Témoignage Hypersensibilité : 10 signes inexpliqués (presque…

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Si l’hypersensibilité se manifeste de plusieurs manières, selon qu’elle est émotionnelle, sensorielle ou cognitive, elle se caractérise par des caractéristiques communes. Le psychiatre Nicolas Neveux* nous les décrypte et des personnes très sensibles nous en parlent.

1. Des sens archidéveloppés

Un parfum léger, agréable pour les autres, deviendra enivrant pour les plus sensibles. Il trouve souvent la lumière trop vive et même la musique peut le déranger. Pire, le bruit de la bouche de son voisin le poussera à tuer… « Je ne peux pas déjeuner avec ma famille. La seule chose qui me fait peur, c’est quand je vois mon mari avaler son café. Je ne supporte pas qu’on morde au cinéma ! Alors je n’y vais plus », se plaint Lise. Lire aussi : Hébergement d’urgence : « Maman, c’est sûr qu’on dormira dehors ce soir ». Les HSP sont souvent misophones à des degrés divers. De la même manière, ils peuvent être irrités par le contact du sticker avec la peau. C’est l’hyperesthésie : certaines sensations, tactiles ou thermiques, se transforment en douleur. Tout cela peut favoriser des troubles comme les phobies – l’impossibilité d’aller à une soirée où il y a trop de monde… – ou les crises de panique, très fréquentes chez les HSP.

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2. Une empathie XXL

Les HSP font preuve d’une grande empathie, à outrance, ce qui suffit à dérouter leurs proches. Pleurer à la perte d’un animal est une réaction appropriée, mais pas lorsqu’un ami arrive avec dix minutes de retard… « Mes amis et ma famille rient parce que je peux sortir de la cuisine quand la carotte est coupée ! dit Nadia. Ce renforcement des émotions entrave le mécanisme de rationalisation qui permettrait la distanciation. En conséquence, ils peuvent perdre tous les fonds.

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3. Des ruminations encombrantes

« Je devrais », « je devrais »… Les personnes très sensibles « se tiennent la tête » et réfléchissent plus que les autres. Souvent, ce sont ces ruminations qui les empêchent de faire la distinction entre ce qui compte vraiment pour eux (maladie d’un proche, véritable trahison) et une blague un peu déplacée ou un faux mot. « Je ne sais pas comment évacuer », avoue Sophie. « Il n’a pas », « Il n’a pas vu », « il a dit ça »… Je n’arrive pas à m’en sortir et je peux passer des mois à réfléchir à mes problèmes et trouver mille raisons… d’être droit. Lorsque les HSP « grincent » dans leur tête, ils pensent qu’ils réfléchissent, mais en réalité, cette concentration sur une préoccupation ne fait que réduire l’espace pour d’autres pensées qui leur causeraient de la douleur, une source d’anxiété réelle pour eux.

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4. Une difficulté à dire non

« Il m’est arrivé d’accepter deux invitations à dîner le même soir », avoue Solal. Je n’ai jamais su dire non. J’ai toujours peur que l’autre le prenne mal ou que ça lui fasse du mal, et puis je ne pense pas à la situation dans laquelle je me mets. Parfois j’ai l’impression de me cacher dans un trou de souris. Pour les personnes hypersensibles, c’est la dernière intention (l’émotion) qui compte. En effet, il peut jurer de bonne foi qu’il sera là pour aider un ami à déménager, puis déclarer le jour J qu’un collègue lui a demandé la veille de prendre en charge un dossier pour lui. Et bien sûr, il a dit oui… aussi. Dans ce cas, il est difficile de compter sur lui. Le dernier sentiment (d’un collègue en difficulté) a tout balayé sur son passage et l’a empêché de clarifier ses priorités. Pour les mêmes raisons, il peut aussi avoir beaucoup de mal à prendre des décisions autrement que sur un coup de tête.

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5. Une irrésistible impulsivité

Les HSP démarrent souvent très vite et sont capables de passer très vite à l’action dans un moment d’excitation… « Je passe des jours ou des mois à réfléchir entre deux solutions, et puis soudain je me fais piquer par une mouche et je prends un troisième chemin qui soudain me paraît évident moi, décrit André. Il est souvent trop tard, je me rends compte que j’ai réagi de manière excessive sur le champ. J’ai soudain développé une réputation d’instabilité, tant au travail que dans l’intimité, qui me hante. Le problème, c’est de parler trop vite et de prendre des décisions, mais pour les HSP, c’est une façon de « lâcher prise » : ils doivent lâcher prise sur le trop-plein d’émotions qu’ils ressentent sur le moment. Le soulagement immédiat leur permet de ne pas avoir à vivre trop longtemps avec la peur ou l’anxiété qui est trop dérangeant pour eux, ce qui est généralement causé par le sentiment d’impuissance, ce qui peut évidemment causer des dommages dans la vie.

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6. Une susceptibilité chronique

« J’ai perdu le compte du nombre de soirées entre amis que j’ai gâchées à cause d’une pensée ou d’un indice que j’ai trop expliqué », avoue Sophie. Et dans ces cas-là, je ne descends pas, ce qui n’aide pas. En plus, j’en veux à tout le monde. À la longue, je vois que mon entourage est bouleversé. Les HSP prennent souvent « tout pour eux », comme ils disent. Un rire partagé par d’autres en leur présence, un anniversaire que nous avons oublié de fêter ou même un simple salut dans la rue resté sans réponse peuvent suffire à les offenser. Ce renforcement, toujours causé par un déséquilibre émotionnel, entraîne des réactions inappropriées telles que l’irritabilité, les reproches, le ressentiment…

7. Une réelle faculté d’observation

Les HSP scannent tout. Ils perçoivent plus d’informations de leur environnement que la moyenne. « Dès mon plus jeune âge, je me suis sentie différente, comme si j’étais parfois hors de mon corps et que je pouvais voir ce que les autres ne pouvaient pas voir. J’ai l’impression de flotter et de graver tous les petits détails », explique Gabriel. Les HSP ont vraiment plus de perceptions à gérer que s’ils étaient en alerte, d’où l’augmentation rapide du stress qui les affaiblit et très souvent un fort sentiment d’anxiété.

8. Une faible estime de soi

Problèmes relationnels, anxiété… de nombreuses personnes hypersensibles se retrouvent gênées par leur façon d’agir et de se sentir. Il n’est pas rare qu’ils remettent en question leur normalité. « Parfois, je ne sais pas qui je suis, j’ai l’impression d’être un imposteur, un lâche, un faible. Je pense que je le porte depuis que je suis gamin », avoue Christophe, qui décrit une vie chaotique faite de hauts et de bas amoureux et de problèmes relationnels. « Je m’aime et je me déteste à la fois, suis-je fou ? Ce questionnement est toujours douloureux et mine la confiance en soi, au point qu’il cristallise le mal-être qui conduit parfois à la dépression…

9. Une sociabilité facile… et compliquée

Les HSP ont une vraie qualité d’écoute, ils deviennent souvent les meilleurs amis du monde, alors on leur pardonnera beaucoup… Mais s’ils captent bien les émotions des autres, ils les confondent régulièrement avec les leurs. Ils projettent ensuite leurs besoins et leurs désirs. Ils se mettent à la place des autres dans la mesure où ils finissent par les prendre en charge, les nier en quelque sorte. Cette confusion risque de leur causer beaucoup de déception et de déception, notamment dans le domaine de l’amitié et de l’amour, où ils peuvent être très exigeants… « C’est vrai, je trouve que mes amis n’en font pas assez pour moi et certainement pas autant que je l’ai fait pour eux », insiste Stéphanie. Son mari se limite : « La barre est trop haute… »

10. Une grosse fatigue

Toutes ces émotions et interactions émotionnelles et sociales créent un besoin régulier de prendre du temps, de s’isoler ou de faire une sieste pour se ressourcer par exemple. En règle générale, les personnes hypersensibles n’ont pas un sommeil de qualité, elles sont souvent insomniaques et piégées dans des rêves intenses.

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Ils témoignent

Emmanuelle, 37 ans, chargée d’études marketing, Orléans.

« J’ai été victime de mes emportements soudains depuis tout petit, et j’en ai payé le prix fort ! L’été de notre 18e anniversaire, Sarah, ma meilleure amie, et moi avons fait un voyage en Inde après l’obtention de notre diplôme. On a prévu le budget, les visites, les hôtels… Mais une semaine avant de partir, je l’ai laissée aller surfer avec mon copain sur la côte basque… On s’est rencontré trois jours plus tôt ! Elle ne m’a jamais pardonné. Ce n’est pas la seule mouche que j’ai eue dans ma vie. Je suis imprévisible et je sais très bien que je n’inspire aucune confiance à mes proches, et j’attache une grande importance à l’amitié, à l’amour et aux valeurs d’entraide. Je ne peux pas résister au moment T et ça me donne une image très humiliante, un caractère faible, un manque de personnalité. J’ai un côté destructeur. »

Cédric, 50 ans, professeur des écoles, Annemasse.

« Ce sont les petites choses qui me font pleurer et c’est difficile à accepter quand on est un homme, peu importe ce que les gens disent. Bien sûr, j’ai entendu ça dans mon enfance : « Tu ne vas pas pleurer comme un bébé de toute façon ? » C’est vrai que je suis hypersensible à presque tout. Le simple fait que quelqu’un m’interrompe peut gâcher ma journée… Mon problème, c’est que je n’arrive pas à relativiser et je me retrouve toujours coincée dans mes émotions ! L’autre jour, il a suffi que mon ami ne se souvienne pas de m’avoir donné le livre, et je l’ai mal pris ! Il est difficile d’admettre que de tels détails sont si importants pour moi sans passer pour un cinglé. Je ne suis pas sûr de moi et manque de crédibilité, ce qui me pose des problèmes dans mon métier. Difficile de faire preuve d’autorité quand tout vous déstabilise autant. »

Maud, 24 ans, comédienne, Paris.

« Toute ma vie, j’ai essayé d’éviter les situations qui pourraient susciter trop d’émotions en moi. Trop de monde, trop de bruit, trop d’informations et maintenant j’ai l’impression de devoir reculer, disparaître. Pour pouvoir respirer, exister, j’ai souvent refusé les sorties, les contacts, j’ai raté de nombreuses opportunités de vie. Ça m’isole d’autant plus que les autres ne comprennent pas pourquoi je réagis comme je le fais. Ils pensent que je joue une diva. Je me rends compte que ma stratégie d’évitement finit par aggraver ma tristesse. Mes relations avec les autres sont trop compliquées et je dois me forcer à essayer de m’ouvrir tout en essayant de contrôler mes émotions. »

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Charlie, 62 ans, graphiste, Rouen.

« J’ai souvent dit que j’étais hypersensible, mais c’était plutôt une façon de parler. Depuis j’ai affaire à un psychiatre, car effectivement je ne supporte pas la lumière forte, je suis très sensible aux odeurs, et surtout, je n’ai pas un caractère facile à vivre… Je suis toujours très empathique dans mes relations . Je sens tout de suite qui j’ai devant moi, c’est un grand pouvoir, mais aussi une arme puissante. Et c’est vrai, je peux être féroce, mais en même temps, la moindre égratignure me donne la certitude de ne pas être assez aimé, assez écouté par mes enfants, mes amis ou la femme que j’aime. Je peux être amer, je peux dire des choses blessantes. Pourtant, je tends vers la douceur, vers la bienveillance… dont je suis capable, mais quand ce calme ne vient pas à moi, j’attends qu’il vienne des autres. Je suis aussi pleine d’admiration de la part de mes amis et de mes amours. J’aime faire des cadeaux… qui ne sont pas toujours bien accueillis car on me reproche d’être trop insistant. Je ne sais pas d’où ça vient. J’en veux à mes parents, je les critique beaucoup. Puis je me calme… et je recommence. C’est fatigant pour moi et les autres, mais je ne résiste pas à ce moment où mes émotions prennent le dessus. J’ai besoin de dormir beaucoup, d’être seul. Je sais que je suis surtout… hyper ennuyé ! Tout cela est épuisant pour les gens que j’aime, mais j’ai de la chance qu’ils m’aiment encore. »

C’est terrible quand ils me repoussent

Marianne, 40 ans, orthophoniste, Bry-sur-Marne

« Je prends tout trop à cœur, surtout ce qui ne me concerne pas ! Il faut dire que j’ai toujours agi en confesseur pour les autres, sans expliquer longuement pourquoi. Je sais maintenant qu’en raison de mon hypersensibilité, j’ai une empathie plus forte que la moyenne. Je me mets trop à la place des autres, mais surtout je ne reste pas dans la mienne. J’aimerais pouvoir garder mes distances, mais je ne peux pas, surtout quand j’aime et que j’apprécie les gens. D’abord ils m’ont laissé faire, mais ensuite je dois les hacker parce qu’ils me repoussent et c’est horrible ! Je l’ai ressenti même enfant. Je me souviens, par exemple, lorsque l’enseignante a posé une question à une de mes amies en classe et qu’elle n’a pas pu répondre, j’étais bouleversée; pour l’aider, j’ai donné la réponse pour lui. Maîtresse ne l’a pas compris de cette façon. Elle m’a souvent dit d’arrêter d’être « intéressant », ce qui m’a vraiment fait mal. Récemment, ma sœur m’a dit qu’un collègue la rabaissait régulièrement. Je n’ai pas réfléchi à deux fois et j’ai pris le téléphone pour demander à cette collègue de changer d’attitude ! Je voulais aider ma sœur… qui l’a très mal pris. Elle m’a pris pour un fou et m’a dit qu’elle n’avait pas besoin de moi, qu’elle ne me demandait rien, etc. Ce n’est pas faux, mais ça m’a rendu malade. »

Je vis à travers les opinions des autres

Etienne, 29 ans, webdesigner, Marseille

« Chaque décision que je dois prendre est une véritable torture. En fait, j’essaie toujours de faire décider les autres à ma place, car il m’est très difficile d’assumer ce que je veux, c’est-à-dire qui je suis. Et ça va du choix d’un dessert au restaurant au film que je vais voir au cinéma. Je dois toujours peser tout ce que je peux penser, tout ce que je peux sentir, tout ce que je peux aimer. J’ai trop peur de me tromper et de me mettre en danger. A partir de là, je ressens le besoin de tout stocker en moi et de tout sécuriser avec l’approbation des autres. « Qu’en pensez-vous ? », « Comment l’avez-vous trouvé ? », « Que choisiriez-vous ? », « Est-ce que cette couleur vous va ? »… Les goûts et les opinions des autres sont mes balises. C’est vrai que depuis l’enfance j’ai toujours eu peur de prendre mes propres décisions, de peur de me sentir différente et de risquer de ne pas être aimée. J’ai peur de ne plus être aimée… Je ne supporte absolument pas qu’elle se comporte ainsi, mais si elle faisait autrement, ce serait encore plus déstabilisant et dérangeant pour moi. C’est aussi très inconfortable qu’on me considère comme quelqu’un d’un peu timide et tiède, mais au fond je ne suis pas comme ça. »

Notre instinct archaïque

Et si c’était encore un coup du Cro-Magnon qui sommeille en nous ? La psychothérapeute Audrey Akoun reprend l’idée d’Elaine Aron : à l’origine, tout le monde serait hypersensible. « Pour l’homme primitif, c’était un avantage de percevoir le son, la présence avec plus d’acuité que les autres, de sursauter au moindre bruit… Cette hypersensibilité émotionnelle aux stimuli extérieurs servait à prévenir du danger, il fallait la développer. Grâce à l’évolution, ces capacités ont été supprimées, mais pas chez certains qui en conservent le souvenir », dit-il.

* Président de l’Institut de Formation en Thérapie Interpersonnelle (Iftip) et auteur de Practicing TIP (Dunod).