr, comme d’habitude, de descendre un par un, de regarder glisser un ami, voire de lui donner un peu de lumière pour révéler les bas-reliefs, mais aussi de voir les courbes dessinées par les phares dans l’obscurité est un atout précieux. monument. Parce qu’en forêt, quand on s’excite un peu à aller un peu trop loin, on s’arrête, on fait demi-tour : on est seul en silence, les genoux dans la poudreuse. Juste le temps de se demander où sont vos amis. Et soudain, la lueur devient légère, se déplaçant à travers les arbres à une vitesse apparemment déraisonnable. Le curseur ne fait aucun bruit. Un ami passe et se connecte, puis disparaît. Nous sommes à nouveau dans le noir. C’est magique, mystique même…

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