VivaTech : Les ambitions de la Deeptech, la technologie de pointe, vs l’illusion du métaverse.

Written By Sara Rosso

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La deeptech, ou l’innovation issue du monde de la recherche, prend de plus en plus de place dans les grands salons de l’innovation comme VivaTech qui se tient à Paris jusqu’au 18 juin. L’intérêt pour cette branche de la technologie s’est accru depuis la pandémie de Covid-19. Elle apparaît de plus en plus comme le principal problème du XXIe siècle et la France espère avoir une sérieuse carte à jouer dans ce domaine.

C’est un peu l’inverse du métaverse de Mark Zuckerberg. Quand, d’un côté, le créateur de Facebook joue les cartes entièrement technologiques, avec ses avatars trop mignons pour être honnêtes, ses mondes virtuels qui seraient autant de promesses d’amusement et de découverte, de l’autre – la deeptech s’impose doucement avec ses matières premières , complexe et l’apparence insaisissable des simples mortels.

C’est un peu la même chose au salon de l’innovation VivaTech qui se tiendra à Paris jusqu’au samedi 18 juin. Tout le monde a un métaverse dans la bouche, mais dans les allées de ce rendez-vous du monde de la tech se trouvent des stands de startups aux noms complexes tels que Genoskin, Native, Preligens.

L’effet pandémie

L'effet pandémie

Ce sont tous des ambassadeurs du monde deeptech. « Cette année, on peut même filtrer le site de VivaTech pour ne montrer que ce type de start-up. Ceci pourrez vous intéresser : Technologie : L’iPod est mort, vive l’iPod. C’était impensable il y a quelques années ! », s’émerveille Alizée Blanchin, directrice de la stratégie de Hello Tomorrow, le réseau mondial de start-up de la deeptech.

L’un des principaux obstacles à la démocratisation de cette branche technologique est l’ambiguïté qui l’entoure. Deeptech signifie littéralement technologie profonde, qui englobe toutes les innovations issues de la recherche scientifique, qui se retrouvent ensuite dans des produits ou services commercialisés.

La pandémie de Covid-19 a montré qu’il ne s’agit ni d’un sujet abstrait ni d’un sujet complexe. « Si les vaccins ont pu arriver sur le marché en un an, alors qu’il fallait presque une décennie auparavant, c’est grâce à la technologie de pointe », explique Alizée Blanchin. Moderna et BioNTech pourraient donc bénéficier des recherches sur l’intelligence artificielle en médecine pour accélérer le développement des bonnes molécules pour lutter contre le SRAS-CoV-2.

Pas étonnant, dans ces conditions, que la santé soit le secteur choisi par les nouvelles start-up issues du monde de la recherche. A VivaTech, ils pullulent sur les stands du CNRS ou de l’Inria (Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique). De grandes sociétés pharmaceutiques comme Sanofi sont également venues avec un contingent de jeunes pousses.

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Mais la France n’a pas attendu la pandémie pour se tourner vers les deeptech. Le président Emmanuel Macron a annoncé en 2019 un plan massif de 2,5 milliards d’euros sur cinq ans pour lancer 500 startups deeptech françaises par an à partir de 2025.

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Pas encore de géant américain de la deeptech

Pas encore de géant américain de la deeptech

Le gouvernement estimait que la France avait une double force pour réussir dans ce domaine : les cerveaux et le tissu industriel. « La France mène une recherche de pointe et a une forte tradition industrielle, ce qui fait que malgré les déménagements, il y a encore un vrai savoir-faire », précise Alizée Blanchin.

La deeptech a vraiment besoin d’une industrie. Il ne crée pas d’applications simples pour les smartphones. Ces innovations nécessitent souvent la fabrication en usine de nouveaux produits, comme par exemple des matériaux de construction plus isolants.

Il n’y a pas encore de géant américain de la deeptech. C’est un autre avantage de la France. Sans les Gafam pour tout dominer, les startups françaises peuvent encore espérer se faire une place au soleil.

L’ambition française commence à porter ses fruits. En janvier 2022, Exotec, producteur de robots d’entrepôt, a été la première start-up deeptech à rejoindre un club très fermé de 25 licornes françaises, soit des entreprises technologiques valant plus d’un milliard d’euros aux yeux des investisseurs.

Mais ce n’est que le début. Et timidement, si l’on considère l’objectif du gouvernement de 10 licornes deeptech d’ici 2025. Sans commenter la multiplication des champions français des deeptech en trois ans, Alizée Blanchin estime qu’il ne faut pas être loin du deuxième objectif de l’Etat : plus de 500 startups issues de la recherche fondamentale annuellement.

La progression est vraiment rapide. La deeptech a vu une augmentation de 30% du nombre de start-up en 2021 par rapport à 2020. Il faut dire qu’il n’y a pas que la santé qui attire. Un autre domaine est en pleine croissance : l’agroalimentaire. « Le mouvement des protéines alternatives a donné des idées à de nombreux entrepreneurs scientifiques », confirme Alizée Blanchin. Ils travaillent sur ce qui remplacera la viande rouge dans nos assiettes, qu’il s’agisse d’algues, d’insectes ou de steaks de laboratoire.

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« Le conflit en Ukraine a aussi montré l’intérêt géopolitique de l’innovation énergétique pour mettre fin au plus vite à notre dépendance énergétique », ajoute un spécialiste de l’écosystème start-up.

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Les scientifiques ne sont pas les rois du « pitch »

Les scientifiques ne sont pas les rois du "pitch"

Mais la deeptech est encore loin de libérer chez les investisseurs les mêmes passions que la fintech (l’innovation au service de la finance), le métaverse et autres nouvelles applications pour smartphone. « C’est un domaine qui ne représente encore que 10% des investissements technologiques en France », déplore Alizée Blanchin.

Des vins avec quelques réticences de la part des investisseurs européens. « Pour eux, c’est souvent un pari d’enfer. Ces innovations nécessitent un investissement initial important pour produire des résultats qui prendront beaucoup de temps à se concrétiser. De plus, la deeptech vise souvent à créer de véritables ruptures, ce qui peut être plus risqué qu’une appli qui, par exemple, améliore un aspect du service client en ligne », conclut Alizée Blanchin.

Les scientifiques ne sont pas non plus connus pour être des « rois du goudron » (vendant rapidement leur projet au public). « Il est encore difficile de les faire intégrer une culture de marché et nous avons besoin de plus de formation pour les scientifiques pour leur apprendre à faire cela », explique un expert de Hello Tomorrow, qui a également développé une activité de conseil pour mieux connecter les scientifiques à l’entreprise. monde. .

Enfin, le métaverse n’aide pas. L’engouement pour cette nouvelle mode lancée par Mark Zuckerberg signifie qu' »il y a indéniablement une dispersion des fonds », admet Alizée Blanchin. D’autant que ces mondes virtuels ne cherchent pas à résoudre les principaux problèmes de notre société, comme le réchauffement climatique, la multiplication des épidémies, contrairement aux startups deeptech.

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