Sur Netflix, Prime, Disney+… 22 séries de 2022 ne seront pas…

Rédactrice passionnée depuis plus de de 15 ans. Sara vous trouve les dernières infos

Elles arrivent chaque semaine sur Netflix, Disney+, Prime Video, OCS, Canal+… Et, à moins de « binger » de manière ultra consciencieuse, impossible de tout voir dans l’offre gigantesque de séries. « L’Obs » vous propose sa sélection des 22 séries incontournables de 2022.

« Severance » (Apple TV +)

Série réalisée et produite par Ben Stiller et créée par Dan Erickson. Avec Adam Scott, Christopher Walken, Patricia Arquette, Zach Cherry, John Turturro, Britt Lower. Voir l’article : Crédit à la consommation : pourquoi séduit-il de plus en plus les seniors ?. Neuf épisodes. Disponible sur Apple TV+.

Ben Stiller, l’homme qui a incarné le flic douteux Starsky au cinéma, un gardien de musée face aux dinosaures dans la trilogie « Night at the Museum », et le fils écrasé de Robert De Niro dans « Mon beau-père et moi », avec une mise en scène brillante. six des neuf épisodes de « Severance ». Après un lent baptême derrière la caméra (« Zoolander »), l’acteur avait révélé un certain talent de producteur de cinéma avec son film de guerre délirant « Tonnerre sous les tropiques » ou sa fresque romantique « La vie rêvée de Walter Mitty ». Cette fois, nous sommes sans voix car le résultat est spectaculaire.

Le premier scénario, imaginé par le showrunner Dan Erickson, constitue le réquisitoire le plus violent du monde du travail que l’on ait vu depuis « The Imprecator » en 1977, un conte glaçant dans lequel Michel Piccoli, leader amer et méphistophélique, poussait ses employés à la limite depuis son bureau de la tour Montparnasse. Cette fois, la société Lumon Industries propose à certains salariés une coupure, l’implantation d’une puce électronique qui permet de séparer leur personnalité en deux entités mutuellement imperméables. D’une part, l’individu dans son lieu de travail ; de l’autre l’outsider avec sa vie amoureuse, sa vie de famille… Sur place, les employés sont extrêmement efficaces ; une fois à l’extérieur, ils ne ramènent pas leurs soucis de travail à la maison. Gagnant-gagnant, comme disent les DRH du monde entier.

La série marche donc dans les pas de Mark (Adam Scott) qui remplace N+1 et son meilleur ami, viré du jour au lendemain. Devenu patron, il souhaite accueillir Helly, une femme aussi insoumise que docile, qui vient de faire une fausse couche, à son service.

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« Outer Range » (Prime Video)

Série de Brian Watkins. Avec Josh Brolin, Lili Taylor, Tom Pelphrey, Lewis Pullman. Huit épisodes. Disponible sur Prime Vidéo.

Son nom est moins connu de ce côté-ci de l’Atlantique car il ne vient pas d’Hollywood mais du théâtre. Brian Watkins est un jeune dramaturge du prestigieux conservatoire de la Juilliard School de New York dont les pièces ont remporté des prix, des critiques élogieuses et des performances sur les scènes anglo-saxonnes. C’est avec ce CV loin des standards habituels des créateurs de séries que ce trentenaire a réussi à convaincre le studio Prime Video, filiale du groupe Amazon, de lancer « Outer Range », une sorte de western métaphysique.

Dans le rôle principal, Josh Brolin, un acteur habitué à jouer les durs avec les frères Coen ou pour la franchise Marvel, incarne un fermier qui découvre un trou inexplicable au bout de son immense domaine du Wyoming. Le patriarche de cette famille endettée commence à douter de sa réalité et de sa foi, tandis que les propriétaires d’un ranch concurrent s’apprêtent à acquérir une partie de ses terres. Trous dans le sol, trou de mémoire… il fallait oser infiltrer Samuel Beckett en territoire cow-boy.

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« Ovni(s) », saison 2 (Canal+)

Série de Clémence Dargent et Martin Douaire. Avec Melvil Poupaud, Géraldine Pailhas, Michel Vuillermoz, Daphné Patakia, Quentin Dolmaire, Alice Taglioni. Saison 2, douze épisodes. Disponible sur MyCanal.

Le 11 janvier 2021, un étrange phénomène s’est produit lors de la diffusion du premier épisode d' »Ovni(s) » sur Canal+. De tous les génériques en musique électro et images d’archives broyées, on a quitté le registre plan de la série française pour entrer dans un délire orchestré par les mains d’un maître. Son sujet ? L’épopée du Gepan, le Groupe d’étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés créé en 1977 à Toulouse. C’est-à-dire, à l’écran, une bande d’amitié avec laquelle Didier Mathure, ingénieur qui a conçu une fusée qui vient d’exploser en plein vol, se retrouve couvert.

Pour la deuxième saison, encore plus réussie que la première, Melvil Poupaud retrouve ce rôle d’homme rationnel vaincu par la fièvre contractée par des gens qui ont vu des phénomènes inexpliqués. Dans la France particulièrement cinématographique de la région de Giscard – les décors sont somptueux -, l’acteur fétiche de feu Raoul Ruiz, qui a travaillé pour Eric Rohmer, Arnaud Desplechin ou François Ozon, se régale comme jamais, réuni cette saison par Alice Taglioni. . Avec lui, le réalisateur Antony Cordier et les scénaristes Clémence Dargent et Martin Douaire renouvellent le genre délicat de la comédie poétique, pour ne pas dire surréaliste, et font oublier la toute-puissance américaine de « Stranger Things ». Il prouve par le passé qu’il n’y a pas besoin de monstres ou d’effets spéciaux quand on sait cultiver le mystère.

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« Andor » (Disney +)

Série créée par Tony Gilroy. Avec Diego Luna, Kyle Soller, Geneviève O’Reilly. Douze épisodes. Disponible sur Disney+.

En se plaçant dès les premières minutes sous le patronage de « Blade Runner » – la nuit, un homme se promène dans une ville futuriste lugubre sous la pluie – la nouvelle création issue de l’univers « Star Wars » envoie le premier message aux spectateurs et aux Ventilateurs. Prenez cette nouvelle principauté d' »Andor » au sérieux et, dans la cosmogonie créée par George Lucas, associez-la aux brillants westerns spaghetti de « The Mandalorian » et « The Book of Boba Fett » plutôt qu’au récent et sinueux « Obi-Wan Kenobi ». « . « . Pour cette série, Disney+ a choisi d’inverser l’univers manichéen auquel des décennies de batailles interstellaires sont habituées. En quelques mots, le bas plutôt que le ciel, des personnages secondaires plutôt que des chevaliers Jedi, des planètes méconnues des profanes plus que les sables de Tatooine…

On y découvre un anti-héros (Diego Luna) dépassé par les événements, un pilleur d’épaves qui tue presque malgré lui deux auxiliaires de l’Empire et cherche à échapper aux conséquences de son geste. Le décor vaut le détour, on déambule dans les ruelles d’une ville industrielle aux très forts accents steampunk, dans une belle vallée verdoyante qu’on jurerait échappée d’Ecosse, dans un appartement et galerie d’art à Coruscant, la capitale luxueuse de cette galaxie, ou dans des couloirs immaculés et angoissants où les cadres de l’Empire se tirent une balle dans la jambe.

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« Borgen, le pouvoir et la gloire », saison 4 (Netflix)

Série créée par Adam Price. Avec Sidse Babett Knudsen, Birgitte Hjort Sørensen. Saison 4, huit épisodes. Disponible sur Netflix.

Entre 2010 et 2013, les trois saisons de « Borgen » diffusées sur Arte avaient marqué les esprits. Et on pensait que la série était rangée sur une belle étagère en bois de hêtre scandinave au rayon série c’est allé trop vite. Netflix et la chaîne danoise DR1 ont pris tout le monde de court en sortant la quatrième saison, neuf ans après la précédente.

Le génial showrunner Adam Price choisit dès les premières minutes du premier épisode de décentraliser l’intrigue en la transportant au bout du monde, sur les terres du Groenland, propriété du Danemark. Loin du ballet des limousines et du bruit qui annonce des messages menaçants, on voit des pêcheurs découper patiemment l’immense cadavre d’une baleine sur la glace. La moitié des épisodes se déroulera dans cette zone où de gigantesques gisements de pétrole sont découverts, entraînant une succession exponentielle de crises.

Quant à Birgitte Nyborg, elle continue de contempler avec amour le siège du gouvernement danois, « sa deuxième maison ». On la retrouve là comme elle le souhaitait dans la peau d’une ministre des Affaires étrangères, rejetant son aide de camp dans l’ascenseur qui mène à son bureau. En voyant son visage chiffonné, le spectateur comprend qu’elle a changé. Son pays aussi.

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« Le Flambeau : les aventuriers de Chupacabra » (Canal+)

Série de Jonathan Cohen et Jérémie Galan. Avec Jonathan Cohen, Jérôme Commandant. Neuf épisodes. Disponible sur MyCanal.

Ils ont remis une pièce à la banque. Marc (Jonathan Cohen), le héros de « The Flame », parodie amusante d’une télé-réalité pendant laquelle il cherchait l’amour, scrappe cette fois avec une dizaine de candidats sur une île déserte pour les besoins de survie de « Koh-Lanta » jeu de styles. Si l’on retrouve bon nombre d’invités de la saison précédente, notamment Ana Girardot en candidate trop parfaite, Géraldine Nakache en policier gay sur la défensive et Leïla Bekhti en psychopathe, la formule prend plus de mal au début. Ici, l’humour repose moins sur la relation tordue entre le célibataire et ses conquêtes que sur une comédie de situation plus lourde.

Certes, Jonathan Cohen joue l’idiot pas comme les autres, mais son personnage de narrateur proche de l’assiette, mené pendant quelques années dans le programme court « Serge le Mytho », finit parfois par lasser. Pourtant, c’est quand les délires des auteurs vont le plus loin ou sont les plus cruels – un enfant ballon, un conspirateur, un « conférencier de cirque » du Périgord sont candidats – que « le Flambeau » vise bien Alcoolisme, antisémitisme, homosexualité, culture plouc… De nombreux tabous passent allègrement dans le broyeur tandis que la série sombre de plus en plus dans l’absurde, avant une ultime apothéose. Il est assez rare que la télévision salue en riant de ses propres défauts pour ne pas saluer le geste. Ce cocktail délirant se boit par le bas, on attend avec impatience la saison 3.

« The Old Man » (Disney +)

Série créée par Jonathan E. Steinberg et Robert Levine. Avec Jeff Bridges, John Lithgow, Amy Brenneman, Alia Shawkat, Hiam Abbass. Sept épisodes. Disponible sur Disney+.

Littéralement revenu de la mort après de graves problèmes de santé, l’acteur Jeff Bridges revient à l’écran avec un rôle particulièrement physique. Il incarne un vieil agent secret hanté par son passé et contraint de renoncer à sa vie rangée pour se sauver lui et sa fille. Particulièrement crédible dans le rôle d’un muet comme d’un badass violent, la star de « The Big Lebowski » excelle dans cette série qui se distingue par la rigueur de sa réalisation, la beauté de ses images et ses gros moyens. On attend déjà la suite avec impatience.

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« Oussekine » (Disney +)

Série d’Antoine Chevrollier. Avec Sayyid El Alami, Hiam Abbass, Malek Lamraoui, Tewfik Jallab, Mouna Soualem, Kad Merad, Olivier Gourmet. Quatre épisodes. Disponible sur Disney+.

C’est une série importante car elle éclaire sans cesse une partie méconnue de l’histoire récente. En consacrant quatre épisodes à l’affaire Malik Oussekine, étudiant battu à mort par la police dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, Antoine Chevrollier, réalisateur aguerri de nombreux épisodes du « Bureau des légendes » et du « Baron noir », crée un objet du jamais vu à la télévision française. Fiction à la précision documentaire qui plonge le spectateur au cœur d’une famille touchée par un drame qui secoue également le gouvernement de Jacques Chirac, alors Premier ministre de la cohabitation de François Mitterrand. Grâce à l’interprétation magistrale des acteurs, des plans longs et des dialogues poignants, le créateur montre la réaction en chaîne déclenchée par cette violence menée par les forces de l’ordre : battage médiatique, manipulation politique, mensonges de la police, justice inefficace…

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« En thérapie », saison 2 (Arte)

Série d’Olivier Nakache et Eric Toledano. Avec Frédéric Pierrot, Charlotte Gainsbourg, Jacques Weber, Suzanne Lindon, Aliocha Delmotte, Eye Haïdara. Saison 2, trente-cinq épisodes. Disponible sur Arte.tv.

« Je crois que je suis brûlé… » Cette phrase éminemment contemporaine est prononcée par un jeune espiègle. Robin fait partie des nouveaux patients du Dr Dayan (Frédéric Pierrot, la petite préférée du Français), aux côtés d’Alain, le PDG au bord de la dépression nerveuse, de Lydia, une étudiante adulte au secret, d’Inès, avocate ivre . travail Pour la deuxième saison d' »In Therapy », Olivier Nakache et Eric Toledano ont décidé d’appuyer un peu plus sur le plâtre. Ces personnages ne subissent plus l’onde de choc des attentats de 2015 mais peut-être des traumatismes plus profonds : harcèlement, maladie, séparation, adultère…

Le petit audacieux n’a pas l’air grand non plus. Divorcé, il vit désormais en banlieue parisienne et est poursuivi par la famille d’un ancien malade. Si rien d’autre n’affecte ses capacités d’écoute pendant la séance, lui aussi semble être sur le point de s’effondrer. Heureusement, il se tourne vers une nouvelle superviseure (Charlotte Gainsbourg) qui consulte tous les vendredis. Malgré un total de 35 épisodes, l’effet addictif de la série fonctionne à nouveau pleinement. On a surtout plaisir à voir comment les nouveaux réalisateurs, Emmanuelle Bercot, Arnaud Desplechin, Agnès Jaoui et Emmanuel Finkiel, l’approfondissent chacun à leur manière : les blessures fondamentales, le rapport à la naissance et à la mort.

Dès lors, Jacques Weber, en revanche de peur et de pitié en tant que patron sollicité par les médias, y trouvera peut-être l’un de ses meilleurs rôles et on n’a jamais vu Charlotte Gainsbourg aussi précisément. On s’amuse aussi à voir le Dr Dayan jongler avec ses aspects, tour à tour un médecin guidant ses patients et un quinquagénaire tout aussi paumé qu’eux lorsqu’il s’agit de découvrir ce qui ne va pas chez lui. Succès total.

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« Only Murders in The Building », saison 2 (Disney +)

Série de Steve Martin et John Hoffman. Avec Martin Short, Selena Gomez, Steve Martin. Saison 2, dix épisodes. Disponible sur Disney+.

Agatha Christie aurait sans doute adoré cette histoire de voisins meurtriers qui s’attardent sur l’arsenic et la naphtaline. On y retrouve les recettes de certains de ses meilleurs romans : unité de lieu (un énorme building à New York), galerie de suspects composée de voisins amis tous avec un pet dans le casque, meurtres inexpliqués, dialogues tordus et pince-sans-rire compétitif. humour Cependant, cette série est aussi résolument moderne puisque, dans la première comme dans la deuxième saison, les personnages accusés à tort du crime mènent leur propre enquête sous forme de… podcast.

Le groupe de trois mérite d’être regardé : un acteur d’une série policière de retour des années 1990 (Steve Martin), un dramaturge hystérique (Martin Short) et une jeune artiste oisive (Selena Gomez). Autrement dit, deux nerds plus flamboyants qu’on aurait pu le croire et un aspirant qui, à travers une partie géante de Cluedo, fait preuve d’une alchimie étonnante.

Cette saison, ils se lâchent de plus en plus alors qu’ils se retrouvent nez à nez avec un mystérieux assassin qui, après avoir tué l’irascible gérant du syndic de l’immeuble, s’en prend directement à eux. Savourez avec grand plaisir ce petit bijou qui restitue parfaitement le grain fou de New York qui n’est pas encore complètement détruit par la gentrification : héritiers sans le sou, vieux excentriques, flics fous, arnaqueurs de haute volée.. En cette rentrée, on n’a pas vu quelque chose d’aussi amusant.

« The Bear » (Disney +)

Série de Christopher Storer. Avec Jeremy Allen White, Ayo Edebiri, Ebon Moss-Bachrach. Huit épisodes. Disponible sur Disney+.

Yeux bleus translucides, visage angélique et talent fou en cuisine. Elle est Carmen, le nouveau personnage préféré du showbiz américain, et il est difficile de prouver que ses fans ont tort. Dans la première saison de huit épisodes, « The Bear » impose un nouveau genre de fiction : celui de l’immersion dans un lieu de restauration, en l’occurrence une sandwicherie italienne à Chicago. A bon escient, le scénario fait reposer le sort de l’établissement sur les épaules de la jeune Carmen, chef de renom tout droit sorti d’un restaurant étoilé new-yorkais, a repris l’affaire de son frère après son suicide. Puis il doit s’adapter à un autre type de cuisine, à une brigade d’armes brisées, à un nouvel aide de camp ambitieux, à un cousin ingérable, au rythme infernal qu’exigent la production de plats de qualité et l’épée de Damoclès. peser. sur de nombreux restaurants : les dettes contractées pour ouvrir le lieu.

Nous n’avons jamais vu les coulisses d’une excellente cuisine représentée avec autant de précision ou jamais vu une telle faim en regardant la télévision. Outre l’acteur principal (Jeremy Allen White), dont le talent brille sur scène et qu’Hollywood ne tarde pas à offrir de grands rôles au cinéma, les personnages secondaires sont tout aussi complets et attachants – du pâtissier obsédé par son créations la chef refuse de changer ses habitudes. Cette familiarité servie par un montage vivant – on pense au film « Uncut Gems », des frères Safdie (2019), avec Adam Sandler – laisse échapper une déception plus profonde.

Car le sujet est autant l’avenir incertain du restaurant et de son chef qu’une tentative de réponse à cette question épineuse : jusqu’où peut-on mener un boulot infernal et pourquoi se suicider au point de mettre en danger sa santé mentale ? Enfin, le spectateur prendra également plaisir à découvrir la ville de Chicago, souvent oubliée par l’industrie cinématographique au profit de New York et de Los Angeles, à laquelle elle offre un parfait contrepoint : moins riche et prétentieuse, plus fraîche et travailleuse.

« Tokyo Vice » (Canal+)

Série créée et écrite par J. T. Rogers. Réalisé par Michael Mann, Josef Kubota Wladyka, Hikari et Alan Poul. Avec Ansel Elgort, Ken Watanabe, Rachel Keller. Huit épisodes. Disponible sur MyCanal.

Il y a certaines portes qu’il ne faut pas ouvrir, et encore moins dans un pays qui aime les fermer à double tour. C’est l’une des leçons apprises par Samantha Porter (Rachel Keller) et Jake Adelstein (Ansel Elgort), les protagonistes occidentaux de « Tokyo Vice », qui se sont installés dans la mégalopole japonaise à la fin des années 90. -d’abord elle est hôtesse dans un club. dans le quartier chaud de Tokyo, tandis que le second, reporter, réussit l’exploit d’être embauché dans un journal local.

Si ces turpitudes sonnent si justes, c’est parce que ce dernier les a vécues pour de vrai : en 1993, Jake Adelstein est le premier journaliste non japonais à rejoindre la rédaction du grand quotidien « Yomiuri Shimbun ». Il y est resté douze ans, faisant la chronique de petits crimes de rue ainsi que d’épisodes sanglants du crime organisé. De ses investigations, il a tiré un livre, que le dramaturge J. T. Rogers a brillamment adapté pour HBO. Malgré la compagnie de Michael Mann, cinéaste émérite de « Heat », « Ali » ou « Collateral » et producteur à la télévision de la série mythique « Miami Vice » (le maître réalise également le premier épisode), cet homme du nouveau théâtre -yorkais a relevé le difficile défi de donner du relief et de la densité à cette plongée immersive au royaume des yakuza.

J. T. Rogers, créateur de « Tokyo Vice » : « Je pourrais comprendre le yakuza sans excuses »

« Winning Time : The Rise of The Lakers Dynasty » (OCS)

Série créée par Max Borenstein et Jim Hecht et produite par Adam McKay. Avec John C. Reilly, Quincy Isaiah, Solomon Hughes, Jason Clarke, Sally Field, Adrien Brody, Jason Segel. Dix épisodes. Disponible sur OCS.

Avec son film « Don’t Look Up », le réalisateur Adam McKay a mis le monde au défi de regarder vers le ciel et l’apocalypse climatique à venir. Avec « Winning Time », il nous propose de regarder des stars moins anxieuses, une constellation formée en 1980 par un petit groupe d’athlètes qui a poussé le basket au rang de divertissement de masse et de business rentable : l’équipe Los Lakers. Anges. Certains de ses prédécesseurs, comme le meneur de jeu Magic Johnson ou son partenaire Kareem Abdul-Jabbar, féru de politique, de philosophie et de jazz, sont entrés dans l’histoire, bien au-delà du premier cercle des connaisseurs de bonne discipline. .

Déclaré passionné, Adam McKay mûrissait depuis longtemps cette fresque sportive. Il n’était pas le seul : son acteur fétiche Will Ferrell (six films réunis), lui aussi fou de basket, a très mal pris de découvrir dans la presse que le rôle principal de « Winning Time », un temps consacré à Michael Shannon, enfin est revenu à son meilleur ami, l’acteur John C. Reilly, un autre ami de longue date d’Adam McKay.

Pour que cette équipe devienne le plus gros show de Los Angeles malgré la concurrence écrasée d’Hollywood, Jerry Buss, fantasque et charismatique propriétaire des Lakers et windrunner pour la première fois, va rencontrer des millions de dettes, frayer avec la mafia de las vegas, mentir, corrompre. , pour séduire sans limites ses interlocuteurs. D’abord, le titulaire dont il hérite, Magic Johnson (joué par Quincy Isaiah), à qui il confie les clés du jeu à la place de la star de la maison Abdul-Jabbar.

Bien que les acteurs touchent leur balle sur le terrain, il sera moins question de sport que de psychologie, notamment celle des foules, dans « Winning Time ». Comment faire des basketteurs noirs les idoles d’un pays raciste ? Comment convaincre les stars d’Hollywood de venir s’asseoir au premier rang du stade ? Comment faire en sorte que les téléspectateurs dépensent le plus d’argent possible ?

« Winning Time », le haut du panier

« Mister 8 » (Canal+)

Série de Teemu Nikki. Avec Pekka Strang, Krista Kosonen. Huit épisodes. Disponible sur MyCanal.

Récompensée l’an dernier au festival CanneSéries, la création finlandaise « Mister 8 » bat bon nombre de blockbusters occidentaux avec une recette artisanale sans pareille. D’abord, son scénario particulièrement astucieux : alors qu’une escorte vient de l’asseoir au restaurant, un homme solitaire d’une quarantaine d’années rencontre une jolie jeune femme. Ils passent la nuit ensemble et tombent immédiatement amoureux l’un de l’autre. Seule Maria (Krista Kosonen), aussi belle que riche, organise sa vie en consacrant chaque jour de la semaine à un amant différent. Dès lors, le soi-disant Juho, incarné par Pekka Strang, fait face à un gros problème : il est le huitième homme et il doit trouver sa place s’il veut revoir et séduire Maria.

Outre son image en noir et blanc qui le démarque de la concurrence, le succès de « Mister 8 » repose sur un casting d’acteurs finlandais inconnus dans notre région. Chacun d’eux incarne une vision de la masculinité moderne – le sportif, le poète, l’humoriste, le papa poule, le chasseur… Le résultat est une étonnante comédie de situation, séparée par l’humour froid et la nonchalance poétique comme au cinéma. du grand Aki Kaurismäki les a enseignés au reste du monde. Car aussi amusant soit-il, ce thriller polyamoureux est bel et bien l’épreuve des romances modernes, le dernier avatar d’une société de consommation fondée sur l’insatisfaction permanente. Et cela crée une question morale qui n’aurait pas été rejetée par les films noirs dont il s’inspire également : faut-il éliminer chacun de nos concurrents ou convaincre la femme fatale de l’authenticité de son amour ? Comme le héros Billy Wilder, le brave Juho n’a que l’embarras du choix. En revanche, le spectateur apprécie.

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« Stranger Things », saison 4 (Netflix)

Série de Matt et Ross Duffer. Avec Winona Ryder, David Harbour, Millie Bobby Brown. Neuf épisodes. Disponible sur Netflix.

L’attente en valait la peine : trois ans après la lenteur de la troisième saison, « Stranger Things » nous revient plus fringant. Avec une différence importante : les épisodes de ce quatrième millésime sont plus longs, moins frénétiques et plus léchés. Dès que les frères Duffer prennent le temps de laisser place à leurs personnages, la ville d’Hawkins et leur passion entomologique des années 1980, le charme opère à nouveau. Cette fois, ce n’est plus autour de la personnalité d’Onze, l’étrange fille douée de super pouvoirs, dont l’intrigue est liée mais au groupe d’adolescents confrontés à la disparition d’un élève de leur lycée. Eddie, un de leurs amis, est soupçonné d’en être la cause. Il présente, il est vrai, les pires stigmates de cette époque : il joue à « Donjons et Dragons », cultive une vision de hard-rocker et d’homme d’affaires.

C’est en tentant de prouver son innocence que le héros va rencontrer une menace bien plus terrifiante, liée au « monde souterrain », cette dimension parallèle surnaturelle d’où émergent les créatures qui ont affronté du passé. Seulement, plus la série vire vers le côté cinéma d’horreur des années Reagan, plus ses effets deviennent spécieux et moins elle est appétissante. Comme pris dans une boucle temporelle, les showrunners mettent tout en valeur au feutre néon. Et diluer ce qui fait la singularité de leur série, dans le but de jouer avec les clichés des autres.

« Pure » (Arte)

Série d’Aneil Karia et Alicia MacDonald. Avec Charly Clive, Joe Cole, Niamh Algar. Six épisodes. Disponible sur Arte.tv.

C’est une maladie méconnue, un trouble obsessionnel-compulsif qui interrompt les pensées du patient par un flot d’images érotiques ou pornographiques. En racontant comment une jeune femme qui arrive à Londres fait face à cette souillure, la série dresse un portrait amusant de jeunes Anglais essayant de ne pas se noyer sous les injonctions de la vie moderne (prendre un travail, sortir, boire, rencontrer quelqu’un personne… ). L’actrice Charly Clive qui joue Marnie est une révélation.

« Chair tendre » (France Télévisions)

Série de Yaël Langmann. Avec Angèle Metzger, Saul Benchetrit, Daphné Bürki, Grégoire Colin. Dix épisodes. Disponible sur France.tv Slash.

En l’espace d’une saison de dix courts épisodes, cette série diffusée sur France 5 et disponible sur France.tv Slash aura réduit la critique nauséabonde du genre et de la sexualité des jeunes à ce qu’elles sont : des croquettes totalement déconnectées de la réalité. de ce que vivent les personnes concernées. Il suffit d’observer Sasha, une jeune femme qui arrive en dernière année d’un nouveau lycée des Landes, pour comprendre à quel point il est difficile de se faire accepter par la société quand on ne rentre pas exactement dans les cases prévues à cet effet. Ni tout à fait une fille ni tout à fait un garçon, Sasha est intersexuée, comme le devraient représenter jusqu’à 2% de la population mondiale.

Outre les difficultés habituelles liées à l’adolescence et à la découverte de sa sexualité, elle doit imposer son identité à ses parents (incarnés par Grégoire Colin et Daphné Bürki) et sa petite soeur jalouse, tout en la cachant des cliques lycéennes qui se disputent. arrivée des nouvelles. Bien qu’avançant sur une ligne périlleuse, entre dossier pédagogique et plongée ultra-réaliste dans l’univers des ados, la série trouve son souffle. En grande partie grâce au jeu impeccable de l’actrice principale, Angèle Metzger, qui, en quelques mots et gestes, impose une présence aussi intense qu’inquiétante. A ce titre, son monologue dans le dernier épisode de la saison mériterait d’être diffusé au plus grand nombre et particulièrement dans les collèges et lycées, lieux privilégiés de la domination minoritaire par une majorité qui découvre son pouvoir de nuisance.

« Miskina, la pauvre » (Prime Video)

Séries de Melha Bedia, Xavier Lacaille et Yoann Gromb. Avec Melha Bedia, Shirine Boutella, Hakim Jemili, Victor Belmondo. Huit épisodes. Disponible sur Prime Vidéo.

Oubliez la Terre du Milieu, les elfes chers, les hobbits et les légendes des « Anneaux de pouvoir ». Dans cette série de Melha Bedia, il est aussi question d’un royaume, certes moins spectaculaire mais bien plus conséquent : une maison de banlieue parisienne où une grand-mère austère règne sur une famille déjantée.

La mère ne veut pas entendre parler du père, qui est parti depuis longtemps ; la fille cadette, bien qu’obsédée par son travail, est sur le point de se marier ; le sympathique traiteur venu livrer les plats en profite pour s’asseoir ; la cousine flirte avec la cousine… Quant à Fara, la fille aînée de 30 ans, sans appartement, sans travail, sans petit ami, incarne le vilain petit canard de la maison. Dès son enfance, cette anti-héroïne n’arrive pas à s’imposer et tout le monde la rejette petit à petit.

Dans cette histoire fortement inspirée d’elle, Melha Bedia (la sœur de Ramzy) excelle, alternant le rôle de celle qui agite le déluge pour mieux vivre avec celui de la femme en quête de raison de vivre. Il y a bien de l’amour, mais comment exprimer son désir à son meilleur ami, si ce n’est la religion, cette carapace protectrice, ou un voyage prétexte en Algérie, le pays d’origine de sa famille ?

Dans cette série sous la direction de Xavier Lacaille (acteur également dans la série « Parlement »), le délicat équilibre entre humour et drame, celui des meilleures comédies italiennes, est habilement préservé. Ainsi, les créations françaises, de « Ovni(s) » à « Ousekine », montrent qu’elles savent encore faire preuve de délicatesse, une caractéristique que leurs homologues américains oublient souvent tant la recherche constante de l’attention du spectateur les unit autour de il. Enfin, on se souvient aussi que jamais une série n’avait pénétré aussi profondément dans la psyché maghrébine, ce qui prouvait au passage que les familles, arabes, gauloises ou extraterrestres, sont toutes pareilles : psychotiques et en quête d’amour.

Melha Bedia : « Mon frère Ramzy m’a rendu malheureuse quand j’étais au casting »

« Paris Police 1905 » (Canal+)

Une série de Fabien Nury. Avec Jérémie Laheurte, Marc Barbé, Evelyne Brochu. Six épisodes. Disponible sur MyCanal.

Il suffit de quelques clichés de « Paris Police 1905 » pour reconnaître avec plaisir le style rétro chic (mais réaliste) de la somptueuse première saison. Une galerie de bouches et d’acteurs aux petits oignons, des décors et des costumes soignés, des chapiteaux enneigés où l’on ne serait pas surpris de croiser un certain Marcel Proust, une ambiance mortifère propre à la palpitante Troisième République… Et, dans -sa branche . interstices, se faufilant comme des insectes entre bidonvilles et immeubles haussmanniens dans les quartiers chics, des policiers aussi dérangeants que violents. Dans leur tête, le célèbre préfet Lépine, extraordinairement donné par Marc Barbé, qui peine à se rendre compte que la mort du fils d’une prostituée, indirectement causée par son service de police des mœurs, va déclencher un scandale de grande ampleur. Un autre drame vient s’ajouter à cette intrigue, le suicide « apparent » d’un étranger dans une partie du Bois de Boulogne vouée aux échanges condamnés par la morale.

Malgré l’ampleur de l’entreprise, Fabien Nury, le créateur de la série, bien épaulé par les réalisateurs Julien Despaux et Frédéric Balekdjian, parvient à dépeindre avec aisance et fluidité une époque et les maladies qu’elle véhicule. Après l’antisémitisme dans la première saison, ils s’intéressent cette fois à la propagation de la syphilis, révélant entre autres le manque de soin avec lequel la société traitait les femmes. En d’autres termes, il s’agit d’explorer les ténèbres authentiques de la Belle Epoque. Une approche qui contraste avec de nombreuses séries anglo-saxonnes en costume qui, de « Marie-Antoinette » (Canal+) à « The Great » (StarzPlay), se contentent de se moquer des travers de la monarchie et des hautes familles. la société. L’oeil rivé sur les plaies de la société, « Police de Paris 1905 » prolonge à sa manière les meilleurs feuilletons littéraires du XIXe siècle. Tant que la chaîne cryptée, après qu’elle n’a pas renouvelé « Ovni(s) », l’autre brillante tête de sa gondole, prolonge cette formidable aventure.

« Rogue Heroes » (Canal+)

Série de Steven Knight. Avec Connor Swindells, Alfie Allen, Jack O’Connell, Dominic West. Six épisodes. Disponible sur MyCanal.

Son titre malhonnête peut le laisser penser, mais « Rogue Heroes », la nouvelle création du scénariste anglais Steven Knight, n’est pas la suite de « Peaky Blinders », ce chic et vintage qui l’a définitivement installé parmi les auteurs les plus en vue du moment.

Son intrigue débute pendant la Seconde Guerre mondiale et travaille une fois de plus à glamouriser une certaine idée du panache britannique. Sauf que ses personnages sont à l’image de ses gangsters underground de Birmingham les mieux habillés du dimanche : son nouveau gang est composé d’une poignée de militaires de la haute société aux manières grossières. Leur titre de gloire ? Elle a fondé et dirigé le Special Air Service (SAS), une escouade de têtes brûlées qui, par des moyens mixtes, a mené une succession de commandos sanglants sur le front nord-africain, contribuant à stopper l’avancée de Rommel vers le canal de Suez.

« Rogue Heroes », les bidasses folles

« 3615 Monique », saison 2 (OCS)

Série d’Emmanuel Poulain-Arnaud et Armand Robin. Avec Noémie Schmidt, Arthur Mazet, Paul Scarfoglio. Saison 2, dix épisodes. Disponible sur OCS.

Comment était la France dans les années 1980 ? La deuxième saison de « 3615 Monique » propose un début de réponse amusant : un pays obsédé par le sexe qui découvre la puissance des ordinateurs et l’argent facile grâce au… Minitel, ce drôle de complément téléphonique devenu indispensable puis complètement obsolète. . En racontant comment trois amis démarrent l’aventure de la télématique, la série d’Armand Robin et Emmanuel Poulain-Arnaud – réalisée, pour la 2ème saison, par Guillaume Renusson – livre une comédie entraînante qui préfigure notre société où se situent le Web et les réseaux sociaux.

« 3615 Monique », Vieux Monde Connecté

« Slow Horses », saison 2 (Apple TV +)

Série Will Smith. Avec Gary Oldman, Jack Lowden, Kristin Scott Thomas. Six épisodes. Disponible sur Apple TV+.

Certaines séries sont liées à un lieu et au personnage qui l’occupe. Cette saison encore c’est un vieux bureau qui sent la clope et l’alcool bon marché. Et de celui qui y travaille et y dort, tout aussi sale, incarné par Gary Oldman, au sommet de son art en odieux faux patron. Après une première saison réussie, « Slow Horses » nous revient avec sa bande d’espions coincés sur l’étagère, et ils font face à un nouveau danger : le réveil d’agents dormants soviétiques prêts à relancer une guerre froide sanglante.

Dès la scène d’ouverture, la longue poursuite entre deux sexagénaires dans les transports en commun réactive le plaisir que l’on éprouve à suivre ces racailles du MI5, leurs efforts pour survivre dans un monde qui croit ne plus avoir besoin d’eux. Autre plaisir, les retrouvailles avec Kristin Scott Thomas, leur redoutable et efficace patronne, incarnation d’un monde de l’intelligence devenu éminemment politique.

On ne peut qu’apprécier la peinture en quelques touches de ces personnages émouvants tirés d’une série de romans de Mick Herron exploités par le showrunner anglais Will Smith, qui prend un malin plaisir à montrer que, dans un espace saturé de données et de surveillance avec -vidéo , rien. battre l’expérience dans le domaine, la ruse et le flair. D’autant plus lorsque la menace d’un nouveau 11 septembre se profile à l’horizon et force Gary Oldman et son équipe de bras cassés à sortir du placard où ils sont enfermés depuis bien trop longtemps.