Test du Sony A7R V : l’hybride haute définition qui frôle l’excellence

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En octobre 2022, Sony a dévoilé son appareil photo sans miroir plein format haute résolution de 5e génération. Si le Sony A7R V utilise le même capteur 61 Mpx que son prédécesseur, il apporte de nombreuses nouveautés : un nouveau système AF basé sur l’IA, une qualité d’image améliorée, en photos et vidéos, et une ergonomie améliorée. . Il s’appuie notamment sur une puce entièrement dédiée à l’intelligence artificielle, mais aussi sur un nouvel écran, à la fois inclinable et orientable. La recette imaginée par Sony est-elle à la hauteur de nos attentes ? Quel niveau de performance peut-on tirer de ce boîtier résolument premium ? Nous avons utilisé cet hybride plein format ultra défini pendant plusieurs semaines : voici notre test complet du Sony A7R V.

Sony A7R V : le premier boîtier « nouvelle génération » de la marque japonaise

L’arrivée du nouveau boîtier haute définition de Sony était très attendue. Si l’A7 IV est arrivé en octobre 2021, fermant le bal des boîtiers de 4e génération, le Sony A7R IV aurait été présenté en. Lire aussi : Prêts immobiliers : les taux remontent, mais jusqu’où atteindront-ils en 2023 ? Prêts immobiliers : les taux remontent, mais jusqu’où atteindront-ils en 2023… juillet 2019. Le renouvellement, quoique retardé par le Covid, se faisait donc attendre depuis longtemps.

Dévoilé en grande pompe en octobre 2022, le Sony A7R V permet de discerner les grandes orientations stratégiques des boitiers de 5e génération de Sony. D’une part, l’intervention massive de l’IA et du Deep Learning, notamment au niveau de l’autofocus. En revanche, une qualité d’image encore meilleure, aussi bien en photo qu’en vidéo. Enfin, un design de boîtier et une interface qui s’adaptent au mieux à l’utilisateur (et non l’inverse). Autant d’éléments que nous ne manquerons pas d’étudier lors de ce test.

Ainsi, le Sony A7R V est (très) loin d’être une simple mise à jour du A7R IV. Certes, les deux boîtiers reposent sur le même capteur… mais les similitudes s’arrêtent là. Ergonomie revue, puce dédiée à l’IA, modes AF plus intelligents, vidéo 8K 24p… Sony ne ménage pas ses efforts pour rester le leader du marché des hybrides haute résolution. Et ce malgré la concurrence plus affûtée de Canon, qui dévoilera prochainement son EOS R5 Mark II.

Destiné sans équivoque aux images professionnelles, le Sony A7R V dispose d’une fiche technique particulièrement ambitieuse… et s’affiche à un tarif plutôt élitiste, étant proposé à 4 499 € à sa sortie, soit environ 500 € plus cher que son prédécesseur. Notre niveau de demande a été relevé.

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Ergonomie et prise en main

Extérieurement, le Sony A7R V est à égalité avec les nouveaux A7S III et A7 IV. Et c’est sans aucun doute une bonne nouvelle. La housse se distingue par ses lignes plus arrondies, et offre une prise en main plus confortable. Certes, Canon conserve l’avantage de ce point de vue… mais Sony a fait d’énormes progrès.

La poignée est plus profonde et plus en retrait qu’auparavant. Un creux assez prononcé permet de caler le majeur, ce qui apporte une meilleure ergonomie. A l’arrière, un petit repose-pouce stabilise le boîtier.

Le boîtier est construit en alliage de magnésium et possède des joints (bien que Sony veille à ne pas dire qu’il est tropical). Il bénéficie également d’une nouvelle structure de dissipation thermique passive (free fan). Il faudrait ainsi éviter les soucis de surchauffe en vidéo – un point crucial pour une box capable de filmer en 8K.

Sans surprise, le Sony A7R V est assez épais. Mesure 13,1 cm de large, 9,7 cm de haut et 8,2 cm de profondeur (y compris la poignée). En omettant la poignée, le corps de l’appareil fait toujours 4,4 cm d’épaisseur.

Sur la balance, le poids de l’A7R V atteint 723 g. Associé à un objectif comme le Sony FE 24-70mm f/2.8 GM II, le duo frôle les 1,5 kg. A titre de comparaison, l’A7R IV mesure 12,9 x 9,6 x 7,8 cm et pèse 665 g (avec batterie et carte mémoire).

Écran orientable et inclinable : révisez votre kamasutra !

La plus grosse nouveauté vient certainement de l’écran. Au lieu de choisir entre faire pivoter ou incliner l’écran, le Sony A7R V choisit… les deux ! Pour ce faire, il est équipé d’un mécanisme unique et très attractif.

D’un côté, ce double mécanisme est monté sur deux charnières, de sorte que l’écran peut être incliné vers le haut ou vers le bas. Mais il dispose également d’une rotule, qui permet de déployer l’écran sur le côté gauche de l’appareil et de l’orienter dans toutes les directions. Il peut également être replié à l’intérieur de la mallette pour le protéger pendant le transport.

Certes, ce mécanisme ajoute une certaine épaisseur au boîtier. Mais il peut répondre aux besoins des photographes comme des vidéastes. Via la double charnière, l’écran est positionné dans l’axe de l’objectif, ce qui facilite la capture de scènes de rue – ou d’architecture, notamment. Les vidéastes, quant à eux, apprécieront d’avoir un écran externe où l’écran n’interfère pas avec les connecteurs sur la gauche. Il est clair que ce système est un grand exploit d’ingénierie – et une véritable percée.

Viseur OLED plus défini, hérité du Sony A1

Le Sony A7R V se distingue également par son nouveau viseur électronique très confortable. La dalle OLED est en fait basée sur 9,44 millions de points – contre 5,76 Mpts sur l’A7R IV. Une très haute définition, similaire aux Sony A1 et A7S III. Comme sur ce dernier, le dégagement oculaire est de 25 mm. De même, le grossissement est de 0,90x. Notez également le taux de rafraîchissement maximal à 120 Hz. Sur le terrain, le confort de visée est indéniable.

Cependant, le rendu de l’image dans le viseur est assez « métallique », et manque de souplesse. Bizarrement, certaines caméras de la concurrence font mieux, tout en étant moins définies…

Disposition des commandes et connectique

De ce point de vue, le Sony A7R V reprend les codes introduits par les A7S III, A1 ou A7 IV. Le placement des boutons et des commandes est pratiquement identique. Ainsi, la roue codeuse située à l’extrémité du bord supérieur peut maintenant être configurée, car elle n’est plus réservée à la correction d’exposition. De même, le bouton d’enregistrement vidéo est situé près du déclencheur, et non plus à côté du viseur.

A ce titre, notez que le Sony A7R V hérite de la commande située sous la molette PASM, qui permet de basculer rapidement entre les modes photo, vidéo et S&Q, avec des réglages 100% séparés. Pour cela, il faut appuyer légèrement avec l’index – ce qui permet d’éviter de basculer d’un mode à l’autre par inadvertance. De même, la molette PASM possède un déclencheur, sur lequel il faut appuyer pour changer de mode d’enregistrement. Autant d’éléments que l’on apprécie, qui facilitent le travail sur le terrain.

Le joystick a également été revu. Comme sur l’A7 IV, il est plus réactif et plus confortable. Le bouton AF-ON est également plus proéminent, tombant plus naturellement sous le pouce. Enfin, on apprécie toujours la présence des quatre touches C1 à C4, entièrement paramétrables.

Sur la tranche gauche on remarque la présence d’un « vrai » port HDMI Type A permettant de brancher un enregistreur d’écran externe. L’A7R V dispose également d’un port terminal Sync, d’une prise microphone et d’une prise casque (jack 3,5 mm), d’une prise multi-terminal. Enfin, il dispose d’un port USB 3.2 Type C, pour une connexion encore plus rapide à un ordinateur.

Chacun des couvercles peut être ouvert individuellement et reste ouvert sans avoir à tenir le doigt dessus.

Sur le bord droit, nous trouvons le mécanisme de déverrouillage de l’emplacement pour carte mémoire introduit avec l’A7 V. Il suffit de pousser une petite glissière vers le bas et de tirer le couvercle vers vous pour l’ouvrir. Bon point : le double slot peut arbitrairement accueillir des cartes CFexpress Type A ou des cartes SDXC/SDHC UHS-I ou UHS-II.

Notons enfin que le Sony A7R V profite de la nouvelle structure des menus (comme les Sony A7S III et A1, encore). Beaucoup plus lisible qu’auparavant, il sépare les paramètres d’image et de vidéo. Les principales fonctions sont rangées en grandes familles dont l’organisation est beaucoup plus logique. La navigation devient ainsi beaucoup plus agréable, malgré quelques abréviations parfois compliquées à déchiffrer en français. C’était l’heure!

Au final, Sony livre un boîtier bien conçu, bien fini avec une très bonne prise en main. Le Sony A7R V n’appartient peut-être pas vraiment à la catégorie poids plume, mais il est confortable à utiliser, même pendant plusieurs heures de prise de vue.

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Performances et qualité d’image du Sony A7R V

Fidèle à ses bonnes habitudes, Sony livre un boîtier capable de produire de très belles images ultra-définies. La récupération des détails est particulièrement soignée, et l’autofocus prédictif est très précis et rapide.

Lors de notre test, nous avons utilisé le Sony A7R V avec plusieurs objectifs à monture E, comme le zoom standard Sony FE 24-70mm f/2.8 GM II, mais aussi les objectifs Sony FE 100mm f/2 prime. .8 STF GM OSS, Samyang AF 85mm f/1.4 II et super téléobjectif Sony FE 400mm f/2.8 GM OSS.

N’hésitez pas à cliquer sur les images de ce test pour les visionner en meilleure qualité.

Côté capteur : on prend le même et on recommence

Contrairement à nos hypothèses initiales, le Sony A7R V utilise le même capteur et processeur BSI CMOS Exmor R 61MP (60,2MP) que son prédécesseur. Au lieu d’augmenter le nombre de pixels – qui sont déjà conséquents – Sony a choisi d’ajuster la qualité d’image et d’apporter d’autres améliorations au boîtier. Un choix qui montre une certaine maturité de la part du constructeur japonais.

Plus précisément, les images mesurent 9504 × 6336 pixels. Comptez 38,5 Mo pour un fichier JPEG (!) et 129,5 Mo pour un fichier RAW non compressé. Bon point, notez que Sony propose un mode de compression sans perte pour les fichiers RAW, déjà vu sur le Sony A1. La taille du fichier est réduite de 50 à 80 %, sans perte de qualité d’image. En plus du JPEG, le boîtier propose également la capture HEIF (4:2:0 ou 4:2:2 10 bits).

De plus, le Sony A7R V permet également de réduire la définition des fichiers à 26 Mpx (M), ou 15 Mpx (S). Heureusement, ce n’est pas une simple « récolte ». Le boîtier utilise tous les pixels du capteur pour obtenir une meilleure qualité d’image (suréchantillonnage). Enfin, un mode Super 35 mm (recadrage APS-C) est disponible, utilisant un facteur de 1,5x. Ce dernier s’adresse particulièrement aux photographes et vidéastes animaliers qui ont besoin d’augmenter temporairement la portée de leur objectif.

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Côté technique, on notera que ce capteur CMOS plein format appartient à la série Exmor R. Ce capteur est évidemment de type rétro-éclairé (BSI), mais non empilé. Qui peut contenir quelques surprises avec l’obturateur électronique.

Ainsi, le phénomène de volet roulant est très prononcé. Les lignes verticales sont inclinées, même avec des sujets se déplaçant relativement lentement. Pour photographier des sujets en mouvement rapide, il faut évidemment privilégier l’obturateur mécanique.

De même, le phénomène de banding sous lumière artificielle peut être assez présent. Sous les néons, de larges bandes noires traversent nos images. Heureusement, le phénomène est moins marqué qu’avec le Sony A7 IV.

Qualité d’image : si haut dans la stratosphère

La qualité d’image était déjà très élevée sur le précédent boîtier Sony, et la marque japonaise ne nous déçoit pas. La récupération des détails est particulièrement élevée, et la plage dynamique très large.

Comme l’A7 IV, Sony semble avoir un peu peaufiné la reproduction des couleurs. Là où l’A7R IV offrait une reproduction des couleurs froides, l’A7R V propose des couleurs plus riches et plus éclatantes. Le rendu des tons chair nous semble particulièrement fidèle, ce que les portraitistes devraient immédiatement apprécier. L’appareil photo offre également une gestion plus intelligente du flash, avec une meilleure balance des blancs. Seul regret : impossible de déclencher le flash avec l’obturateur électronique.

D’une manière générale, les images fournies par le boîtier sont extrêmement propres. Même avec un recadrage extrêmement large, le niveau de détail reste très élevé. De la même manière, les images prises en réduisant la définition (mode 26 ou 15 Mpx) sont très détaillées, ce qui permet d’obtenir des images moins lourdes – et plus faciles à utiliser.

La plage de sensibilité native est ISO 100-32000 en standard, qui est extensible de ISO 50-102400. Sur le terrain, le bruit est perceptible à 6400 ISO, mais nos images restent pleinement exploitables. La sensation « granuleuse » devient plus importante à ISO 12800, avec une légère perte de détails. Le bruit devient sensiblement plus présent entre 32 000 et 64 000 ISO – même si les images restent acceptables.

Sans surprise, à 102 400 ISO le bruit est particulièrement présent… mais on aurait pu (presque) s’attendre à pire. De ce point de vue, les prouesses de Sony sont impressionnantes. Cela dit, certains regretteront peut-être l’absence d’un mode qui descend même en dessous de 50 ISO. Les Nikon D850, Z7 II ou Z9 peuvent descendre jusqu’à 32 ISO.

On est également séduit par la gestion des hautes et basses lumières – un point que Sony annonce avoir mis l’accent pour ce boîtier. Plus précisément, la quantité de détails récupérables dans les ombres est impressionnante – et encore plus compte tenu de la définition du capteur. Dans les hautes lumières en revanche, le capteur ne fait pas de miracles. Sur la photo ci-dessous, par exemple, les poteaux éclairés par les lampes sont brûlés. Cela dit, le contrôle des (très) hautes et basses lumières par l’A7R V est tout de même particulièrement réussi.

Bien que l’appareil ne soit pas exactement destiné à cet usage, nous avons pris beaucoup de photos de nuit à main levée. En restant sous les 12 800 ISO, on pourrait facilement atteindre une très bonne qualité d’image, avec un niveau de détails particulièrement élevé.

Mode Pixel Shift : 240 Mpx sous la main

Comme son prédécesseur, le Sony A7R V dispose d’un mode « Pixel Shift ». En prenant 4 images, on obtient des fichiers avec la même définition, mais avec plus de détails dans l’image ; via 16 images, l’appareil délivre des fichiers de 240 Mpx. Contrairement à certains concurrents, l’appareil nécessite l’utilisation d’un trépied et n’a pas d’option pour une utilisation mains libres.

Pour réaliser le montage, il faudra passer par le logiciel maison Imaging Edge Desktop (Windows ou macOS). Ce dernier génère un fichier JPEG ultra-défini (19008 x 12672 pixels) d’environ 400 Mo ou un fichier TIFF encore plus lourd (8 ou 16 bits) (jusqu’à 2 Go en 16 bits). A noter que l’opération (assemblage et export) est assez longue (plusieurs minutes pour une seule séquence de 16 images). Pensez également à vérifier la quantité de RAM de votre ordinateur, le logiciel peut utiliser jusqu’à 20 Go de RAM !

A noter qu’une nouvelle option permet au logiciel de prendre en compte le mouvement de certains éléments lors de la capture de la série d’images. Le résultat est particulièrement qualitatif (à condition bien sûr d’utiliser des optiques avec une résolution suffisante), permettant de capter les moindres détails de la scène.

Mode Focus Stacking

Sony en profite pour ajouter un mode Focus Stacking, qui s’adresse spécifiquement aux photographes packshot. Le fonctionnement de ce dernier est classique mais efficace. L’assemblage peut se faire via Photoshop (ou n’importe quel logiciel concurrent) et donne de très bons résultats.

Cependant, l’appareil propose quelques options originales. Ainsi, il est possible de déplacer le focus uniquement vers l’avant (logiquement), ou vers l’arrière puis vers l’avant. Un bon moyen de s’assurer que tous les éléments de la scène seront parfaitement nets dans l’image finale.

Enfin, notre seul regret vient de l’obligation de fusionner les images a posteriori, depuis un ordinateur.

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Autofocus du Sony A7R V

Depuis son annonce, le Sony A7R V est très attendu pour son autofocus hybride « révolutionnaire ». Côté technique, le boîtier s’appuie sur 693 points AF à détection de phase (contre 567 sur son prédécesseur), couvrant 86% de l’image en hauteur et 93% en largeur.

Mais surtout, l’A7R V est le premier boîtier Sony à s’appuyer sur un système de mise au point assisté par Deep Learning. Grâce au double processeur Bionz XR, l’appareil doit être capable de détecter le sujet et de le suivre plus efficacement, aussi bien en photos qu’en vidéos.

Ce nouveau mode de fonctionnement devrait permettre à la box de reconnaître le nez, les yeux, les oreilles, le cou, les épaules, les coudes, les poignets, les hanches, les genoux et les chevilles des personnes. L’avantage : que l’appareil puisse identifier avec précision chaque zone du corps humain, il est mieux à même de détecter le visage et l’œil du sujet, même lorsque ce dernier est (presque) de dos, porte des lunettes, un chapeau ou un masque, ou est temporairement caché par un obstacle.

Sur le terrain, l’autofocus du Sony A7R V est fantastique – et encore plus compte tenu de la très haute définition du capteur. Avec un objectif récent (comme les excellents FE 24-70mm f/2.8 GM II et FE 70-200mm f/2.8 GM OSS II), la mise au point est instantanée – à quelques exceptions près particulièrement notables.

En photographie de portrait, l’œil du sujet est détecté immédiatement, sans hésitation. Même lorsque la personne porte des lunettes, l’appareil se concentre sur l’œil, pas sur les lunettes. Lorsque ce dernier effectue un tour sur lui-même, le suivi de l’œil se poursuit. Cela signifie que l’appareil photo n’a pas à « capter » l’œil du sujet, ce qui réduit le temps d’attente – et donc moins d’images floues. Il est clair que l’A7R V satisfera les portraitistes jusque dans leurs moindres désirs.

En plus des humains, le boitier propose plusieurs modes de détection et de suivi spécifiques aux chats, oiseaux et insectes. Lors de notre passage au festival de Montier en Der, nous avons réussi à capter sans problème le coucher de soleil des grues sur le lac.

Associé au super téléobjectif Sony FE 400mm f/2.8 GM OSS, le duo est extrêmement efficace. Le décrochage des oiseaux est immédiat, et seule la plus petite distance de mise au point nous a parfois gênés (c’est-à-dire). Et surtout, l’AF continue de montrer son efficacité même en basse lumière.

Plus surprenant encore, l’appareil était capable de suivre leur progression à travers un rideau de feuilles assez épais. Résultat, des images surprenantes… et parfaitement nettes.

Sony a également ajouté des modes AF liés aux avions, aux voitures et aux trains. Comme avec d’autres appareils photo tels que le Fujifilm X-H2S, l’accent est mis sur la vitre avant de la machine. Sur le terrain, le suivi en temps réel est particulièrement efficace, même dans les cas où le sujet se déplace très rapidement. En revanche, on oubliera bientôt l’obturateur électronique à cause du volet roulant omniprésent.

De manière générale, nous avons été conquis par les performances de l’autofocus en (très) basse lumière. Lors de ce test, nous avons pris pas mal de clichés alors que la nuit commençait à s’installer, et nous n’avons eu aucun mal à faire la mise au point. Le progrès par rapport à la précédente génération de boitiers Sony est ici impressionnant.

Enfin, nous saluons le nombre d’options ajoutées par Sony pour ajuster la granularité de la détection du sujet et des yeux. Il sera possible d’affiner le fonctionnement du boitier à l’extrême pour chaque type de sujet. De même, le passage d’un type de sujet à un autre peut être attribué à l’une des touches C1 à C4. Cela facilite grandement le travail sur le terrain.

L’autofocus du Sony A7R V est donc une vraie réussite. Et on a hâte que le successeur du Sony A1 bénéficie du même système de reconnaissance prédictive…

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Performances en rafale du Sony A7R V

Le Sony A7R V profite d’un obturateur légèrement revu. Le « clic » de la gâchette est assez doux, générant moins de vibrations que les générations précédentes. Cependant, il s’avère un peu moins discret que le Sony A1, qui reste un modèle du genre.

Après un détour par les options, le rideau de l’obturateur se déploie lorsque l’appareil photo est éteint. Pratique pour éviter que la poussière ne se dépose sur le capteur. Dommage que cette option ne soit pas activée par défaut… Enfin, la caméra peut déclencher à des vitesses comprises entre 30 secondes et 1/8000s (mais pas plus malheureusement). Bon point : le mode Bulb permet (enfin !) d’atteindre des temps de pose allant jusqu’à 15 minutes. Une délicate attention aux astrophotographes, notamment.

En rafale, le Sony A7R V culmine à 10 images par seconde – comme son prédécesseur – avec l’obturateur mécanique. Un chiffre certes élevé (surtout comparé à d’anciens reflex comme le Canon 5Ds R qui vont jusqu’à 5 ips), mais pour un usage purement sportif on se tournerait davantage vers un boîtier comme le Sony A1, bien mieux équipé pour cet exercice.

D’autant que l’obturateur électronique limite la rafale à 7,5 ips. En revanche, l’effet volet roulant est très prononcé. L’erreur d’un capteur est certes rétroéclairée (BSI), mais non empilée (stacked), dont la vitesse de lecture est plus faible.

L’A7R V se caractérise cependant par un tampon deux fois plus important qu’auparavant. Comptez 88 images en RAW (non compressé) + JPEG. Cependant, le boîtier s’appuie sur plusieurs formats de compression sans perte pour les fichiers RAW – déjà vus sur le Sony A1. La clé est une réduction de poids d’au moins 50%, sans réduction de la qualité d’image.

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Point notable : le buffer est beaucoup moins confortable en enregistrement « mixte » RAW (compressé ou non) + JPEG. En ne capturant que des fichiers RAW ou JPEG, le compteur devient fou et la boîte peut gérer une rafale pratiquement illimitée. Comptez cependant environ 200 images en RAW non compressé. Quoi qu’il en soit, les performances explosives du Sony A7R V sont particulièrement satisfaisantes. A aucun moment nous ne nous sommes sentis « bridés » dans notre élan par la mémoire tampon de l’appareil. On aimerait dire la même chose de tous les appareils sortis en 2022…

Une stabilisation capteur sur 5 axes en net progrès

Comme tous ses prédécesseurs depuis l’A7R II, le Sony A7R V profite de la stabilisation du capteur sur 5 axes (IBIS). Cette dernière peut bien entendu être associée à la stabilisation optique des objectifs compatibles. Avec des optiques non stabilisées nous avons pu descendre à 1,3s à 24mm, soit un gain d’environ 5 diaphs.

Avec le super téléobjectif Sony FE 400mm f/2.8 GM OSS, nous avons pu obtenir des images nettes au 1/30s, soit un gain de 3,5 diaphs. Au final, avec le FE 70-200mm f/2.8 GM OSS II stabilisé, on est parvenu à passer sous la seconde, avec un gain de 6 diaphs. Force est de constater que la stabilisation permise par le Sony A7R V est particulièrement efficace. Certes, nous n’avons pas pu égaler les 8 arrêts prévus par la marque, mais la stabilisation est une réussite.

Ci-dessous une galerie de photos prises avec le Sony A7R V :

Le Sony A7R V, machine de guerre des vidéastes (mais gare au rolling shutter)

L’autre avantage majeur du Sony A7R V réside dans le mode vidéo, qui a été sensiblement revu et augmenté. Le boîtier hérite de nombreuses fonctionnalités des Sony A1, A7 IV et A7S III : une très bonne nouvelle pour les vidéastes confirmés et les professionnels.

Le Sony A7R V devient ainsi le deuxième boîtier de la marque à pouvoir délivrer des images en 8K, à côté du Sony A1. En pratique, l’A7R V filme en 8K à 24 ou 25 i/s – avec un léger recadrage de 1,2x toutefois. Le Sony A1, quant à lui, monte jusqu’à 30 ips sans recadrage. Les images générées mesurent 7680 x 4320 pixels, et sont livrées en 4:2:0 à 10 bits (avec un débit de 400 Mo/s). Pour les vidéastes les plus exigeants, l’appareil propose également une sortie vidéo en ProRes RAW au format 16 bits via le port HDMI et un enregistreur compatible. Ne jetez plus !

Sony A7R V – 8K 25p – Deux Américains à Paris

La boîte vous permet également d’enregistrer des vidéos en 4K à 50 ou 60 ips – encore une fois avec un recadrage 1,2x. Mais ce recadrage semble très maigre, un prix à payer pour filmer à 60 i/s, là où certains boitiers (plus récents) nécessitent l’utilisation du format Super 35 mm. En 4K, le boîtier permet également l’enregistrement 4:2:2 10 bits – et en interne, s’il vous plaît. Un mode ralenti interne à 120 ips (en Full HD, pas en 4K) est également de la partie.

Sony A7R V – Vidéo 4K 50p – Lumières de Noël dans un grand magasin

Sur le terrain, la qualité vidéo est particulièrement agréable. On apprécie la présence d’un nouveau mode S-Cinetone, qui offre un meilleur rendu des couleurs, et surtout des tons chair. De plus, la stabilisation électronique (Active Mode) est toujours aussi efficace (sous réserve de quelques recadrages de l’image), mais semble moins « lutter » contre les mouvements du vidéaste. Mais surtout, les nouveaux modes de détection et de suivi du sujet fonctionnent à nouveau à merveille, ce qui facilite l’obtention d’images au rendu professionnel. Seul vrai défaut : avec des sujets en mouvement rapide, le rolling shutter est inévitable, en 4K comme en 8K.

Sony indique avoir sensiblement retravaillé la dissipation thermique en vidéo sur le boîtier, permettant de filmer 30 minutes en 8K 25p. Cependant, les températures hivernales ne nous ont pas permis de confirmer les déclarations de Sony sur ce point.

Il existe également deux options introduites avec l’appareil photo Sony FX30 et avec le Sony A7 IV. Très bien pensés, ils simplifient le tournage avec un seul opérateur. On retrouve ainsi l’option « Focus map », toujours aussi applicable avec des objectifs à grandes ouvertures. Les images en arrière-plan sont indiquées en bleu sur l’écran, et celles en avant-plan en orange. Cela facilite la mise au point manuelle.

De même, mentionnons le mode de compensation de respiration de mise au point. En utilisant l’un des objectifs compatibles, l’appareil photo peut éliminer toute variation du cadre lorsque vous modifiez la mise au point. Cependant, veuillez noter qu’un nombre limité d’objectifs – tous fournis par Sony – sont compatibles avec cette fonctionnalité.

Enfin, le Sony A7R V peut être utilisé comme une webcam (très) évoluée, avec un nouveau mode pour diffuser les vidéos en direct. Comme sur le A7 IV (et d’autres modèles concurrents), il suffit de connecter l’appareil en USB à un ordinateur, et de sélectionner « Live Streaming » dans les menus de la boîte. La box peut diffuser un flux en 4K (mais seulement à 15 fps !) ou en Full HD à 60 fps.

Autonomie du Sony A7R V

Bonne nouvelle pour les possesseurs d’un hybride Sony : l’A7R V utilise la batterie N-FZ100 des plus anciennes, d’une capacité de 2280 mAh. Lorsque le cas a été annoncé, ce qui était inconnu était l’impact du double processeur et de la nouvelle mise au point automatique prédictive sur la durée de vie de la batterie. Sans oublier les nouveaux modes vidéo bien plus complets.

Dans ses chiffres CIPA, Sony indiquait un total de 530 vues (via l’écran LCD) ou 440 vues (via le viseur électronique). Soit quelques centaines de vues en moins par rapport à l’A7R IV. Mais sur le terrain, l’affaire est beaucoup plus durable. Lors de nos différents tournages, nous avons réussi à capter au moins 800 clichés. D’autre part, la vidéo peut être très énergivore. Dix minutes d’enregistrement en 8K font fondre la batterie comme neige au soleil.

Enfin, comme ses prédécesseurs, le boîtier peut être rechargé par USB – ce qui est toujours aussi pratique sur le terrain. Notez également qu’avec un câble USB PD, il est possible de recharger la batterie tout en utilisant l’appareil, pratique pour l’enregistrement vidéo, le streaming en direct ou l’enregistrement en accéléré.

Profitons-en pour envoyer un message aux ingénieurs de Sony : merci de rendre l’indicateur de charge plus lisible ! Le petit point orange à côté du port USB-C est masqué à la fois par le câble de charge et le cache…

Connectivité sans-fil du Sony A7R V

Le Sony A7R V propose une connexion sans fil très complète et efficace. En Wifi, il est compatible avec les bandes 2,4 et 5 GHz (norme UEEE 802.11ac 2×2 Mimi), pour des transferts sans fil très rapides vers plusieurs appareils simultanément (plusieurs entrées, plusieurs sorties). Il prend également en charge Bluetooth 5.0 pour une connexion rapide à un smartphone. A ce titre, Sony vante également le transfert vers un serveur FTP encore plus rapide grâce à la 5G, via un smartphone compatible.

Grâce à l’application Imaging Edge Mobile (iOS ou Android), vous pouvez facilement contrôler l’appareil à distance, transférer vos images sur votre smartphone (JPEG, HIEF ou RAW) ou ajouter des coordonnées GPS. L’application semble facile à utiliser. Et surtout, la procédure d’appairage entre la box et le smartphone est beaucoup plus simple qu’auparavant. De même, la connexion entre les deux appareils est à la fois plus fiable et plus rapide.

Enfin, un petit aparté sur la connexion filaire à un serveur FTP. Contrairement à son grand frère Sony A1, le boîtier fait l’impasse sur le port Gigabit Ethernet, qui est capable de gérer la norme 1000BASE-T. Ce dernier est appelé grip – proposé en option.

À qui se destine le Sony AR7 V ?

Comme son prédécesseur, le Sony A7R V et ses 61 Mpx s’adressent avant tout aux professionnels (ou amateurs très éclairés et fortunés…) qui ont besoin de prendre des photos ultra-définies. Les photographes d’architecture ou de paysage (ou les archivistes) trouveront donc ici un excellent outil.

Cependant, il est remarquablement polyvalent, offrant une multitude de modes de prise de vue très utiles sur le terrain. Il offre une excellente qualité d’image et son autofocus alimenté par Deep Learning est étonnamment efficace. Certains photographes pourront regretter que la vitesse d’obturation ne dépasse pas 1/8000s.

D’un certain point de vue, l’A7R V valide l’adage « qui peut faire plus peut faire moins ». En réduisant la définition à 26 Mpx (ou 15 Mpx) et/ou en profitant du mode Super 35 mm, on a un boîtier « passe-partout », très confortable à utiliser au quotidien. Seul l’usage « sportif » lui est fermé du fait d’une rafale (avec black-out) de seulement 10 fps. Le boîtier est conçu avant tout pour des images ultra-définies, et ce n’est pas surprenant. Le Sony A1 reste ainsi le seul boitier qui allie haute définition du capteur (50 Mpx) et réactivité… pour un prix sensiblement plus élevé.

Le Sony A7R V ajoute également une corde à son arc en se dotant d’un mode vidéo nourri aux hormones. L’effort de Sony est très intéressant : proposer un deuxième boîtier filmant en 8K. Il fournira une base extrêmement solide pour les vidéastes expérimentés. Mais là encore, le Sony A1, véritable fleuron de la marque, conserve l’avantage dans certains domaines. Pour conserver un prix bien plus abordable que le A1, le Sony A7R V doit composer avec un rolling shutter bien plus présent… et avec une fréquence d’images de 8K à 25 fps avec un léger recadrage, là où le A1 monte à 30 fps sans culture.

Au final, le Sony A7R V est un excellent boîtier, bien plus polyvalent qu’il n’y paraît, tant en photo qu’en vidéo. En étant conscient de ses (rares) limites, il pourra vous suivre fidèlement sur tous vos enregistrements.

Conclusion

Difficile de ne pas succomber aux charmes du Sony A7R V ! Le constructeur japonais livre un exemplaire d’une remarquable maturité. Au lieu de s’aventurer vers des définitions encore plus élevées, l’A7R V utilise le même capteur de 61 Mpx – mais exploite littéralement tout son potentiel. Mention spéciale au nouveau système d’autofocus prédictif propulsé par Deep Learning, ainsi qu’à son mode vidéo ultra-complet, aussi bien en 8K qu’en 4K. Le nouvel écran inclinable et orientable est à la fois original et très pratique.

Certes, on pourrait adresser quelques reproches en marge de ce boitier, comme un rolling shutter assez prononcé (en photo comme en vidéo), une rafale assez basse (10 ips) ou encore un obturateur électronique limité au 1/8000s. Pourtant, ce premier boitier d’hybrides plein format Sony de 5e génération se révèle particulièrement réussi. Et on a hâte de voir arriver les innovations de Sony (côté AF par exemple), sur les autres boitiers de la marque.

Le Sony A7R V est proposé au prix de 4499€ chez Digit-Photo, IPLN, Camara, Miss Numérique, Photo-Univers, Fnac ainsi que dans les boutiques photo spécialisées.

Test du Sony A7R V : l’hybride haute définition à la limite de l’excellence

De nombreuses options d’enregistrement, en photo et en vidéo

Affichage multi-voies très pratique

Stabilisation 5 axes très efficace

Double emplacement CFExpress Type A (compatible SD)

Volet roulant et cerclage avec l’obturateur électronique