Test vidéo – BMW i7 xDrive60 : maestro munichois !

Written By Sara Rosso

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Le nouveau vaisseau amiral du constructeur munichois se décline désormais en version entièrement électrique de 544 ch, avec quatre roues. Un manoir sans émissions, un manoir qui vous fait complètement oublier la circulation.

La nouvelle limousine de luxe de BMW est disponible en versions diesel (740d), hybride rechargeable (750e et M760e) ou 100 % électrique (i7). Ce dernier utilise deux moteurs intégrés dans ses essieux pour délivrer 544 ch à 745 Nm. Ces blocs synchrones à aimants permanents sont alimentés par une batterie lithium-ion massive (type Nickel Manganèse Cobalt) d’une puissance brute de 105,7 kWh, soit 101,7 utiles. kWh En plus du visage redoutable avec des narines géantes entourées de LED, la BMW i7 mesure 5,39 m, 13 cm de plus que la génération précédente dans sa version à empattement long. La largeur de 1,95 m (hors rétroviseurs) reste cependant raisonnable par rapport à celle d’une Tesla Model S (1,99 m).

Contrairement à sa rivale américaine, la BMW i7 est une quatre portes avec un coffre. Son coffre de 500 litres est assez volumineux et assez accessible grâce à la large ouverture et au double fond. Mais la capacité d’emport est bien inférieure à l’américaine et il n’y a pas le moindre logement sous le capot avant. Aux places arrière, la BMW i7 laisse toute la place aux passagers latéraux pour croiser les jambes. De même, un siège Lounge avec appui-mollet peut être ajouté à l’arrière droit, pour voyager comme en « Business Class » (option à 2 300 euros). Si la banquette est confortable, elle reste fixe et cette i7 souffre d’un terrible nid-de-poule qui pénalise lourdement la place centrale. Avec l’option Screen Theater (4 900 €), il est possible de se plonger dans l’obscurité comme au cinéma en fermant les pare-soleil arrière et en dépliant un écran 8K. Très impressionnant sur la photo, mais pas forcément très important à l’usage, car l’extension d’écran doit avancer les sièges avant et cache alors la vue arrière du conducteur qui ne peut pas utiliser la caméra arrière au-delà de 35km/h. Devoir lever la tête pour regarder un film en conduisant peut aussi être nauséabond et franchement moins pratique qu’une bonne tablette numérique. Une autre critique est le manque de stockage. Comme sur la BMW, les panneaux de porte sont étroits, l’accoudoir est fragile et le chargeur à induction n’accepte qu’un petit téléphone.

Si cette limousine de luxe offre un rapport taille/habitabilité médiocre, elle peut sans doute servir de nouvelle référence en matière de finition et de qualité de construction. Des joints de porte épais, des toits pleins, des cuirs moelleux et des meubles rétro-éclairés créent une atmosphère élégante et cossue, plus chaleureuse qu’une Tesla et plus lumineuse qu’une Mercedes. L’assemblage précis des panneaux de carrosserie et la qualité de la peinture tranchent avec ceux d’une Tesla. La sellerie en cuir synthétique de la finition M Sport le présente très bien et assure une position de conduite idéale avec de nombreux réglages électriques. Si le pare-brise court donne l’impression d’être aux commandes d’un tank, les larges vitres latérales et le toit panoramique rétroéclairé (option à 1000 €) apportent une belle luminosité.

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Derrière le volant, la BMW i7 allie son ergonomie unique à des boutons ou à de nombreuses applications comme dans le SUV iX ou la BMW i4. Si l’écran tactile offre des graphismes soignés et une belle fluidité, il faut un long temps d’adaptation avant de maîtriser les différentes fonctionnalités proposées. Le décollage de cet Airbus à quatre roues est beaucoup plus naturel. La direction à rapport variable facilite les manœuvres et les roues arrière ont un rayon de braquage de 12,3 m (12,6 m pour la Tesla Model S). De nombreuses caméras avec une vue à 360° et des pneus relativement gros empêchent les dents de se cogner dans les espaces de stationnement étroits. Après avoir percé, le bateau dévale les boulevards dans un silence monacal, engloutissant les ralentisseurs comme des beignets, grâce à sa suspension pneumatique massive qui permet de faire passer la garde au sol de 12,6 à 15,6 cm si besoin (13,6 cm- en mode standard ). Chaque feu vert est l’occasion de mettre la circulation en « mode pause », mais l’incroyable douceur de cette limousine incite presque à la laisser rouler seule. Le régulateur de vitesse actif le plus avancé (Drive Assist Pro pour 2 250 €) gère parfaitement l’environnement et gère magistralement l’accélération et le freinage. Sans doute le système de conduite semi-autonome le plus agréable qui soit.

Le même plaisir que notre limousine reposant sur des rails sur l’autoroute. Pas de bips gênants ou de coupures intempestives comme chez Tesla ou certains nouveaux constructeurs chinois. Petit bémol toutefois, le bouton régulateur au volant, peu intuitif, ne permet pas de moduler la distance devant le véhicule. Le réglage se fait via l’écran comme pour les différents modes de régénération. Mais encore une fois, l’efficacité du mode de conduite semi-autonome invite à se laisser conduire. Pour jouer, la BMW i7 se contente d’une palette au volant avec l’inscription Boost, destinée à exploiter la puissance maximale du moteur pendant 10 secondes. Avec un 0-100km/h abattu en 4,7s, l’Allemande est plus lente qu’une Model S, mais s’accroche assez bien au cou de ses occupants et peut atteindre 240km/h sur autoroute avec une stabilité ferroviaire. Le système Hi-Fi de 29 CV et 895 W (ou 39 CV et 1 965 W pour les conducteurs à 5 900 euros) élimine le sifflement aérodynamique très léger qui ose pointer vers le niveau rétro. Il faut aussi souligner l’incroyable efficacité des phares « Crystal » (2 200 €) qui peuvent transformer la nuit en jour.

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Sur les petites routes étroites et sinueuses, notre sécurité n’est forcément pas si confortable. En l’absence de barres anti-roulis actives (option à 3 650 euros), les mouvements de caisse se font sentir, particulièrement efficacement, là où la voiture a parfois tendance à pomper. Le mode Sport renforce cependant joliment la décélération et intervient également sur la direction, l’accélérateur et le maintien des sièges avant (en finition M Sport). BMW revendique 2715kg, mais avec une bonne liste d’options (dont un toit vitré) on peut s’accrocher à quelques quintaux. La charge est d’autant plus lourde que la direction fortement assistée transmet peu de sensations. En hiver à -3°, avec les pneus P ZERO qui préfèrent la chaleur, cela pousse avec prudence. Heureusement, cette BMW le peut avec sa motricité exceptionnelle et ses aides électroniques bien calibrées. Le frein puissant délivre une mesure précise, mais on ne parierait pas sur l’endurance des étriers à quatre pistons en cas d’utilisation intensive.

Lors de l’essai des -3° entre Paris et Lille, la consommation sur autoroute était de 27 kWh/100 km en régulation active, soit environ 350 km à parcourir. Pas trop mal pour une machine de cette taille avec des températures basses. Si vous maintenez une bonne vitesse de 130 km/h, la consommation peut vite grimper à 32 kWh/100 km. En usage urbain, la régénération permet d’approcher les 22 kWh/100 et d’atteindre 450 km. Un essai en été permettrait de dépasser les 500 km, sans doute. Au niveau de la charge aux bornes DC, nous avons atteint le pic annoncé de 195 kW au démarrage de la charge (sur les Superchargeurs Ionity et Tesla) avant de caler autour de 140 kW. Il faut ensuite environ 35 minutes pour passer de 10% à 80% de batterie. Pour se connecter au courant alternatif, cette BMW i7 dispose de série d’un chargeur de 22 kW.

Hélice moins chère que l’étoile.

Les tarifs de cette BMW i7 sont ceux d’une limousine de luxe, donc excessifs. A partir de 139 900 euros et à partir de 146 850 euros en finition M Sport. Avec peu d’options, notre modèle de test frôle les 165 000 €. Cependant, la modeste créance face à sa principale rivale, la Mercedes EQS 580 4MATIC, demande 166 900 € hors options. Cependant, une Tesla Model S PLAID avec trois moteurs et 1000 chevaux est tout équipée pour 138 990 €. Certes, la qualité de fabrication des américains recule, mais l’équipement multimédia au top et l’autonomie à un niveau élevé.

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