Le Tribunal de Chalon sur Saône : Réflexions et réactions judiciaires…

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Toutes les souffrances possibles se voient au bar.

L’institution judiciaire dont l’image se dégrade vite (et souvent à tort, mais encore faut-il être vraiment intéressé pour le savoir) ne peut pas lâcher ses symboles, même s’ils sont apparemment ridicules comme les escaliers, car ils représentent des principes et son autorité. La dernière audience pénale de l’année a eu lieu le 29 décembre. Un interrogatoire sans appareil auditif (une affaire Le Creusot à lire demain), un interrogatoire aussi souvent soumis à un manque de psychiatrie experte, à un manque de moyens suffisants, dont les conséquences se font maintenant sentir, dans un palais de justice dont la véranda a toujours enduite de déjections d’oiseaux, au point d’être repoussante. Côté symbole c’est pas bon du tout, côté hygiène non plus d’ailleurs. Ça fait des mois que ça dure, la majesté des lieux en prend un sacré coup.

L’institution judiciaire dont l’image se dégrade vite (et souvent à tort, mais encore faut-il être vraiment intéressé pour le savoir) ne peut pas lâcher ses symboles, même s’ils sont apparemment ridicules comme les escaliers, car ils représentent des principes et son autorité. .

Manque de moyens : aggravation

L’année est à nouveau marquée, après l’appel des 3 000 magistrats et greffiers*, par une journée de mobilisation en novembre. Voir l’article : C’est pourquoi tu te réveilles toujours fatigué. La justice souffre. Comment tout souffre dans ce pays? N’est-il pas surprenant qu’un tel « mal-être au travail » se produise dans un pays soi-disant riche ? Les manières de voir que certaines décisions entraînent, au profit d’une soi-disant plus grande efficacité et donc « rentabilité » malgré la nature même des professions, de leurs objets, que ce soit dans les secteurs médical et des soins, à la poste et aux services qu’elle ne fournit plus, aux « plates-formes » en tout genre qui nous rendent fous, et à la justice où « bien juger, c’est prendre son temps » (sauf que c’est aussi dormir suffisamment, manger quand il le faut, ne s’asseoir qu’au milieu de la nuit comme nous l’avons souvent vécue ces dernières années – pensée désinvolte pour des avocats soumis à des rythmes qui leur sont imposés) ne mériteraient-ils pas d’être interrogés différemment ?

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Toutes les souffrances possibles à la barre du tribunal

La souffrance se voit partout, à commencer par la majorité des accusés : alcooliques, toxicomanes, déprimés, malades mentaux (toutes choses ne sont pas égales) vivant dans des conditions de vie dures et difficiles, réagissant en transition à l’acte ou simplement dérivant vers des transgressions dues à des modes de vie qu’ils doivent mettre en ordre, alors qu’en dehors du palais, dans la société, les ressources manquent aussi, du coup les lieux manquent, le temps manque, etc. Nous dépendons les uns des autres Demander autrement, c’est peut-être commencer par intégrer cela nous sommes tous interdépendants, n’en déplaise à l’air du temps qui veut nous voir atomisés. Malgré l’hyper-individualisation, nous dépendons les uns des autres. Demander autrement, c’est accepter de voir (ce que les maires de petites villes voient très bien) et de connaître les effets en chaîne que la fermeture de l’accès aux services publics ici, que la digitalisation obligatoire là, que le départ à la retraite d’un médecin ou d’un dentiste, ou la fermeture d’une école. Tout se réduit à des services et l’on ose se demander si la déshumanisation par de petits détails, mais bien réels, provoque la souffrance, la souffrance et sa dévastation ?

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Un homme ne tient pas sur ses jambes par la seule force de ses muscles

La justice traite en fin de compte un certain nombre d’affaires dont les récits racontent à maintes reprises qu’un homme ne peut pas se tenir debout à la seule force de ses muscles, racontent qu’on ne peut pas se tenir sur une paille. La puissance du réseau social dans son ensemble s’entraide pour survivre. L’affaiblissement de ce réseau, lorsqu’il n’est pas proche de sa disparition, ne peut qu’en accélérer certains et certains tombent dans des pièges qui font boule de neige ont aussi leurs coûts, même si chacun reste responsable de ce qu’il fait. A un autre niveau que celui de la justice, nous payons tous pour savoir que les services publics se raflent, que certaines professions ne recrutent plus (et pourquoi ?), et que, pour une fois, nous sommes victimes de manquements qui passent inaperçus mais effectivement .changer notre rapport à notre santé, aux relations avec les autres, etc. Se questionner autrement, poser les problèmes autrement, on aimerait bien, mais la machine croisée de son « toujours plus avec toujours moins » conserve sa tentation, jusque dans les revendications du fameux « pouvoir d’achat », qui n’a de pouvoir que de nom.

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Perron versus balcon

Assister à des audiences criminelles, c’est se tenir au balcon, avoir un aperçu très instructif des difficultés (et de leurs conséquences à tous les niveaux et pour tous) que cette société persiste malgré les constats (sous forme de camemberts et de statistiques, comme nous comme eux) terrifiants que nous faisons partout, et malgré des initiatives constructives et saines qui trouvent aussi leur chemin partout. Mais le rapport de force…

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La justice est loin d’être laxiste

Fin janvier prochain, nous travaillerons avec le bureau des peines (il y en a trois dans cette juridiction, trois JAP comme on les appelle) pour expliquer et démontrer que les peines ne se terminent pas au jour du jugement et que la justice est loin d’être laxiste. Sauf que la justice ne tient pas compte des ressources extérieures insuffisantes (ressources en hommes et en temps, car cracher de la drogue ça marche bien) et que le corps social, avant de lui jeter la pierre, pourrait voir comment ça marche ? pas attendre 2023 ? Sans aucun doute ! La vie est là, il faut la saisir.

FSA

* https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/11/23/l… « Aujourd’hui nous témoignons parce que nous ne voulons plus d’une justice qui n’écoute pas, qui ne raisonne qu’en chiffres, quelles fois tout et tout compte. Nous, les magistrats, faisons la même remarque que les justiciables. Nous comprenons qu’aujourd’hui les gens ont perdu confiance dans la justice que nous rendons parce que finalement nous sommes confrontés à un dilemme insoutenable : juger vite mais mal, ou bien juger mais dans des délais inacceptables. comme une opportunité d’aller de l’avant pour notre institution. Nous devons rester informés. Mais ce dialogue entre justice et société est rendu impossible aujourd’hui par une vision administrative de notre métier à laquelle nous sommes chaque jour un peu plus soumis. »