Une attention bienveillante, un triste constat

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Attention relationnelle privilégiée, le toucher allège l’expérience pesante des gestes nécessaires au traitement de la maladie, à l’accompagnement en fin de vie et contribue à améliorer le niveau de bien-être. La plupart des gestes posés par les infirmières et les aides-soignantes nécessitent l’usage du toucher, or au sein des groupes, leur importance est source d’opinions très partagées. De nombreux soignants accordent très peu d’attention au petit geste apaisant, au toucher discret autour… Mme F., infirmière à l’hôpital, raconte avoir entendu certains collègues dire : « Je ne suis pas là pour masser, pour durer. , ce n’est pas mon travail ! » « Ils font très bien les gestes techniques mais l’empathie et la douceur ne sont pas toujours au rendez-vous », commente-t-il.

Les soignants connaissent les bienfaits du toucher mais certains ne le considèrent pas comme un véritable geste professionnel, même s’ils ressentent une certaine gêne à toucher les patients devant leurs collègues.

La maladie est encore moins gâchée par la mise en place du « lean management » dans les hôpitaux. Cette façon d’organiser le travail, qui trouve son origine dans l’industrie automobile japonaise, est aujourd’hui courante et s’appelle lean healthcare. Inoculé par les cabinets de conseil, le lean santé a « transformé l’hôpital de stock en hôpital de flux »1. Comme le rappelle Barbara Stiegler2, entrer à l’hôpital avec des « stocks », pour exterminer, avec des « gestes de la main » et des « discussions avec des patients », par exemple.

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« Le but n’est pas de soigner le patient, mais de respecter les normes. »

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Par ailleurs, dans le rapport final de l’étude de la HES-SO sur les soins infirmiers à Fribourg, Ayse Uysal analyse l’identification des difficultés et des particularités qui existent lorsque les soignants entament une relation avec un patient d’une autre culture. « Les résultats des onze études enquêtées montrent les principales barrières à la relation entre soignants et patients en termes de différence culturelle : problèmes de communication, compréhension culturelle mutuelle, difficultés relationnelles, manque de compétence interculturelle et présence de racisme dans la mise en œuvre »3 .

Au cœur des soins

Les différences culturelles sont un facteur important, auxquelles s’ajoutent des différences dans les représentations personnelles, l’expérience personnelle et la connaissance du toucher et du toucher acquises dans la formation des fans. A voir aussi : Pourquoi démarrer une entreprise peut être la meilleure…. Si des cours sur le toucher thérapeutique sont dispensés, les soignants doivent initier des demandes de formation complémentaire pour aborder le toucher dans toutes ses dimensions (soins de confort, toucher relationnel, etc.).

Mme L., aide-soignante dans un centre hospitalier, raconte : « Dès qu’il y a des accalmies, elles sont rares, je prends le temps d’être dans les parages, de tenir la main de mes patients, surtout les personnes âgées que je sens plus faibles. après la tombée de la nuit. Très orienté tactile. certains collègues qui ne sont pas là rendent ça amusant… » Et il a précisé : « Le toucher n’est pas au cœur de nos formations et il est très difficile d’avoir des lieux pour se former aux soins du toucher. sophrologie ou de telles démarches, personnellement j’attendais depuis très longtemps… »

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Le toucher contre la douleur

Le toucher doit avoir sa place dans ses différents aspects préventifs, curatifs, éducatifs ou palliatifs et il doit être un support pour créer des liens avec d’autres professionnels (psychologue, psychomotricien…) et/ou avec la famille, comme précisé dans les fiches soignantes4. .

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L’importance du contact avec l’autre

Un jour, nous sommes tous confrontés, directement ou indirectement, à la maladie, au handicap, au vieillissement… Affronter un corps en souffrance peut être délicat, provoquer une gêne, parfois la peur d’être blessé. Dans un objectif de soins global idéal, l’équipe soignante devrait prendre le temps de définir et de discuter de ce qu’elle attend du toucher.

Le toucher peut-il prévenir, reconnaître et soulager la douleur ? Maintenir la communication quand la parole n’existe plus ? Améliorer l’estime de soi? Améliorer les compétences de ses proches et comprendre l’importance de ce geste ? N’est-il pas indispensable de définir avec le patient, quand il peut s’exprimer, ce qu’il attend du toucher ? Le confort, le plaisir d’être touché, une meilleure perception des limites de votre corps, la sensation d’être encore vivant ? Autant de questions qui ne se posent pas la plupart du temps.

Le toucher est une sensation et une perception basée sur cinq éléments : le froid, la chaleur, le contact, la douleur, la pression, chacun ayant des récepteurs cutanés différents.

Le toucher est un pilier de la communication non verbale au même titre que le regard. La posture, les gestes, les mouvements des yeux, des mains, des muscles faciaux, le ton et le rythme communiquent des émotions. La communication verbale et non verbale vous permet de rester en contact avec les autres et votre environnement. Faut-il rappeler que le toucher répond à un besoin humain fondamental tout au long de la vie ?

La peau, le plus grand de nos organes, regorge de récepteurs. De nombreuses terminaisons nerveuses traversent notre peau. Ils captent les stimuli mécaniques, thermiques et douloureux. Les corpuscules cutanés situés dans le derme, récepteurs spécialisés, réagissent différemment à telle ou telle forme de stimulation : contact, pression, froid, chaleur, frottement, vibration, etc. Les terminaisons activées, les fibres tactiles, transportent les informations reçues à travers les nerfs de la peau reliés à la moelle épinière à la hauteur de chaque vertèbre. Ayant atteint le niveau des zones dédiées au toucher dans le cortex somatosensoriel, les sensations sont analysées. Les fibres nerveuses qui transmettent les sensations de plaisir de la caresse ne suivent pas le même chemin. Ils ont la particularité de terminer leur parcours dans l’insula, dans cette partie du cortex cérébral où les émotions sont générées.

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Tester le massage des mains

Nous vous en avons informé sur le site Alternative Health*. Tenir la main d’un être cher qui souffre soulagerait la douleur. Selon une recherche conjointe des universités de Boulder (États-Unis) et de Haïfa (Israël), publiée dans la revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), tenir la main d’un être cher a pour effet de synchroniser votre respiration et votre rythme cardiaque, mais aussi vos ondes cérébrales. De plus, plus vous ressentez d’empathie avec votre proche dans la douleur, plus vos ondes cérébrales se synchronisent avec les siennes. Et plus vous synchronisez vos ondes, plus sa douleur diminue. Ce qui donne toute sa valeur à l’expression « tends la main ».

De quels contacts parle-t-on dans les soins ?

Les expériences menées par Hakan Olausson et ses collègues, spécialistes mondiaux du toucher et de la caresse en Suède, montrent que lorsqu’une personne nous touche, tout s’illumine dans nos neurones : l’insula, la région temporale supérieure, l’amygdale et le cortex préfrontal. Mais ce qui est excitant, c’est que lorsque nous nous touchons, ces zones qui sont principalement émotionnelles s’éteignent. Olausson et ses collaborateurs mettent à jour un type de terminaison nerveuse spécifiquement dédiée au contact avec l’autre.

Des toucher-massages bien trop rares

Ces fibres sensibles au toucher appelées « nerfs CT » (C-tactile) s’enroulent autour des follicules pileux et sont activées lorsque le poil dévie de sa position naturelle. Contrairement aux autres fibres tactiles, qui envoient des signaux au cerveau à environ 240 km/h, les fibres tactiles tactiles prennent tout le temps, voyageant à environ 3 km/h vers la région cérébrale des émotions positives, l’insula postérieure, et sont générées. une sensation de grand plaisir 5.

Un petit miracle

Le professeur Francis McGlone, chercheur à l’Université de Liverpool, explique l’importance du toucher pour les humains et les conséquences désastreuses de ne pas le recevoir. Au-delà du déclenchement de la production d’ocytocine, qui aide à créer un sentiment de confiance et à réduire le cortisol générateur de stress, le toucher émotionnel favoriserait la libération d’endorphines, des hormones aux effets euphorisants et antalgiques. Un toucher agréable nous encouragerait donc à développer des relations de confiance.

Idée lecture

Mais les avantages de ces fibres CT vont au-delà du plaisir. Ils joueraient un rôle dans notre conscience corporelle. Les travaux du psychologue Harry Harlow déjà dans les années 1950 ont montré que le manque de contact physique chez les singes entraînait un comportement autistique et une absence totale d’interactions sociales. Le professeur McGlone et ses collaborateurs pensent que l’activation des fibres CT commence pendant la grossesse et qu’un mauvais développement du système CT peut entraîner des troubles autistiques6 et des comportements anorexiques7. Dans les deux cas, la conscience de soi et de son corps est perturbée. De nombreuses études ont également montré que recevoir des caresses dès le plus jeune âge est essentiel dans les processus de mémorisation, de réduction du stress et d’agressivité. Le toucher émotionnel est essentiel pour les bébés et nous accompagne tout au long de notre vie.